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EVECQUEMONT : Une tradition depuis 1789
Le pain d’l’andouille


Frédéric Antoine

Le Courrier de Mantes
Publié le  20 juillet 2000
— Danser, boire et manger de l’andouille locale... Trois valeurs qui ont la cote à Evecquemont (surtout le 14 juillet).

Qui ne connaît pas encore cette extraordinaire tradition du pain d’l’andouille ? Certainement pas les Episcomontois (NDR : habitants d’Evecquemont), qui tous les ans, au 14 juillet, se réunissent à la mairie du village pour déguster la délicieuse andouille de la charcuterie “Doussaint”. Ils étaient ainsi une bonne centaine, vendredi soir, tantôt à danser au son de l’orchestre de variétés “Joe Michel”, ou à se délecter de leur andouille entre deux tranches de pain, attablés sous le préau de l’espace municipal, réservé aux festivités locales (derrière la salle du conseil municipal).

Jeunes générations et anciens de la bourgade se sont mêlés pour célébrer cet événement local à forte résonance nationale, une tradition qui mérite aussi quelques développements présentés par Michèle Lallemand, premier adjoint d’Evecquemont : “Le 14 juillet 1789, deux Episcomontois ayant eu vent des troubles parisiens ont voulu eux aussi participer à la prise de la bastille. Ils sont donc partis des coteaux d’Evecquemont, pour rejoindre la foule parisienne en liesse… Mais Evecquemont-Paris, à pied, représente une distance non négligeable et nos deux larrons sont arrivés bien tard sur place et bien sûr la “fête” était finie…La légende raconte qu’on les retrouva ivres de vin et de fatigue gisant dans un fossé de bord de route à Vaux-sur-Seine… Le bourgmestre de l’époque (NDR : dont le nom s’est perdu dans la nuit des temps, dommage il aurait pu être statufié) apprenant la nouvelle s’est écrié devant la foule rassemblée sur la place du village : “Qu’on attelle la jument, qu’on récupère nos héros, je mets le vin en perce, qu’on sonne les cloches à la volée, j’offre le pain, le vin et l’andouille !”

Après les petits pains pleins d’andouille, distribués à la volée, la gastronomie a fait place à la musique… Joe Michel et son groupe de rock-variétés a précédé un autre orchestre de salsa (“spécial an 2000” précisait Michèle Lallemand), puis des peluches géantes à grosses têtes (avec la salsa c’était un peu le peu le carnaval de Rio des épiscomontois) ont défilé à la lumière des flambeaux, sillonnant les rues de la bourgade. La dernière partie de la soirée était réservée à Jean-Luc Pagny et sa formation de jazz. Trente musiciens au total ont défilé sous le préau de l’espace municipal. Le comité des fêtes attendait 450 personnes avec le Jazz band… La fête a donc duré bien au-delà de la nuit. A Evecquemont on est comme ça, on reste très attaché aux traditions.

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