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Mantes-la-Ville. Frédéric Mallozzi : "Je démissionne"
Dans la lutte fratricide entre socialistes, l’adjoint au maire « humilié » renonce à son poste.
Le Courrier de Mantes
Publié le:  20 novembre 2008
Page 17 

Frédéric Mallozzi : "Jusqu'à ce jour, j'ai fait parti de la majorité malgré les socialistes.

Il n’aura gardé son siège d’adjoint que six mois. Le candidat divers gauche aux élections municipales de mars 2008, tête de liste de Changeons notre ville, adjoint du maire Monique Brochot (PS) privé de délégation, « rend son tablier », selon sa propre expression. Mais il reste conseiller municipal.

Le choix de Frédéric Mallozzi n’est pas vraiment une surprise dans le contexte de lutte fratricide entre socialistes. La guerre a démarré il y a plus d’un an, lors des primaires pour la désignation de la tête de liste du premier tour. Malgré les retrouvailles dans une liste d’union de second tour, les plaies ne se sont jamais refermées.
« Etiquette usurpée »
Au conseil municipal d’octobre, Frédéric Mallozzi devait être destitué de son poste d’adjoint. La délibération n’est pas passée, « mais j’ai pris ma décision à ce moment-là », s’explique l’intéressé : « C’était une humiliation inutile, vraiment pas agréable à vivre. » Les foudres de Frédéric Mallozzi s’abattent aujourd’hui sur un maire qu’il ne nomme jamais : « Elle m’avait prévenu : si on montait un groupe [dans la majorité], on verrait ce qu’on verrait. Sa légitimité, elle la tient du suffrage mais autant à une étiquette politique qui m’a été usurpée. Je rappelle qu’il y a plus d’un an, j’étais le candidat des socialistes », souligne l’adjoint démissionnaire. Une allusion aux primaires de septembre 2007, où les militants socialistes avaient désigné ce fabiusien pour conduire leur liste en mars 2008 avant que la fédération des Yvelines ne fasse annuler l’élection en brandissant une circulaire interne. Elle prévoit que seule une femme pouvait conduire une liste dans une ville précédemment dirigée par une femme du PS.
« Tout a été orchestré »
« Aujourd’hui, voir ceux qui m’ont combattu au niveau fédéral signer la motion de Martine Aubry, soutenue par Fabius, alors qu’ils me reprochaient d’être fabiusien, me fait doucement rire. Les convictions sont à géométrie selon les individus. Tout a été orchestré. J’étais persona non grata et ils ont préféré mettre Mantes-la-Ville en danger. Jusqu’à ce jour, j’ai fait parti de la majorité malgré eux »
A propos de Monique Brochot et des conditions de son élection, l’élu ajoute : « Elle a été sauvée par la disparition prématurée du représentant du Front national. Il est probable que le recours [d’annulation de l’élection] aurait pu aller au bout. »
Rappel des faits : Jean-Claude Varanne (FN), qui s’appuyait, disait-il, sur « une preuve », affirmait qu’un fichier d’adresses de la mairie avait été utilisé pour expédier un courrier aux domiciles des employés municipaux pendant la campagne électorale. Il avait déposé un recours en annulation quelques jours après le second tour mais le conseiller municipal frontiste est décédé d’une crise cardiaque un mois plus tard.
« Il est vraiment compliqué de travailler durablement avec cette majorité socialiste »,
estime Frédéric Mallozzi qui prend donc quelque peu ses distances.
La réattribution du poste d’adjoint est maintenant posée. Le groupe que préside son colistier André Alerte estime toujours avoir la « légitimité de revendiquer les deux postes d’adjoint attribués au lendemain des municipales sur la base des scores respectifs » obtenus au soir du premier tour. L’ancienne numéro 2 de la liste Colette Lavancier, adjointe chargée de la Culture, s’est aussi éloignée de ses colistiers pour devenir autonome.
Les socialistes et la Gauche citoyenne (PC, Verts, Alternatifs) auront-ils la même lecture politique pour la réattribution des postes d’adjoints ?
F. L.


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