Une opération slow-food contre la restauration rapide s’est déroulée samedi devant le MacDonald’s de la rue de Lorraine à Mantes-la-Jolie. Les membres d’Aquerem, l’association pour la qualité de l’environnement de la région mantaise, ont suivi le mouvement international de la journée d’actions contre la MacDomination.
“Je viens d’apprendre qu’un nouveau type de fast-food a ouvert à Tokyo”, déplore Michel Jutard, secrétaire d’Aquerem. “Le consommateur ne paye plus ce qu’il mange mais en fonction du temps où il reste dans le fast-food. Voilà encore un pas de plus vers la restauration rapide.”
Devant le MacDo, les manifestants apprennent aux passants à construire des fours solaires. Quelques boîtes en cartons, du papier d’aluminium, une plaque de plexiglas et le tour est joué. Le four peut atteindre une température de 160 degrés et met environ deux heures pour cuire un plat. “Le temps idéal pour partager un moment convivial avec ses amis”, précise M. Jutard.
“Une bouffe sous-culturelle”
L’association Aquerem offre des gâteaux maison, des fruits et des tracts qui dénoncent “ce qui ne va pas chez MacDo”. Les doléances sont multiples. MacDo est décrit comme une “bouffe homogène et sous-culturelle, dangereuse pour la santé”.
La firme “exploite les enfants à travers la publicité”, offre à ses employés “des conditions de travail déplorables” et fait preuve “d’hostilité ouverte face aux syndicats”. Les tracts protestent enfin contre “la montagne de déchets produits pour un temps de consommation très bref, déchets qui traînent dans nos rues et ensuite finissent soit en décharges soit en incinérateurs (les plastiques libérant des toxines)”.
A l’intérieur du restaurant, le directeur Franck Hilbert reste serein mais préfère ne pas rencontrer les manifestants. Après lecture d’un tract que lui apporte un de ses employés, il proteste contre les accusations formulées: “Je suis gérant d’une entreprise locale et tous mes salariés sont d’ici, déclare-t-il. Je ne vois donc pas pourquoi l’on fait de moi l’un des boucs émissaires de la mondialisation. Par ailleurs, tous nos produits sont issus de l’agriculture et de l’élevage français. La qualité de notre restauration soutient la comparaison avec de nombreuses enseignes de cuisine française. Nous satisfaisons les gens qui n’ont pas le temps de faire à manger chez eux.”




