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Le sujet posé à R.D.C. sera peut-être prolongé, en réunion publique en janvier à l’initiative de l’association Décil. |
Yazid Kherfi, ancien délinquant, ancien animateur à Chanteloup-les-Vignes et auteur de “Repris de justesse” (Ed. Syros, 2000), préconise la tenue d’Etats généraux de la violence dans le quartier du Val-Fourré depuis quelques mois. Le directeur du club de prévention du Mantois, mis en cause dans les déclarations faites par Yazid Kherfi au Courrier (lire l’article du 5 septembre) a accepté de le rencontrer et de participer à une émission de radio sur RDC, jeudi dernier
Le débat devait confronter deux approches du traitement de la violence dans les quartiers. D’un côté, des propositions et l’éclairage d'un “consultant violence” en banlieue (c’est à ce titre que Yazid Kherfi intervient dans des formations dispensées à l’école nationale de police et à l’école de la magistrature). De l’autre, une intervention sociale continue, un travail de longue haleine. Le débat un peu confus, a rapidement opposé l’un et l’autre des intervenants, “incapables de se retrouver” pour reprendre les termes de Dominique Gomis, le directeur de Radio Droit de Cité. L’élément déclencheur de la rencontre, une petite phrase de Yazid Kherfi que nous publiions le 5 septembre, mettant en cause “l’incroyable passivité des acteurs de la ville, notamment de la municipalité et du club de prévention...”.
Il y a un mois et demi, ce dernier reprochait à la municipalité de Pierre Bédier et à l’ACJAM de ne pas jouer “leurs rôles respectifs dans le contexte de recrudescence de violence”. Pierre Bédier avait refusé de répondre à l’auteur de ces déclarations estimant qu’il n’avait “aucune leçon à recevoir”, ajoutant “je ne crois pas qu’il soit apte à régler certains problèmes”. La prise de position de Yazid Kherfi avait été jugée tout aussi inadmissible par le directeur du club de prévention, ajoutée à “une vision inexacte de la vie des quartiers” estimait-il. Il n’y aurait pas de tendance à l’aggravation des faits de violence. Catastrophisme ? Les derniers incidents, les braquages de commerce en continu depuis le mois d’août notamment, les carcasses de voitures incendiées qui jonchent le sol du Val-Fourré, tendraient pourtant à vérifier cette appréciation. Il est curieux de constater comme des discours radicalement contradictoires se succèdent, se chevauchent et se télescopent ces derniers temps. A croire que nous aurions tous une vision déformée de la réalité, intoxiqués que nous sommes par la propagande des médias, la communication institutionnelle, et... les plaintes des premiers concernés, les habitants des quartiers eux-mêmes. Alors de quelle violence parle-t-on ? Certains auditeurs au téléphone peinaient eux aussi à l’identifier, hurlant à la stratégie médiatique du biographe contre lequel l’émission faillit se muer en réquisitoire.
“La peur fait vendre. Mantes-la-Jolie est loin d’être une favela” ou encore “Aucun préfet de la République n’a été abattu ici...” lit-on cette semaine sur un forum du site mantais Uziprod.com. Encore heureux !... et si l’on peut éviter cela, c’est bien aussi.
Monologues
De la “violence”, sur RDC, un jeune auditeur glisse adroitement vers l’“insécurité” “montée de toutes pièces par les politiques peu avant les élections...”. On est sorti du sujet plusieurs fois, on l’élude. Comme si la violence était taboue, elle n’existe pas dans une grande partie des discours. Il est fréquent que ceux-ci accusent plutôt l’autre discours, parfois à raison. Mais le débat n’est plus le même. L’émission de RDC a pu être victime de ce malentendu.
Un auditeur, habitant des Peintres-Médecins, réagit une demi-heure après le début de l’émission, pour relater le nombre important d’incidents sur le terrain et déplore qu’aucune victime ne soit invitée dans le studio.
Yazid Kherfi reprend la parole. La violence est partout mais on n’écoute les jeunes nulle part. Après un intermède musical de rap revendicatif choisi tout exprès, il fustige “le déficit de démocratie”, “le manque d’espaces de dialogue pour les jeunes des quartiers”, “la stratégie de pourrissement de la ville”. Jean-Paul Carceles n’entre pas dans ce débat. D’ailleurs depuis le début, les auditeurs écoutent deux monologues.
Le directeur de l’ACJAM est venu rappeler que la mission d’un travailleur social, laborieuse, fragile toujours, mérite “une grande discrétion et une grande simplicité”. Comme il a déjà eu l’occasion de le dire (lire l'article du 12 septembre), il maintient que les quartiers du Val-Fourré sont entrés dans une phase constructive et met en garde de ne pas dresser les partenaires de la ville les uns contre les autres.
Dernière marque de défiance d’un auditeur, celui des Peintres toujours. Il rappelle la radio peu avant la fin de l’émission et confirme à Yazid Kherfi qu’un travail social est déjà réalisé avec les familles, au cas par cas, renvoyant l’“irresponsable” à ses rêves iconoclastes de démocratie, de “lieux de vie” et d’expression des détresses, voire de solidarité rassemblant les communautés des quartiers sensibles.




