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Le 26 septembre, un incendie s'est déclaré à l'usine Epitech (Dennemont) qui sera bientôt classée "Seveso". |
L’explosion de l’usine AZF de Toulouse a ravivé la crainte des risques industriels. Et l’incendie, mercredi, d’un réacteur à l’usine Epitech de Dennemont (Lire l'article) nous rappelle que la région compte une dizaine d’établissements classés «à risques» par la DRIRE. Etat des lieux, des moyens de contrôle et sentiment des riverains.
424 entreprises pour 11 inspecteurs
La DRIRE, direction régionale de l’Industrie de la recherche et de l’Environnement, a pour mission de veiller au respect des normes fixées en matière de prévention des risques, incendie, explosion, pollution de l’eau et de l’air dans les entreprises soumises à autorisation et classées. Dans les Yvelines, elle dispose d’une escouade de onze inspecteurs, tous ingénieurs ou techniciens supérieurs, chargés d’aller chercher la petite bête dans des dispositifs de sécurité qui, sur le papier, respectent les règles, mais qui, dans la réalité, s’en éloignent parfois dangereusement. Onze inspecteurs pour 424 entreprises yvelinoises classées. Est-ce suffisant ? Luc Rousseau, le patron de la DRIRE Ile-de-France, ne répond pas directement à la question. Mais son commentaire en dit long : «Le gouvernement a annoncé qu’il souhaitait doubler le nombre d’inspecteurs. Compte tenu de la demande des citoyens et après ce qui s’est passé à Toulouse, on peut penser que le mouvement sera accéléré».
Sur les 424 sites répertoriés, tous ne présentent pas le même degré de dangerosité. Dans un premier temps, quatre d’entre eux relevaient du classement Seveso I, imposant les procédures les plus lourdes en matière de sécurité. Il s’agit de SARP Industrie, Dunlopillo, Elf Antar et Pyroindustries. La volonté d’améliorer la politique de prévention des risques et d’imposer une réglementation plus stricte a conduit à Seveso II. Cette nouvelle norme distingue un seuil haut où l’on retrouve les entreprises précédemment citées (moins Pyroindustries car le classement avait été donné à une usine qui n’a toujours pas été construite aux Mureaux) avec en plus la coopérative agricole de Bréval, les stockages de gaz de Beynes et Saint- Illiers-la-Ville, ainsi que Géovexin, à Gargenville, qui stocke du GPL en souterrain.
En fonction du classement, la fréquence des visites varie beaucoup, de plusieurs par an à une tous les cinq ans. Certaines comme SARP Industries, qui manipule des produits très toxiques, font l’objet d’une surveillance particulière. A Limay, la DRIRE effectue cinq inspections par an. La dernière remonte au 29 juin 2001. D’autres sociétés ont moins la bride au cou. La DRIRE a du mal à tenir le rythme d’une visite tous les 5 ans.
206 mises en demeure en 2000
Les inspecteurs ont-ils la capacité d’établir le bon diagnostic ? «Il s’agit d’un personnel hautement qualifié qui suit des formations régulières. D’autre part, nous essayons de donner à chacun des spécialités. Par exemple, c’est le même inspecteur qui suit l’usine Renault de Flins et celle de Peugeot à Poissy. Pour certaines activités très spécifiques, nous faisons appel à des experts extérieurs», répond Luc Rousseau.
En 2000, le travail de la DRIRE a conduit à 206 arrêtés de mises en demeure pour des entreprises qui ne respectaient pas la législation. En fonction de la gravité de l’infraction constatée et des conséquences sur l’environnement et les populations les mesures peuvent aller de la consignation de la somme nécessaire aux aménagements réclamés jusqu’à la suspension d’activité. D’autre part, 59 procès verbaux pour des délits ont été adressés au procureur. Ils pourront faire l’objet de poursuites pénales.
F.C.
Elf : situation à haut risque à Gargenville
Construit en 1967, l’établissement pétrolier de Gargenville appartient au groupe Elf. Raffinerie à l’origine, l’usine n’est quasiment plus qu’un centre de stockage (de 100 hectares tout de même) d’une capacité maximum de 600 000 T de produit (Super, Naphta, Propoane, Gazole à moteur, Fioul domestique), un point d’approvisionnement sur le pipe-line entre le Havre et Grandpuits (on y fabrique encore du kérosène).
La direction du centre explique que le centre n’est jamais au maximum de sa capacité, “Gargenville est un point de transit et de redistribution, 95 % des produits sont réintroduits dans le circuit de pipe-line sous-terrain à 140 mètres de profondeur”.
L’étude de danger qui existe depuis longtemps a été complétée en 1998 par l’élaboration d’un nouveau scénario d’accident. En matière de sécurité, Michel Guttierez le chef d’exploitation admet que le risque nul n’existe pas. Un risque qui a été envisagé depuis longtemps, “un scénario de catastrophe majorant a aussi été établi en 1997 dans cet établissement, quand a été élaboré un plan d’intervention de secours avec la DRIRE” explique un pompier chargé à l’époque de participer à la mise en œuvre de ces plans d’intervention. “La construction de pavillons autour à Porcheville et Gargenville a sans doute renforcé l’urgence” confirme-t-il. “Toutes les procédures d’informations à la population ont été faites dans le cadre du plan particulier d’intervention”.
“Chez Elf, le personnel est entraîné à respecter des procédures strictes d’exploitation, de prévention et de sécurité... Le centre est équipé aussi de moyens fixes de défense contre l’incendie. Un exercice de sécurité est réalisé toutes les semaines avec une équipe de pompiers” rassure Michel Guttierez.
Le centre de stockage possède en outre une pompe sur la Seine et un réseau d’adduction d’eau équipé d’appareils à mousse d’extinction. Trois personnes assurent la sécurité en permanence et un cadre est d’astreinte nuit pour déclencher le fameux P.O.I. en cas d’urgence (Plan d’opération interne).
F.A.
Linde Aga (Limay) : la sécurité renforcée
La réaction a été rapide du côté d’AGA. Devenu Linde Gas S.A., après une fusion avec un groupe allemand, le site industriel de Porcheville qui fabrique des gaz de l'air (séparation de l'oxygène, l'argon et l'azote) ainsi que de l'hydrogène, vient d’intensifier ses mesures de sécurité.
En attendant une prochaine visite de la DRIRE, les contrôles d’entrée et de sortie sont désormais particulièrement accrus, selon Yann Contratto, conseiller en sécurité. Un dispositif indispensable en cas d’évacuation rapide de la centaine de salariés que compte cette entreprise classée “Seveso, seuil bas”. Une série de numéros d’urgence, destinée aux personnels, renforce par ailleurs le dispositif.
Autour de l’usine, le sujet n’apparaît a priori pas comme une grande préoccupation, à entendre les témoignages de quelques élèves du lycée Condorcet. Certains admettent se souvenir plus souvent de la présence de l’usine. Mais l’espace d’un instant seulement, et parce que l’accident toulousain a largement fait les gros titres de la presse nationale.
F.L.
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L'association pour la qualité de l'environnement dans la région mantaise (Aquerem) réagit à l'accident de Toulouse. Web : http://perso.wanadoo.fr/aquerem




