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Au centre Mata Gabin et Félicité Wouassi, à droite François Dupeyron. |
François Dupeyron, entouré des principaux acteurs d’ Aide-toi le ciel t’aidera, était présent au cinéma Frédéric-Dard, jeudi dernier, pour présenter son film (sortie le 26 novembre) en avant-première.
Un petit événement aux Mureaux, puisque la quasi-intégralité du long-métrage a été tournée dans les quartiers de la Vigne-Blanche et des Bougimonts, avec des figurants locaux.
Les figurants stars
Félicité Wouassi interprète le rôle principal de Sonia, mère de quatre enfants, débordée entre son fils dealer, une adolescente qui tombe enceinte, et le cadet casse-cou. Cerise sur le gâteau, le jour des noces de sa fille aînée, le mari décède. Sonia décide de ne pas faire de publicité autour de sa disparition, et avec l’aide de Claude Rich, son voisin octogénaire, enterre le corps du défunt dans la cave, en l’occurrence une cave de la Vigne Blanche. Il semble que personne, pas même les enfants, ne s’interroge vraiment sur l’absence prolongée du père, ce qui paraît assez peu probable, mais voilà pour les péripéties principales… Par la suite, au bénéfice de la disparition de l’époux assez peu aimant, Sonia, poussée par la très pétillante Mata Gabin (la coiffeuse), rencontre le véritable amour, une sorte de happy end. Une façon chrétienne de nous dire qu’on a raison d’espérer ?
À la mode de la tragicomédie italienne des années soixante-dix, François Dupeyron a voulu réaliser un film drôle sur les peines et les difficultés insolubles d’une famille ordinaire habitant une cité. Mais il n’a pas voulu faire un film social sur la cité, il s’en est expliqué. Or, son œuvre va colporter, dans au moins 150 salles, une image des banlieues qui paraît cependant peu crédible. La vie y est souvent plus tragique que ce qu’elle semble être dans Aide-toi le ciel t’aidera ! Ce fut aussi, après la projection, le sens de l’intervention du chanteur du groupe de rap la « Ouf Maffia » (un de ses titres figure sur la bande originale). Lorsqu’on connaît bien la vie des cités, on ne peut pas, comme lui, s’empêcher de tiquer un peu.
Le film met aussi exclusivement à l’avant-scène la population afro-française, est-ce un argument suffisant pour faire un bon film ? « Lorsque j’ai vu quel événement avait pris la présentation d’Harry Roselmack du journal télévisé de TF 1, je me suis demandé dans quel pays je vivais… », explique François Dupeyron pour justifier ce choix communautaire. Les figurants des Mureaux, eux, avaient bien reçu le message en août 2007, et avaient exprimé, durant le tournage, leur fierté de participer, en remarquant que la « communauté noire » de France est assez peu présente au cinéma, c’est vrai.
Jeudi, dans cette salle remplie des habitants de la Vigne Blanche et des quartiers des alentours, le plaisir était bien sûr de retrouver la conseillère municipale Dienaba Diop à l’écran dans le rôle d’une coiffeuse, ou Moussa Sako le président des Relais citoyens entrain de faire son tiercé au PMU des Bougimonts.
Notons que Félicité Wouassi, le premier rôle, a déjà reçu le prix d’interprétation féminine au festival de Tokyo. Le film a également remporté la mention spéciale du jury lors de sa présentation au festival de Rome.
Frédéric Antoine




