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Arch aux Mureaux : la protection incendie, une obsession
Le Courrier de Mantes
Publié le:  03 octobre 2001

Le responsable de la sécurité et le PDG d’ARCH devant le groupe d’extinction automatique.

Comme l’usine AZF de Toulouse, ARCH Coatings (ex-ARE, ex-Hickson) occupe un site très ancien. En 1931, lorsque la Société chimique des Mureaux s’est installé rue Jean-Jaurès, il n’y avait là que la voie de chemin de fer et des champs en face. Certes, le centre ville n’était pas bien loin, mais à l’époque, la notion de sécurité industrielle n’était pas à l’ordre du jour et les écolos n’étaient pas nés.

Aujourd’hui, l’usine, numéro un français des vernis et laques pour le bois, est quasiment en pleine ville. Mais soyons clairs : toute comparaison avec AZF s’arrête à l’ancienneté de l’implantation. L’activité et les risques n’ont rien à voir avec ce qui s’est passé à Toulouse.

Pourtant, ce n’est pas d’hier qu’on s’est inquiété de la présence de cette unité de production aux Mureaux. En 1992, une enquête publique portant sur une demande d’utilisation de nitrocellulose en floche, un produit très inflammable, avait provoqué une levée de bouclier. Les riverains, les écolos, avaient demandé le transfert de l’usine à l’extérieur de la ville, en zone industrielle. «Il y a déjà eu des incendies», avait noté le tandem Garay-Bischerour (du GRALE) sur le registre du commissaire enquêteur, ajoutant, comme dans une invraisemblable prémonition : «Que se passerait-il si un avion tombait sur l’usine ?» (NDLR : Deux petits avions de l’aérodrome des Mureaux s’étaient crashés cette année-là).

Au milieu des pavillons

La situation géographique de l’entreprise au milieu des pavillons est sa faiblesse. Mais d’un mal naît parfois un bien : la prévention et la protection contre les risques d’incendie, sont l’obsession. En 1990, le groupe anglais Hickson repreneur d’ARE avait investi 40 MF dans l’agrandissement et dans la mise aux normes de l’usine. «Les deux tiers de cette somme ont été consacrés à des aménagements directement liés à la sécurité», souligne le jeune PDG Yves Trias. Les locaux sont équipés de murs coupe-feu de quatre heures. Les deux bâtiments principaux disposent d’un système de «noyage» par mousse en cas de détection de fumée ou de chaleur. En 5 minutes, la mousse enveloppe tout, du sol au plafond.

Alain Jacotot, le responsable de la sécurité a, au sein du personnel, une équipe de neuf pompiers bien entraînés. «Deux fois par an, ils suivent une formation au centre spécialisé de Vernon. Nous faisons des exercices très régulièrement». Cette année, 1,5 MF ont été investis dans de nouveaux équipements de protection.

Quant à la nitrocellulose, qui avait provoqué la psychose en 1992, Yves Trias voudrait bien tordre le coup aux idées reçues, une bonne fois pour toutes. “Sous forme mouillée, comme nous l’utilisons, la nitrocellulose n’est pas un explosif. C’est un produit inflammable”. Et d’ajouter : “Il n’y a ici aucun risque d’explosion. Le risque est celui d’une grosse station service”. Le discours de François Garay, qui entre temps est devenu maire des Mureaux, a aussi évolué : “C’est au début des années 1990, quand l’entreprise a demandé à s’agrandir qu’il aurait fallu exiger le transfert. Aujourd’hui, nous sommes devant le fait accompli. Cette entreprise, que j’ai visitée récemment, a fait de très gros investissements en matière de sécurité”.

“Nous ressentons la pression de l’urbanisation. Un jour, la question de notre départ se posera certainement”, conclut Yves Trias.




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