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“Démocratie participative, oui, mais si on part avec l’idée que chaque individu va donner son avis, on n’y parviendra jamais non plus !” reconnaissent citoyens et élus. |
Démocratie participative, démocratie de proximité, une cinquantaine de curieux sont venus discuter vendredi des rapports qu’entretiennent élus et citoyens sur la grande scène intercommunale. “Un dialogue trop souvent rompu”, commente Denis Masliah, meneur du débat et coauteur du livre “Pourquoi cette démocratie représente si mal le peuple?”.
Boissy-Mauvoisin accueille rarement pareille assemblée. Didier Jouy, Dominique Braye, Bernard Schreiner, Jean-Marc Pommier et de nombreux élus sont sur la sellette. Deux représentantes de l’association des Amis du Monde Diplomatique coordonnent les échanges. Les concurrents s’échauffent. “Pourquoi parle-t-on si peut de l’intercommunalité ?”, interroge Denis Masliah. “Conseil général, communauté de communes, il y a multiplication des élus ! Êtes-vous prêts à simplifier la démocratie et à apporter plus de transparence aux citoyens ?”
Le spectre de l’amalgame
Dominique Braye passe en tête. “Il faut distinguer l’intercommunalité au service des communes dans laquelle subsiste des maires représentatifs, et la supracommunalité qui tente de réduire le nombre des municipalités”, affirme le sénateur-maire de Buchelay. La différence est subtile pour le citoyen lambda. Elle a son importance dans le monde des élus. Bernard Schreiner, ancien député socialiste, reconnaît que “les 36.000 communes françaises — autant que dans l’Europe des 12 — sont une faiblesse qui provoque le regroupement intercommunal.”
“Et que doivent faire les villageois comme ceux de Boissy qui ont choisi une vie solitaire et qui ne veulent pas faire partie d’un grand ensemble?” demande un habitant du coin. Communautés, Europe, mondialisation, pour certains, le spectre effrayant du grand Tout plane au-dessus des petits bleds et des villes, condamnés à un odieux amalgame... “On ne se marie que lorsqu’on est amoureux et qu’on a un projet de vie”, proteste un Rosnéen. “Pour l’intercommunalité, ce devrait être pareil, un libre choix !”
Même si les élus se déclarent prêts au dialogue démocratique, les chiffres de l’abstentionnisme parlent clairement du désintérêt des citoyens pour la chose publique. Une situation normale, selon un participant. “Les gens privés de parole pendant des années ont du mal à croire qu’ils ont voix au chapitre. Pour tout un chacun, un long apprentissage du débat démocratique s’impose aujourd’hui.” La pêche aux votes sera bientôt ouverte. Il faut espérer que les élus viennent à la rencontre des citoyens armés de mots simples et d’une bonne dose de patience.




