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Si les policiers ne pourront fouiller les coffres des voitures que lorsque la loi sera votée par les deux assemblées, les douaniers, eux, le peuvent déjà depuis longtemps. D’ailleurs, ils mènent régulièrement de grosses opérations de contrôle dans le département. Vendredi soir ils avaient installé leur impressionnant barrage au rond-point de La Villeneuve-en-Chevrie sur la RN 13, au niveau de la sortie d’autoroute de Chaufour-les-Bonnières.
20 h 45. Neuf douaniers de la brigade de Gennevilliers, accompagnés de leur chien “Nat”, un labrador spécialisé dans la recherche de stupéfiants, déploient leur dispositif au carrefour sous l’œil du procureur de la République, Yves Colleu, et du sous-préfet, Alain Koegler. Ils sont accompagnés par une dizaine de gendarmes de la compagnie de Mantes, sous les ordres du commandant Royal. Parmi eux deux motards et un homme tenant solidement un fusil à pompe, au cas où un automobiliste tenterait de forcer le barrage ou prendrait la fuite. Le même dispositif est installé au péage autoroutier de Buchelay.
Vingt minutes à peine après le déploiement des forces de l’ordre, Nat le labrador sent quelque chose dans une voiture contrôlée. Et pour cause : le jeune conducteur transporte avec lui 63 grammes de cannabis. Première prise, suivie presque au même moment d’une autre de 12 grammes de haschisch au péage de Buchelay. Les deux automobilistes seront poursuivis. “Il n’est pas rare que nous fassions une dizaine de kilos dans la soirée” explique le commandant de la brigade des Douanes, “généralement par prises de deux kilos”.
Le dispositif de ce vendredi soir ne vise pas seulement la drogue, mais également l’alcoolémie au volant, la sécurité routière, les armes et toutes infractions que les gendarmes sont là pour sanctionner. Mais le 19 octobre restera un jour “sans” : 75 grammes de drogue, pas d’alcoolémie, une seule petite batte de baseball transportée dans son coffre par un jeune Parisien qui explique que c’est son père qui la lui a ramenée des Etats-Unis “pour se défendre” (mais qui restera dans les mains des gendarmes car il est interdit de la transporter avec soi), et un conducteur Géorgien au volant d’une voiture polonaise qui n’a pour seuls papiers qu’une demande de droit d’asile. Un maigre résultat pour une opération contrariée par le violent orage qui est passé par-là vendredi soir. Le barrage est levé vers 22 h 30, mais d’autres opérations de ce genre auront lieu régulièrement dans le département.




