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La remise des prix lundi soir au Flèche d'Or Café. C'est Emmanuelle Cosse, l'ancienne présidente d'Act-Up Paris, qui annonça la victoire de Mantes. |
Mantes-la-Jolie , “championne de la surveillance” ! Le jury réuni par l’ONG Privacy International a finalement attribué un Big Brother Award au maire de Mantes-la-Jolie. Le palmarès a été proclamé lundi soir au Flèche d’Or Café (20e arr.), en clôture d’une rencontre européenne des “contre-cultures digitales” (www.no-zelig.org).
C’est la mise en service en février dernier d’un réseau de caméras de surveillance sur la Dalle, dans le quartier du Val-Fourré, qui vaut à Mantes le redoutable honneur de succéder à Vaulx-en-Velin, lauréate l’année dernière.
Mantes-la-Jolie concourait dans la catégorie “localités” (1) avec la ville de Lyon, la commune de Conségudes (Alpes-Maritimes), la RATP, le conseil général des Hauts-de-Seine et la ville de Paris. Les concurrents les plus sérieux étaient Lyon, où le maillage de caméras de vidéosurveillance est plus serré qu’à Mantes, et Paris, qui développa “un fichage informatique en échange d’une allocation transports destinés aux détenteurs du RMI”, mais Mantes-la-Jolie les a devancés “d’une courte tête”, d’après nos informations. Le rêve orwellien du maire de Conségudes (59 habitants), consistant à équiper de badges électroniques ses concitoyens “pour prévenir l’arrivée d’intrus dans le village”, pouvait prétendre à une mention spéciale.
Les organisateurs des BBA ont mis en ligne un dossier à charge contre Mantes plutôt copieux, à l’adresse : www.bigbrotherawards.eu.org/2001/nomines/mantes.html
Ils y soulèvent la question du financement de la vidéosurveillance (un million d’euros) par des fonds européens URBAN censément consacrés à la “réhabilitation sociale de quartiers en difficulté”.
“Il s’avère, écrivent-ils, que sa finalité (surveillance de lieux privés, constations d’infractions pénales) et le type d’équipement utilisé (caméras et images numériques stockées facilement) ne sont pas ceux du cahier des charges dressé par les institutions européennes”. Voilà pour la plus lourde charge.
Des “complices” sont désignés : “M. le préfet de la région Ile-de-France, M. le président de la Comunauté d’agglomération de Mantes-en-Yvelines”, soit le sénateur-maire de Buchelay Dominique Braye.
Instruits des démarches entreprises par M. Bédier pour armer la police municipale, les organisateurs ont considéré qu’il s’agissait d’une “circonstance aggravante”.
Les organisateurs des BBA doivent maintenant remettre le trophée à son (ses) propriétaire(s), dont on peut peut prévoir qu’ils n’en voudront pas dans leur salon. Car c’est un objet plastiquement excécrable : il représente une chaussure militaire qui écrase une tête d’homme.
Cette remise de prix devrait avoir lieu cette semaine, elle pourrait prendre la forme d’un happening assez ludique. Les BBA ont dit qu’ils viendraient avec leurs caméras.
(1) Dans cette catégorie étaient éligibles “les personnes ou institutions qui encouragent les projets d’aménagement de la cité visant, sous couvert de prévention de quelque danger, à contrôler la libre circulation des individus et à traquer leurs habitudes, achats, prestations sociales, opinions ou comportements”.
Images vidéo de la remise des prix sur www.digipresse.com/video




