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Sans-papiers : l'occupation se poursuit
Publié le:  21 février 2009
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Plus d'une centaine de sans-papiers étaient présents dans la grande salle du centre social, jeudi dernier.

Près de 400 sans-papiers africains et maghrébins se relaient pour occuper l’espace Gérard-Philipe. Ils réclament un permis de séjour pour travailler.


Une liste de 391 noms a été remise à la préfecture des Yvelines afin que chaque dossier de demandeur de permis de séjour soit étudié. « Chaque sans-papier doit remplir un questionnaire le renseignant sur sa situation », explique Moussa Diallo, un retraité de Renault qui fait figure de coordinateur à Gérard-Philipe depuis une semaine. « Nous avons demandé que les questions ne soient pas des questions piège, autrement dit qu’elles ne posent pas des difficultés inutiles. Nous avons trouvé un accord avec les autorités », poursuit M. Diallo.

Ils vivent en France depuis 6 à 10 ans. La plupart de ces 391 émigrés en situation de clandestinité ont, ou ont eu récemment, un travail dans le secteur du nettoyage, de la restauration, et très massivement dans le secteur du bâtiment et des travaux publics. Ils sont connus dans les boîtes d’intérim, et peuvent tous justifier de bulletins de paie.
Jusqu’à présent, ils ont pu se faire embaucher avec une fausse carte de résident. Cette contrefaçon est d’ailleurs un vrai business, car la carte vaut entre 200 et 500 euros. « J’en connais un qui travaille depuis 17 ans en France avec une fausse carte, et qui a tous ses bulletins de salaire », souligne Seikou Sy, un travailleur mauritanien de 38 ans.
Solidarité des sans-papiers
Ils ont tout essayé avant d’en arriver à cette occupation. Leur parcours du combattant pour la régularisation tourne souvent au casse-tête voire à un véritable cercle vicieux. « La préfecture nous dit qu’il est indispensable de justifier d’une embauche pour avoir l’autorisation de séjour. Mais souvent l’employeur ne prend pas le risque d’embaucher un salarié sans le titre de séjour. C’est le serpent qui se mord la queue ! », s’exclame Seikou.
Les sans-papiers des Mureaux savent qu’ils ne seront pas tous régularisés. Mais des départements voisins, et même parfois de province les sans-papiers ont convergé vers Les Mureaux depuis plus d’une semaine. D

epuis plus de deux ans, les informations sont toujours les mêmes : « Les sans-papiers ont de plus en plus de mal à faire passer leurs dossiers en préfecture », déclare une syndicaliste de Flins, venue prêter main-forte au collectif de sans-papiers. « Le département des Yvelines est un des départements où les autorités se montrent peut-être plus intransigeantes », complète Moussa Diallo. « Il y a une forte solidarité entre les sans-papiers et ils savent qu’ils peuvent compter sur leurs camarades pour faire avancer leur cause », ajoute-t-il. « Nous espérons quand même que 90 % des dossiers passeront, en dessous, nous sommes déterminés à rester », précise Seikou Sy.
Mercredi en fin d’après-midi, Moussa Diallo avait remis 33 dossiers complets au sous-préfet de Mantes-la-Jolie. Ces 33 dossiers ont été examinés depuis. Au vu de la liste, « d’autres dossiers sont en cours de traitement », nous a rapporté la préfecture de Versailles, qui ajoute que tous les sans-papiers ne pourront être régularisés.




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