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STPM et FCI craignent pour leurs emplois
Le Courrier de Mantes
Publié le:  07 mars 2009
Page 6 

Les salariés de FCI en grève.

Rue des Closeaux, deux entreprises ont planté les piquets de grèves. Un conflit à durée indéterminée qui pourrait bien se durcir encore.

Des palettes, des vieux pneus, des bidons qui fument, les salariés des entreprises FCI et STPM situées toutes les deux rues des Closeaux font entendre leur voix.
Chez STPM qui fabrique des armatures de siège automobile pour Renault et Peugeot ainsi que des rayonnages de peinture, c’est le premier conflit depuis 40 ans. « 18 salariés sur les 28 que compte l’entreprise sont en grève » expliquent Xavier Joannic et Katia Heudes tous deux délégués du personnel. Au centre des revendications, l’annonce de huit licenciements alors « que le carnet de commande n’est pas en baisse ».

« Les salariés demandent des explications, mais la direction reste muette et refuse la négociation », ajoute Pascal Grandjean de l’union locale de la CGT. La semaine passée déjà les salariés ont manifesté devant les grilles de la sous-préfecture. « Nous avons interpellé le sous-préfet afin d’obtenir des explications », confient les délégués du personnel qui s’inquiètent pour leur avenir. « Comme par hasard, depuis que nous sommes en grève, les annonces de suppressions d’emplois sont passées de huit à quatre ! »
250 millions d'excédent
Une situation que les salariés ont du mal à comprendre. Du coup, le conflit se durcit surtout que le groupe auquel STPM appartient (Defta NDLR) fait des bénéfices. « L’excédent brut d’exploitation s’élève à 250 millions d’euros », précise Pascal Grandjean de la CGT. « Nous pensons qu’il est temps pour nous de nous diversifier. Nous aimerions aborder ces sujets avec le directeur qui refuse toute discussion », continu Xavier Joannic. Et d’annoncer une grève indéterminée jusqu’à l’obtention de la garantie du maintien de l’emploi.
175 salariés en grève chez FCI
A une centaine de mètres, l’ambiance chez FCI est encore plus tendue. Dans la cour de l’entreprise, le groupe de rock Trust et son célèbre « Antisocial » passe en boucle sur une sono de fortune. Sur les 400 employés que compte FCI, 170 sont en grève. L’entreprise qui fabrique des cartes à puce est menacée par des délocalisations. « C’est l’atelier fabrication qui est en grève », explique Eric Scheltienne le délégué syndical CGT.
La délocalisation inquiète
« En 2002, une table de contrôle final a été installée à Singapour. Aujourd’hui, nous constatons que ce site industriel est très performant et qu’avec moitié moins de salariés, ils produisent deux fois plus », continue Eric Scheltienne. Une situation qui effraie les salariés, d’autant que « depuis 2008, de plus en plus de commandes sont réalisées par Singapour ». Mais ce qui a véritablement mis le feu aux poudres, c’est le non-versement du solde de la prime qualité. « Elle s’élève à 1 500 euros. Une partie nous a été versée, mais parce que nous n’avons réalisé que 2 millions sur les 2,7 millions fixés par l’objectif, il y a des chances qu’on ne la voie jamais », explique le délégué syndical. « Nous ne sommes pas responsables de la répartition des commandes sur Singapour », ajoute Eric Scheltienne.

Si la direction de STPM reste fermée à toute négociation, celle de FCI accepte de discuter. Les revendications portent sur « la répartition aux 2/3 de l’activité sur le site de Mantes et 1/3 sur celui de Singapour, ce qui est le contraire aujourd’hui. D’autre part, nous souhaiterions obtenir une visibilité de la comptabilité de la division, ce que la direction nous refuse pour l’heure », précise le délégué syndical. Evidemment, le solde de la prime d’intéressement est vivement réclamée. Vue la stagnation du marché actuel et le sur-effectif présent sur le site de Mantes, les employés pensent se diriger vers un plan social qui leur semble inéluctable. « Notre souhait est de maintenir les 400 emplois au sein de cette entreprise. Mais si nous ne pouvons éviter un plan social, nous souhaitons que l’on nous garantisse des indemnités acceptables en cas de licenciement économique ».

Le soutien de la gauche
Chacun de leur côté, les conseillers municipaux Guillaume Quévarec, responsable du parti socialiste local et Marc Jammet du parti communiste ont rendu visite aux grévistes des deux entreprises. Guillaume Quévarec s’insurge contre la non-négociation décrétée par la direction de FCI, arguant que « la méthode du pourrissement systématique ne mène à rien. Il faut trouver des solutions ensemble ».
Quant à Marc Jammet, il soutient « les mouvements des salariés (…) qui agissent pour la sauvegarde et la pérennité de l’emploi industriel dans le Mantois ».




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