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Les enseignants, avec les médecins, mobilisés depuis juin dernier contre la violence, dans les quartiers, ont obtenu la réunion de tous les institutionnels concernés par la politique de la ville. |
La table ronde réunissant en préfecture les principaux partenaires institutionnels qui font la politique de la ville s’est tenue lundi dernier. Médecins, enseignants et services publics, aux prises quotidiennes avec la violence, en avaient été les instigateurs après les deux mouvements de grève de juin et septembre au Val-Fourré.
Les manifestations d’enseignants, le ras-le-bol de la violence, le souci d’alerter les autorités ont abouti à la tenue d’une table ronde en préfecture, la semaine dernière, une demande qu’ils avaient formulée aux mois de juin et septembre.
La délégation des professeurs et des médecins retient le caractère unique de cette rencontre où chaque partie a écouté l’autre dans un climat de plus grande sérénité que d’habitude. “Il est exceptionnel de réunir autant de gens et que chacun puisse s’écouter sur les questions de violences sans stratégie personnelle...” déclare Pierre Marsaleix, enseignant et secrétaire départemental de la FSU.
La table ronde, une “première” pour ces raisons, estiment les enseignants de Mantes-la-Jolie, a réuni le procureur de la République, le recteur d’Académie, le directeur adjoint de la police urbaine, le commissaire Caliaros (commissariat de Mantes-la-Jolie), Marc Schwob conseiller général et vice-président du conseil général chargé des affaires sociales, Annette Peulvast députée de la circonscription de Mantes-la-Jolie, le commandant départemental de la gendarmerie nationale, ainsi qu’un représentant du ministère de la ville et un parent d’élève résident du quartier des Peintres au Val-Fourré.
Présence policière préventive
“Cette première prise de contact ne devait pas aboutir à quelque chose de concret” selon Pierre Marsaleix.
A l’évidence, les différents partenaires qui font la politique de la ville sur le terrain avaient d’abord besoin de se rencontrer avant d’élaborer une stratégie concrète et commune de remédiation aux violences.
“Nous avons pu expliquer à tout le monde ce que nous ressentions de ce climat maffieux qui s’installe dans certains quartiers du Val-Fourré, poursuit le secrétaire départemental de la FSU. Nous avons répété notre demande de libre circulation dans le quartier pour les habitants. Nous avons demandé une présence policière préventive plus importante et à ce propos avons été satisfaits d’entendre le directeur adjoint de la police urbaine, reconnaître que les effectifs faisaient défaut”. Au cours de cette réunion, les services de police ont avancé les chiffres de 18 policiers affectés au Val-Fourré pour 8 à 9 fonctionnaires en permanence sur le terrain, au commissariat de quartier. “Un chiffre qui parle de lui-même quand on pense que 10 % des jeunes posent problème, sur une population de 9000 jeunes en âge d’être scolarisés, soit 900 jeunes”.
Un observatoire de la violence
Pierre Bédier, maire de Mantes-la-Jolie, a fait deux propositions lundi, une concernant la création d’un poste qui coordonne les différents services de l’Etat et qui permette de mener à bien chaque action menée conjointement, “la nomination d’un monsieur sécurité”, et l’autre qui permette de disposer d’un bilan exact des faits délictueux commis dans les quartiers, comme dans les établissements scolaires, sous la dénomination d’“observatoire de la violence”.
A cette annonce, Pierre Marsaleix relève un détail, il avait fait la demande d’un tel observatoire depuis plus d’un an devant le conseil départemental de l’Education nationale et avait formulé cette proposition dans les différentes assemblées générales d’enseignants.
Ne plus cacher la réalité
“Il est essentiel que chaque partie puisse partager ses informations. Il y a une tradition du secret dans les établissements scolaires, entretenue notamment par certains chefs d’établissements qui veulent donner le sentiment que leur établissement n’est pas un établissement “à problème”. Chez les postiers, à l’hôpital des faits graves sont cachés...” estime l’enseignant à l’heure du bilan de cette première rencontre.
Aujourd'hui profs, médecins et agents des services publics du quartier attendent un travail curatif d’éducation dans les quartiers. Tous devraient continuer à travailler ponctuellement ensemble. Ils attendent maintenant la nomination de ce coordinateur... peut-être nommé par le ministère de la ville. Le préfet a promis d’autres rencontres qui permettront d’établir des bilans de ces actions concertées.




