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François Bony doit trouver 14 millions pour boucler le budget de la commune. |
Six mois après son élection, après l’affaire du salon « Livre Accès », une entrée dans la vie publique assez catastrophique pour son image, François Bony a appris la prudence. Le nouveau maire d’Aubergenville est aujourd’hui plongé dans les problèmes de gestion financière de sa commune. Hausse des impôts pour 2002. Il faudra faire passer la pilule auprès des Aubergenvillois. Un mandat qui ne commence pas sur du velours.
Le Courrier : Le résultat de l’audit sur les finances communales a-t-il été une mauvaise surprise ou bien vous y attendriez-vous ?
François Bony : Nous nous y attendions, mais pas à ce point-là. Nous savions qu’il y avait un problème, puisque depuis 1996 Renault avait redécoupé ses bâtiments, ce qui avait eu pour effet de diminuer la taxe professionnelle. Aubergenville avait eu un manque à gagner, compensé par le fonds de péréquation, de façon dégressive pendant trois ans. Au bout des trois ans, il n’y a plus rien eu. En 2001, il nous a manqué 14 millions pour boucler le budget. Que nous avons trouvé, par ailleurs, parce qu’il y avait eu une ligne d’emprunt de 40 millions ouverte par mon prédécesseur en 1999.
L.C : Le recours à l’emprunt, c’est facile mais cela peut être dangereux.
F.B : Bien sûr. A force, on peut se trouver dans la situation d’avoir à faire un emprunt pour payer la dette et les emprunts. Cela s’appelle faire de la cavalerie. C’est interdit. Tel que la commune était partie, dans deux ou trois ans nous avions la chambre régionale des comptes sur le dos et nous étions mis sous tutelle. D’ailleurs, c’est clairement le résultat de l’audit. Pour bien vivre, il faudrait 20 millions, mais nous sommes partis sur 14 millions à trouver pour le budget 2002. Il y aura 10 millions sur les impôts et 5 millions d’économie sur le fonctionnement de la mairie.
LC : 10 millions de francs, combien cela fait-il de points d’augmentation des impôts pour les ménages ?
F.B : On ne peut pas calculer comme cela. Au dernier conseil, nous avons voté un abattement de 15 % sur les bases. Ce qui permet de descendre la taxe d’habitation. Ensuite, il y aura une l’augmentation des taux des quatre taxes en même temps, comme la loi nous y oblige. Mais, nous nous allons augmenter de telle façon que d’après les calculs qui ont déjà été faits par le cabinet d’audit, certaines personnes paieront moins d’impôts, de l’ordre de 250 F, tandis que les autres paieront environ 300 F de plus sur la part communale, bien sûr.
Nous allons aussi récupérer sur la taxe professionnelle. A Aubergenville, le taux est plus bas que la moyenne. Il est à 11,70 % alors que la moyenne départementale est à 14 %. Actuellement, c’est le département qui touche la différence qui est d’environ 2 %. Cela va nous donner une marge de manœuvre. Nous pouvons augmenter le taux de la taxe professionnelle sans que cela apporte une pression supplémentaire pour les entreprises. Ce sera un système de vases communicants. Au lieu d’aller au département, une partie ira à Aubergenville.
“Il faut réduire le train de vie”
L.C. : Ces difficultés financières vont-elles avoir des conséquences sur les investissements. Autrement dit, cela remettra-t-il en cause certains de vos projets ?
F.B. : La médiathèque était plutôt prévue pour un deuxième mandat. Nous pensons que d’ici 2003, nous pourrons commencer à réaliser nos projets. Mais cela risque de freiner les investissements. Cependant, il est toujours prévu de faire la salle polyvalente, pour les anciens entre autres, de réaliser une maison des associations, un terrain de sport et de loisirs au Trait d’Union. Le rythme des investissements dépendra de la capacité de redressement des finances de la commune. Aubergenville a vécu au niveau d’une commune de 20 000 habitants. Il est temps de réduire le train de vie si l’on veut continuer à investir et aussi à entretenir notre patrimoine. Par exemple la station d’épuration est à rénover entièrement ainsi que la piscine
L.C. : Vous avez également motivé votre retrait du syndicat intercommunal du Contrat de ville par des soucis d’économie, mais n’y avait-il pas des raisons politiques ?
F.B. : Politique, je n’aime pas beaucoup ce terme. Pendant la campagne un certain nombre de choses ont été dites. La population a dit non à certaines choses.
L.C. : Non à quoi ?
F.B. : Je pense en clair, qu’elle a dit non au rapprochement avec Les Mureaux et Meulan.
L.C. : Mais l’intercommunalité personne ne va y échapper.
FB : Bien sûr, c’est la loi Chevènement. Des rapprochements ont déjà eu lieu l’année dernière (NDLR : Epône, Maule et Flins dans la perspective d’une communauté de communes avec Aubergenville). Des réunions sont programmées avec les maires du secteur. Aubergenville y assistera.
L.C. : L’affaire du salon du livre qui vous avait valu de vous faire épingler, est-elle digérée ?
F.B. : Oui, bien sûr. J’ai fait une bêtise et je l’ai reconnue.
L.C. : Quel avenir pour la politique culturelle à Aubergenville ?
F.B. : Elle ne va pas changer. Elle va, au contraire s’intensifier. Nous voulons faire de la culture tous les jours. Par exemple à la bibliothèque, nous sommes en train de rénover le fonds d’ouvrages et de revoir le fonctionnement des petites bibliothèques de quartier pour qu’elle travaille en synergie avec la bibliothèque principale. Nous étudions la possibilité de mettre des bornes interactives et d’installer un site Internet sur Aubergenville.
L.C : Et La Nacelle ?
F.B : La Nacelle ? Il n’y a pas de problème. Elle continue. La programmation 2001 vient de commencer. Dans l’avenir, il y aura peut-être quelques petites touches. Mais cela se fera en concertation. On essaiera d’améliorer certaines choses pour que cela réponde bien à l’envie de la population. Pour moi, La Nacelle n’est pas un souci.
Propos recueillis par Francine CARRIERE




