Courrier de Mantes
La Une du Courrier par e-mail
RSS
Le RER à Mantes en 2007
La ville sera à 60 minutes de Roissy
Le Courrier de Mantes
Publié le:  08 mars 2001

C’est signé. Le réseau RER va s’étendre à l’ouest de la région parisienne et devrait rallier, à l’horizon 2007, Achères et Mantes, via Epône, aux deux nouvelles gares Haussman-Saint-Lazare et Magenta (gare du Nord). Plus tard, ce réseau sera relié à la ligne qui rejoint l’aéroport de Roissy et l’interconnexion TGV Nord-Sud. Les nouveaux trains rapides, venant de Normandie, emprunteront les mêmes voies. Une info qui tombe à point nommé pour les maires de Mantes et Mantes-la-Ville, candidats à leur succession aux municipales de dimanche prochain.

Le 18 janvier dernier, les représentants du ministère des Transports, de la région Ile-de-France, des régions Haute et Basse-Normandie, la SNCF et Réseau ferré de France, (qui a en charge les voies) ont donc signé l’accord sur le projet de liaison ferroviaire rapide à l’ouest. Un projet, qui figurait d’ailleurs dans le contrat de plan Etat-région, du moins dans sa partie région parisienne.

Cette nouvelle ligne, empruntera, en partie les voies existantes du réseau SNCF et RER, mais il faudra en créer de nouvelles, pour permettre le passage des trains venant de province, et du RER, qui ralliera Mantes à Paris. Mais attention, il s’agira de trains de grande ligne, doté de nouveau matériel «que nous étudions actuellement, explique la SNCF, car il doit emprunter le réseau de la ligne E du RER». Quant à la liaison TGV Rouen-Lyon, qui s’arrête à Mantes, elle sera bien sûr maintenue.

“Quinze ans qu’on en parle”

«Cela fait quinze ans que l’on parle de l’arrivée du RER à Mantes» se réjouit Pierre Bédier, et c’est la première fois qu’on arrive à un commencement de réalisation». A peine baptisé à l’est de Paris, le projet Eole avait en effet été “enterré” à l’ouest et il a fallu négocier dur pour l’intégrer dans le plan Etat-Région. Le maire de Mantes, et conseiller régional, appuyé par Franck Borotra, président du conseil général des Yvelines, a d’ailleurs beaucoup poussé à la roue pour cela, n’hésitant pas à jouer sur l’abstension active du groupe RPR lors du vote du dernier contrat de plan...

Il a fallu, enfin, rallier au projet les régions Haute et Basse-Normandie, pour qui, l’établissement d’une liaison rapide, par train, avec l’Aéroport de Roissy était une nécessité. C’est pourquoi «on reprend le projet vers l’ouest, mais avec un système mixte entre grandes lignes et RER. On peut penser qu’en 2008, nous verrons la première rame RER arriver dans une gare de Mantes flambant neuve, puisqu’elle aura été refaite en 2002. Autant dire que c’est une excellente chose pour le développement de l’agglomération mantaise».

1ère étape : un tunnel

La première étape du projet, sera... parisienne. Il faudra en effet prolonger le tunnel de la ligne E du RER existant entre Magenta et Haussmann, jusqu’à Pont-Cardinet. Le carrefour ferroviaire de l’ouest, pour permettre la circulation des rames venant de Mantes.

Deuxième chantier, la construction d’une nouvelle voie entre Achères et Epône, sur un tracé qui n’est pas encore défini. Sera-t-il paralèlle aux voies existantes ou empruntera-t-il un nouveau chemin ? «Nous en sommes encore au stade des études, répond-t-on à la SNCF. Il y a encore un certain nombre d’étapes à franchir avant de présenter les différentes options qui seront soumises à concertation». Parmi les hypothèses, celle d’un nouveau tracé, qui passerait par la Maladrerie à Poissy, avant de rejoindre la ligne de la Grande ceinture.

Mantes à 1 h de Roissy

Du coup la gare d’Achères va prendre une nouvelle dimension. Elle se retrouvera en effet à la connexion entre la nouvelle liaison rapide, la ligne RER qui va vers Cergy-Pontoise et la future ligne de la grande ceinture qui reliera d’abord Saint-Germain-Saint-Mom-La Bretèche, puis Versailles, la ville nouvelle de Saint-Quentin, puis Massy, dans l’Essonne. Mais là encore, la SNCF reste prudente : «nous devons encore étudier les incidences des correspondances pour modifier les infrastructures de la gare d’Achères».

Un troisième chantier sera ouvert pour assurer la construction d’une quatrième voie entre Epône et Mantes, sur des emprises existantes. Les travaux s’achèveront sur la construction d’une liaison entre la gare de l’Est et l’aéroport de Roissy. Une liaison qui coûtera, à elle seule, quatre milliards de francs, financés par Aéroport de Paris, Réseau ferré de France et la SNCF.

«A terme, Mantes sera à une heure de Roissy, à une demi-heure de Cergy et à 45 minutes de Versailles» conclut Pierre Bédier. Ajoutons que les liaisons entre Saint-Germain et Mantes, peu aisées jusqu’ici en transports en commun (sauf en car), puisqu’il faut passer par Paris, ou Nanterre, avec un nouveau changement à Poissy, seront facilitées. Il en ira de même pour les liaisons avec Roissy, qui pourront se faire avec une seule correspondance à Achères.


Annette Peulvast : “Enfin du concret !”

La députée-maire de Mantes-la-Ville, conseillère régionale au moment des premières tractations entre les régions, se félicite “que l’on aboutisse à quelque chose d’un peu plus concret après dix ans de discussions. La collaboration efficace entre les conseils régionaux a permis que l’intérêt collectif prévale sur les centres d’intérêts divergents, notamment certaines communes qui voyaient le train leur passer sous le nez”. Ce projet “fait partie de ceux qui permettront de relancer le Mantois, avec le pôle universitaire et le développement des zones économiques”.


Pierre Bédier : “La ville va prendre de la valeur”

“La physionomie de Mantes va s’en trouver changée”. Une liaison rapide entre Mantes et Paris, c’est véritablement du pain béni pour un maire qui a fait du développement économique de la région mantaise, la clé de voûte de sa politique. “Les conséquences vont être considérables, dit-il. Comme cela s’est passé pour d’autres villes, reliées par le RER, la ville va prendre de la valeur”.

Ne risque-t-on pas d’assister à une explosion des opérations de promotion immobilière comme cela s’est justement vu ailleurs ? “Cela se maîtrise, répond-il. Nous avons impérativement besoin de rééquilibrer l’habitat, par de nouvelles constructions. Le projet du bord de Seine arrivera à point nommé, et cela ira de pair avec une réorganisation et la requalification du logement social. Mantes a été longtemps le lieu où l’on a concentré le logement social de la région parisienne. Aujourd’hui nous sommes à 50% de privé, 50% de logement social. L’objectif c’est d’arriver à 20%”.

Cette liaison aura aussi une influence sur l’emploi. “Cela nous rend beaucoup plus attractif pour les entreprises, mais aussi facilitera aux Mantais la recherche de travail en région parisienne. Le TGV et les liaisons rapides leur permettront d’être en contact avec d’autres bassins d’emplois... Cergy, Saint Quentin, Roissy et Saint-Denis, et même l’Essonne”.

Enfin, ajoute-il “nous aurons des liaisons fiables avec les réseaux urbains de Paris et les voyageurs éviteront l’engorgement du trafic des lignes de banlieue”.




RECHERCHER SUR LE WEB
Google

Tous droits de reproduction réservés. Passez votre annonce sur le net 24h/24h.


Webmaster