Courrier de Mantes
La Une du Courrier par e-mail
RSS
Un réacteur en feu à Epitech : 50 personnes évacuées
Le Courrier de Mantes
Publié le:  03 octobre 2001

Le personnel, dont certains membres en tenue blanche de travail, a été évacué.

L’incendie n’aura pas eu de conséquences sur l’environnement et les populations environnantes, mais il en aura pour l’entreprise : 5 à 10 millions de francs de dégâts. Mercredi vers 13 h 15, un réacteur a pris feu dans l’usine de composants électroniques Epitech, à Follainville-Dennemont. Une usine qui sera prochainement classée Seveso en raison d’un important stockage d’hydrogène.

«Vers 13 h 15, on a vu une grosse fumée noire à l’arrière de l’usine, elle sortait du réacteur numéro 13. L’agent de maintenance a voulu déclencher l’alarme, mais elle n’a pas fonctionné. Alors, l’opérateur a prévenu ses collègues, qui sont sortis tout de suite et qui ont alerté les gars des autres salles. Et tout le monde est sorti».

Un vent de panique a soufflé mercredi sur l’usine Epitech de Dennemont, où l’un des treize réacteurs a pris feu, sans doute à cause d’une fuite d’hydrogène. Mais les systèmes de sécurité ont fonctionné (à part l’alarme !), et une dizaine de véhicules de pompiers – dont ceux de la cellule spécialisée en risques chimiques – se sont aussitôt rendus sur les lieux. Sur le parking de l’usine et dans la cour des bâtiments annexes, une cinquantaine de personnes, dont plusieurs en blouse blanche qui travaillaient dans les salles «blanches» des réacteurs (des endroits protégés de toute poussière pour fabriquer les composants électroniques) venaient d’être évacuées. Elles étaient rejointes par autant de salariés qui venaient de rentrer après le déjeuner.

«Ce n’est pas très rassurant, disait l’un d’eux, quand on voit ce qui s’est passé à Toulouse. Car il y a ici pas mal de gaz, de l’hydrogène, de l’azote, du trichlo et du chlorure d’hydrogène». Le stockage d’un peu plus de 50 m3 d’hydrogène est la raison pour laquelle l’entreprise est classée parmi les risques industriels. Et qu’elle sera d’ici la fin de l’année sur la liste des usines dites «Seveso». Mais si l’alarme n’a pas fonctionné, en revanche les opérateurs ont pu couper les circuits d’alimentation en gaz avant de sortir, et les pompiers ont fait le reste.

Une fuite d’hydrogène

«L’opérateur a vu une flamme à l’intérieur du réacteur 13 aux environs de 13 heures» explique Jean-Paul Husson, directeur général de Sumitomo Metal Epitech (SME) dont fait partie l’usine de Dennemont. «Il devait sans doute y avoir une petite fuite d’hydrogène», ajoute le patron, qui préfère jouer la transparence plutôt que de cacher quoi que ce soit qui puisse alimenter les fantasmes. «Les personnes présentes dans la salle du réacteur ont alors suivi les consignes : le responsable de l’équipe a coupé immédiatement toutes les alimentations en gaz, une opération qui dure quelques secondes, et tout le monde est sorti».

Un agent du service de sécurité a ensuite tenté d’intervenir avec un extincteur au dioxyde de carbone (CO2), «mais vu l’ampleur du feu, il s’est retiré» ajoute Jean-Paul Husson, «et il a laissé les pompiers intervenir. Ceux-ci ne pouvaient utiliser de lances à eau, à cause des nombreux circuits électriques présents dans la salle du réacteur, alors ils ont actionné des extincteurs à poudre». Résultat : le feu a pu être rapidement maîtrisé, mais l’opération a fait des dégâts. La salle ne souffrant pas la moindre poussière, on imagine ce que la poudre des extincteurs a pu provoquer comme dommages.

5 à 10 millions de dégâts

«Toute la partie électronique du réacteur est hors service» expliquait le directeur général devant l’usine, une demi-heure après le début de l’incendie et alors que les pompiers étaient encore sur place. «Le réacteur 13 est hors service, mais l’incendie ne devrait pas avoir touché les douze autres réacteurs. N’empêche qu’il devrait y en avoir pour 5 à 10 millions de francs de dégâts».

Le travail n’a pas pu reprendre mercredi à Epitech, car les flammes avaient endommagé l’alimentation en azote de l’usine. Mais la catastrophe a pu être évitée grâce au respect de la procédure par les opérateurs. Et au fait que les pompiers ont pu agir rapidement. L’un d’entre eux faisait tout de même remarquer : «en arrivant, on nous a dit «vous pouvez y aller sans problème, le feu n’est pas sur un réacteur». Or, quand on est arrivé à l’intérieur, on a tout de suite vu que c’était un réacteur qui brûlait». Par les temps qui courent, les pompiers ont quelques raisons de se méfier des risques. Même si on leur affirme qu’il n’y en a pas…




RECHERCHER SUR LE WEB
Google

Tous droits de reproduction réservés. Passez votre annonce sur le net 24h/24h.


Webmaster