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Les manifestants se sont rendus à la mairie où ils ont été reçus. |
Sous la banderole du puissant syndicat du livre, les salariés de l’imprimerie Fava Print ont manifesté jeudi matin, aux Mureaux. L’itinéraire de leur marche revendicative les a conduits des ateliers jusqu’à la mairie où ils ont été reçus par l’adjoint au maire Albert Bischerour qui leur a renouvelé le soutien de la municipalité. Soutien acquis déjà à l’apparition des grosses difficultés en juillet dernier.
“Nous sommes descendus dans la rue aujourd'hui, pour défendre l’emploi”, expliquent les “Fava Print”.
L’entreprise mise en liquidation judiciaire le 20 août dernier intéresse deux repreneurs potentiels : d’une part la société Allied Multimédia qui propose de reprendre 23 salariés et d’autre part Gilles Roussel, l’ancien conseiller de Joris Van Thillo, le PDG de Fava Print, qui veut faire repartir l’entreprise avec 27 salariés.
Les employés sont favorables au projet de Gilles Roussel, mais, selon eux, le mandataire judiciaire préférerait l’autre candidat : “Allied multimédia nous apparaît comme une entreprise n’ayant aucune solidité et faisant preuve d’une méconnaissance totale de l’imprimerie rotative. En revanche, M. Roussel a déjà passé 10 mois comme chargé de mission du PDG. Avec un directeur de production qui connaît bien notre clientèle, il nous semble beaucoup plus en mesure de repartir tout de suite”, poursuit le personnel qui ajoute : “Quatre salariés de plus c’est quatre chômeurs en moins”.
Sur l’effectif de 65 personnes, cinq bénéficieront du FNE, six ont déjà retrouvé du travail, quatre ou cinq ont leurs 40 années de cotisations sociales. Il devrait rester 45 salariés.
“Nous sommes inquiets et nous nous interrogeons sur le choix du mandataire. On reproche à Gilles Roussel d’être gérant de fait. Mais cela ne tient pas. Outre le fait qu’il connaît bien l’entreprise, il dirige déjà quatre sociétés qui sont bénéficiaires, ce qui est loin d’être le cas de l’autre repreneur”, commente Joël Clairand, le secrétaire du C.E. D’après lui, plusieurs clients seraient prêts à revenir entre autre le SNES le syndicat enseignant et la société d’édition des annuaires téléphoniques africains : “Nous pourrions redémarrer l’activité sur deux rotatives et avoir la troisième disponible ; on pourrait rapidement remonter à trente salariés”.
En attendant, les salariés occupent l’entreprise : “Car cette imprimerie peut et doit vivre. Nous avons des hommes de bonne volonté, compétents et très motivés pour faire tourner les rotatives qui sont en fait état de fonctionnement et aux normes antipollutions”.
Mais pour l’heure, c’est le silence dans les ateliers, “pesant et angoissant”.




