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Le bureau de tabac du centre Lavoisier a été la cible d’une quatrième attaque en un mois, cette fois à main armée. |
Quartier des Physiciens, malaise des commerçants et des habitants face à la recrudescence des attaques à main armée.
Le patron est encore sous le choc de l’arme qui l’a menacé mercredi après-midi. C’est la quatrième attaque qu’il subit en quatre mois. Aux alentours de 15 h 15, deux hommes cagoulés pénètrent dans le tabac du centre commercial Lavoisier situé en bordure de la Nationale 13 à Mantes-la-Jolie. Armés d’un revolver qu’ils pointent sur le commerçant, les deux hommes font main basse sur la caisse dont le contenu est évalué à 2000 F et le frappent ensuite au visage. Ils emportent aussi des appareils photos jetables.
Le patron du tabac, le visage encore un peu tuméfié, s’est confié le lendemain. Comme d’autres de ses confrères, il ne tolère plus cette “criminalité ambiante”. Peut-être envisage-t-il de partir après deux ans de service à la population des Physiciens. Difficile de travailler en effet dans un quartier où les habitants terrorisés ne sortent plus avec des sommes d’argent importantes dans leur sac.
“Beaucoup de personnes se font racketter dans le quartier, par des enfants ou des adolescents très jeunes”, témoigne une cliente du tabac. Il semble que le climat dégradé de certains quartiers Val-Fourré ait profité au règne de l’impunité. Un commerçant se fait braquer quatre fois en un mois. Qui en est surpris ? Les personnes âgées sont la cible d’agressions ou de vols à l’arraché. Nombreux encore sont ceux qui témoignent. Le buraliste poursuit : “les clients ont cinq francs dans la poche pour acheter leur baguette, nous en sommes là… c’est la mort du commerce annoncée”. Alors à quoi bon même rénover le centre commercial ? Certains posent la question.
Les camions bennes devant les vitrines bouchent la vue et isolent les commerces les uns des autres. “Où sont les forces de police ?” interroge un autre commerçant. “Où est la police de proximité ? Nous voyons très peu de police dans le quartier” lance-t-il, “quelque fois une voiture passe dans la rue… mais nous avons besoin d’îlotage, de présence physique”. A côté une cliente entre dans le tabac, et s’impose dans la discussion : “Qu’est-ce que vous voulez que la police fasse au fond ? Ils se font agresser par des mômes de 12 ans !”
Le commerçant cité ci-dessus connaît bien le quartier des Peintres, à plusieurs centaines de mètres de là, de l’autre côté du quartier, il estime la criminalité insoluble tant qu’on ne mettra pas un terme à la circulation des armes à feu, et à un certain climat “maffieux” qui tend à essaimer au Val-fourré. “Il y a quatre jours, entre une heure et deux heures du matin, des coups de feu ont été tirés en pleine nuit, rue Jean-François Millet. Un ami qui travaille de nuit a bien reconnu une kalachnikov”. “Les gens ont peur, et n’osent pas parler, ils n’ont qu’une envie… foutre le camp”. Pour cette nouvelle affaire, la police judiciaire de Versailles a été chargée de l’enquête.




