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33 fausses alertes au charbon en une semaine
De la poudre blanche dans le courrier
Le Courrier de Mantes
Publié le:  24 octobre 2001

L’agence de la Société Générale de Gargenville a été la première, le mardi 16 octobre, à essuyer les plâtres. Depuis, 32 fausses alertes à la maladie du charbon ont empoisonné l’activité des services de secours du département tout au long de la semaine. Mais les petits plaisantins risquent jusqu’à 2 ans de prison. C’est ce qu’a requis le procureur à l’encontre d’un homme qui a jeté un sac dans le hall de la mairie de Mantes en criant «ça va péter». Il a été condamné lundi à huit mois de prison, dont un ferme.

La première lettre contenant de la poudre blanche est arrivée le mardi 16 octobre à l’agence de la Société Générale de Gargenville. L’employée qui a ouvert la lettre suspecte a d’abord prévenu son patron, qui a placé l’enveloppe sur le rebord extérieur d’une fenêtre, avant de prendre la décision d’appeler la police vers 10 h 30. Comme une petite partie de cette poudre suspecte s’était répandue sur le sol et que employés et policiers avaient marché dedans, tout ce petit monde - cinq employés et deux policiers - est resté coincé à l’agence bancaire jusqu’à 18 heures. Car les services de secours n’étaient pas informés sur la procédure à adopter dans le cadre du nouveau plan “biotox” destiné à lutter contre la menace chimique et bactériologique.

Ils ont ensuite été transportés vers l’hôpital Bichat, en compagnie des cinq “victimes” de la lettre suspecte qui a provoqué les mêmes ennuis un peu plus tard au lycée Rostand de Mantes. Revêtus de combinaisons, les dix premières victimes de ces mauvais canulars ont été admises dans le service vers minuit et en sont sortis à 2 heures du matin. Le directeur, qui avait manipulé l’enveloppe, est lui resté toute la nuit à l’hôpital.

Les jours suivants, le système était rôdé et les procédures de contrôle des victimes allaient beaucoup plus vite. Les victimes de ce mardi à Gargenville et Mantes ont vraiment essuyé les plâtres.

Deux alertes à la bombe

Depuis, chaque jour a apporté son lot de mauvaises plaisanteries : au centre de tri de Poissy, mercredi, une lettre contenant de la poudre a provoqué l’évacuation des lieux, avec son lot de traumatismes pour le personnel.

Quant à la lettre qui est arrivée au collège Paul-Cézanne le jeudi, elle a mobilisé l’antenne spécialisée des pompiers et a contraint le principal et quatre professeurs à être placés en quarantaine avant de subir un test de dépistage. Au lycée Rostand, déjà victime d’une fausse lettre piégée le mardi, c’est une fausse alerte à la bombe déclenchée à partir d’une cabine téléphonique, qui a obligé jeudi le proviseur à faire évacuer l’établissement vers 11 heures. Les cours ont pu reprendre à 13 h 30.

Un mois de prison ferme à Mantes

Toujours jeudi, alors que les premières condamnations n’étaient pas encore tombées sur les auteurs de ces mauvaises plaisanteries (un mois ferme pour un ouvrier d’entretien de Rennes, quinze jours pour un adjoint au maire de Charente-Maritime, trois mois avec sursis pour un restaurateur de Chambéry...), c’est l’hypermarché Carrefour de Flins qui a dû être évacué, tandis que des alertes étaient déclenchées à l’usine Renault, au lycée de Magnanville et à la mairie de Mantes. Là, le plaisantin s’est fait attraper alors qu’il venait rechercher le sac qu’il avait déposé quelques minutes avant en criant “ça va péter”.

Vendredi, enfin, c’est la Poste de Houdan et le lycée Saint-Exupéry qui ont subi des plaisanteries de plus en plus déplacées, car à ce moment-là, les auteurs devaient commencer à connaître les risques encourus. “L’objectif est d’en attraper un et de le traduire immédiatement devant la justice” expliquait-on en fin de semaine dernière à la préfecture. L’homme qui avait déposé son sac jeudi dans la mairie de Mantes en a fait les frais : il a été condamné lundi à huit mois de prison, dont un ferme !


La liste des alertes signalées

  • Mardi 16 octobre : Société Générale de Gargenville, école du Paysage de Versailles, rue Richaud (enveloppe dans la rue), Crédit agricole de Guyancourt, lycée Rostand de Mantes-la-Jolie, une entreprise de Toussus-le-Noble, la Poste de Viroflay, le château de Rambouillet, la Bergerie nationale (2 colis suspects, un slip et un pantalon dans un colis adressé au... Pr Choron).

  • Mercredi 17 octobre : siège de Bouygues à Guyancourt, centre de tri de Poissy.

  • Jeudi 18 octobre : collège Paul-Cézanne de Mantes-la-Jolie (lettre suspecte), lycée Jean-Rostand de Mantes-la-Jolie (alerte à la bombe téléphonée au commissariat), bureaux de Poste de Chanteloup et Guyancourt, hypermarché Carrefour de Flins (évacuation), usine Renault de Flins, mairie de Mantes-la-Jolie (colis suspect récupéré par son propriétaire aussitôt arrêté par la police), lycée de Magnanville.

  • Vendredi 19 octobre : les bureaux de Poste de Houdan et Chatou, l’Hôtel de Ville de Chatou, le lycée Saint-Exupéry de Mantes, une voiture de la Poste de Viroflay, la PMI de Viroflay, un particulier de St-Germain-en-Laye, agence BNP de Sartrouville.

  • Samedi 20 octobre : Les Loges-en-Josas (enveloppe dans la rue, route de La Folie), commissariat de Rambouillet, un particulier de Mesnil-le-Roi.

  • Lundi 22 octobre : les bureaux de Poste de Nezel et Guyancourt.

Consignes de “bon sens” à La Poste

Sujet sensible pour La Poste que cette avalanche de lettres suspectes. La direction ne veut pas alimenter la psychose auprès d’un personnel qui traite chaque jour dans les Yvelines trois millions de lettres et colis. “Un certain nombre de mesures ont été prises à chaque niveau, et chaque établissement a reçu des consignes de bons sens” explique la direction départementale. “Nous prenons chaque alerte en considération, mais nous ne voulons pas alimenter la psychose, d’autant que chaque situation qui peut nécessiter une évacuation contribue à l’alimenter et à perturber le personnel”.

Ça a été le cas la semaine dernière dans les agences de Viroflay (à deux reprises), Chanteloup, Guyancourt, Houdan et Chatou.




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