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Les sans-papiers libèrent les lieux
Le Courrier de Mantes
Publié le:  28 février 2009
Page 21 

Moussa Diallo, à gauche, président d'une association de Sénégalais des Mureaux et porte-parole du collectif au coté des sans-papiers.

Dans un climat serein, les 400 sans papiers ont mis fin ce week-end à trois semaines d’occupation de la maison de quartier Gérard-Philipe.

 L’action du collectif des sans-papiers des Yvelines menée aux Mureaux et la façon dont la mairie et les services de la préfecture ont traité le dossier pourraient faire école.
Estimant qu’ils avaient reçu des garanties nécessaires dans l’examen des dossiers de régularisation, les 400 sans-papiers installés à la maison de quartier Gérard Philipe depuis trois semaines ont mis leur occupation ce week-end. Dans un communiqué, le collectif « remercie la municipalité des Mureaux pour sa compréhension et l’aide matérielle apportée pour que leur action aboutisse. Il s’excuse de la gêne entraînée par l’occupation de la maison de quartier ».
Chaque dossier étudié au cas par cas
Présent tous les jours dès le lendemain de l’occupation, le sous-préfet de Mantes Thierry Hégay se félicite du « climat de confiance mutuelle » qui a pu s’instaurer. « Cette affaire se termine avec beaucoup de sérénité et de responsabilité de part et d’autre », affirme-t-il. Présente aux Mureaux mercredi pour une réunion de travail à la mairie, la préfète Anne Boquet a profité de sa venue pour se rendre elle-même sur place et rencontrer les occupants.
Aucune promesse de régularisation systématique n’a été faite. En revanche, la préfecture s’est engagée à étudier au cas par cas, et de façon humaine, chaque dossier en prenant en compte différents éléments, qui, pour le collectif, constituent des avancées.
Parmi les éléments qui satisfont le collectif figurent la prise en compte des feuilles de paye, la reconnaissance des familles avec enfants scolarisés, l’attention particulière qui sera accordée aux personnes qui ont un besoin impérieux de soins médicaux et qui ne peuvent pas être traitées dans leur pays d’origine. « Enfin, nous avons obtenu l’assurance que pendant toute la période d’examen des dossiers, les demandeurs pourront circuler sans être inquiétés, ajoute Moussa Diallo, président d’une association de Sénégalais des Mureaux et porte-parole des sans-papiers.
Trente-quatre dossiers sont à l’étude, une douzaine de régularisations sont assurées. Au total 391 dossiers seront examinés.
Le CEFY, Collectif Etrangers-Français en Yvelines, qui souligne la « forte intervention » de la municipalité estime, lui aussi, que l’action menée aux Mureaux et son dénouement constituent une évolution locale positive : « Ces derniers temps, on avait senti une série de grippages avec des délais supportables, des situations invraisemblables avec des personnes qui avaient des récépissés pendant trois ans sans jamais obtenir d’autorisation de travail. Aujourd’hui, nous avons des garanties nouvelles », conclut le syndicaliste CFDT Daniel Riechter, l’un des membres-fondateurs du CEFY.
Depuis lundi, les sans-papiers disposent d’une permanence trois jours par semaine, dans des locaux situés juste à côté de la Maison de la Justice et du Droit, boulevard Victor-Hugo. Une assemblée mensuelle se tiendra avec les représentants des différentes parties prenantes pour suivre régulièrement l’évolution des dossiers.




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