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La municipalité met en œuvre aux Merisiers la « concertation » promise pendant la campagne électorale.
Il a été au cœur de l’incompréhension entre socialistes et communistes de l’ancienne mandature. Le principe de « concertation avec les habitants », promis par la nouvelle équipe, se met en place. Marie Fournier et Richard Dubsky, respectivement adjointe à la Démocratie participative et conseiller municipal chargé de la vie des quartiers, se sont saisis du projet de réaménagement des abords de l’école des Merisiers - troisième tranche du programme de restructuration du quartier - pour écouter ce que les riverains avaient à dire sur le sujet.
« Il y a peu de monde mais c’est une première », constate Marie Fournier en ouvrant la réunion, mercredi, au centre Augustin-Serre. Ils ne sont pas dix face à elle. Des retraités, des mères de familles, notamment. Un élu de l’opposition, aussi.
« Les habitants n’ont plus confiance en leurs élus, assure Céline, une mère de famille. Avant, quand on demandait quelque chose, c’était dans le vide. Il faudra du temps pour que la confiance revienne. »
« Demander plus pour avoir moins »
La conversation s’engage. « Pendant qu’on est là, lance une retraitée, est-ce qu’on pourrait avoir un banc rue des Merisiers ? Parce que quand on remonte du cimetière… » « Je note, ça paraît intéressant, mais ça sera le travail des conseils de quartiers », répond Marie Fournier. Richard Dubsky embraye, ravi qu’on évoque sa délégation : « Chaque conseil sera doté d’un budget, les gens seront donc plus impliqués. » « C’est pas tellement la mentalité d’ici, doute une retraitée. C’est plutôt chacun pour soi. Cela fait trente-huit ans que je suis aux Belles Lances. Il y avait une association de propriétaires avant. Dès qu’ils ont eu ce qu’ils voulaient, c’était terminé. »
L’adjointe à la démocratie participative ne se démonte pas et invite chacun à se rendre au pied de l’école primaire du quartier. En chemin, le petit groupe passe devant les restes fondus des poubelles qui ont brûlé la veille.
La pente, sévère, qui mène jusqu’à l’entrée de l’école fatigue les retraitées. Tout le monde s’accorde sur la nécessité d’implanter des bancs. « Et d’un abri pour nous protéger de la pluie aux heures de sortie des classes. On ne demande pas beaucoup. Mais je ne voudrais pas ruiner la mairie ! », éclate de rire la mère de famille. « On pourrait demander plus pour avoir un peu moins », suggère une autre. « L’important est de mettre les enfants en sécurité lorsqu’ils sortent de l’école. »
Les schémas du projet d’aménagement, qui concerneront aussi le centre commercial, sont distribués à chacun. On évoque la démolition de la barre des Belles Lances et du bar PMU Le Ventôse. En contre bas de l’établissement, un groupe de cinq ou six adolescents paraît s’ennuyer et observe la scène. L’un d’eux tape du poing et du pied dans un panneau de métal.
Les adultes poursuivent leur visite tandis que l’idée d’aménagement d’un petit square avec ses bancs et ses plantations se précise. Au pied de la barre de béton, un regard qui dépasse de la voie de bitume focalise l’attention générale. « Les enfants qui vont à l’école tombent dessus tous les jours. » Le cadre administratif qui assiste à la rencontre confirme qu’au titre de l’entretien de la voirie, le problème peut être réglé rapidement.
L’avenir de la foultitude de notes prises au cours de cette « concertation » ? « Les ateliers sur la circulation et sur le square vont se réunir une fois ou deux en juillet pour aller plus loin dans la réflexion, indique Marie Fournier. En septembre, on se réunira avec le programmiste. » « Et si des choses ne peuvent pas se faire, on le dira et on expliquera pourquoi », promet Richard Dubsky.
En tout état de cause, les travaux ne démarreront pas avant dix-huit mois, précisent les élus.




