En cas d’accident grave à l’usine Dunlopillo à Mantes-la-Jolie, ou chez SARP Industries à Limay, combien de morts ? Un rapport de 32 pages (1), daté d’avril 2000, que l’on télécharge au format PDF sur le site du Secrétariat permanent pour la prévention des pollutions industrielles (SPI) en vallée de Seine, fournit un pourcentage de pertes humaines, dans un certain périmètre et en fonction de certains “scénarios d’accidents”, pour les principaux “établissements industriels à risques” des Yvelines, et en particulier ceux classés “Seveso”.
En effet, comme à Toulouse, “certaines installations peuvent présenter un risque hors des limites de l’établissement”.
Le rapport définit pour chaque établissement “une première zone Z1 qui correspond à la zone dans laquelle un accident aurait des conséquences mortelles pour au moins 1% des (personnes) présentes”. Le rayon de cette zone - hors des limites de l’usine - serait de 48 mètres chez Dunlopillo en cas d’incendie du “stockage bloc de mousse Bât 58”. De 100 mètres en cas “d’épandage TDI proximité Bât 52”, qui provoquerait des émissions de vapeurs toxiques. Le “scénario majorant” envisagé pour Sarp Industries est des plus alarmants : dans un rayon de 400 mètres autour des installations, une personne sur cent, au moins, mourrait en cas de “nuage toxique HCN” (le rapport ne dit pas, hélas, ce qu’est un nuage toxique HCN). A Géovexin (Gargenville), en cas d’incendie ou explosion du stockage de propane souterrain, la Z1 (1% de morts au moins) aurait un rayon de 188 mètres, de 360 mètres s’il se produisait en outre des “projections”. Le SPI indique que pour Géovexin l’information du public a été “prise en compte dans la plaquette Elf Antar France”, ce qui ne réconfortera peut-être pas les riverains.
Une seconde zone appelée Z2 “correspond à la zone d’apparition d’effets irréversibles pour la santé ou de blessures sérieuses pour l’homme”. Elle est par exemple, chez Elf Antar (Gargenville), de 200 mètres en cas de “feu de cuvette”, de 330 mètres si un bac explose.
Si on en trouve encore le courage, on consultera sur le site de la DRIRE (Direction régionale de l’industrie, de la recherche et de l’environnement) la carte des établissements “Seveso” de l’Ile-de-France. On y aura confirmation que la SARP et Dunlopillo combinent le risque toxique et le risque d’incendie.
Les consignes à suivre en cas d’accident industriel se trouvent sur le site de la préfecture des Yvelines, qui consacre un dossier aux “risques majeurs”, définis dans le langage inimitable de l’administration comme la “confrontation d’aléas et d’enjeux qui, par leur combinaison, entraînent des conséquences graves”.
(1) “Bilan des actions de maîtrise des risques technologiques dans les établissements des Yvelines”, par la commission “risques” du SPI vallée de Seine.
http://www.drire-ile-de-france.fr/environnement/risqtech.htm
http://www.yvelines.pref.gouv.fr/ddrm.htm




