Il était aux alentours de huit heures, samedi 21 juin dernier lorsque Jocelyne Millet a vu pénétrer dans sa librairie deux individus gantés et cagoulés. « L’un d’eux m’a braqué avec un long revolver en me demandant de lui donner la caisse et les jeux de la Française des jeux ». Le revolver sur la tempe, les deux individus demandent alors à Jocelyne Millet de lui ouvrir le coffre. « Je me suis exécutée sans discuter après quoi, ils m’ont demandé de m’enfermer dans les toilettes ». Encore visiblement choquée, la propriétaire de la librairie MJ Presse située en plein centre-ville de Limay a du mal à raconter l’épreuve qu’elle a vécu. « J’ai attendu qu’ils s’enfuient et puis je suis sortie en appelant au secours ».
Une fois la police et les pompiers sur place, la victime est emmenée à l’hôpital de Mantes-la-Jolie. Alors que l’enquête est en cours, ce sont plusieurs commerçants du centre qui entourent aujourd’hui Jocelyne Millet de toute leur compréhension. Isabelle Botte qui tient la parfumerie, Martine Fernandes du pressing ont toutes les deux connus des cambriolages, mais jamais avec une telle violence. « Je ne compte plus les fois où l’on a frappé dans ma vitrine à coups de pieds » explique Isabelle Botte. Alain Roblin le charcutier est le seul épargné pour l’instant.
Las de voir leur quartier « envahi par l’insécurité, nous réclamons une police municipale » « Je suis installée dans le centre-ville depuis une vingtaine d’années, et je suis triste de voir ce que devient Limay » tempête Isabelle Botte. « Le soir, nous avons peur de fermer seuls nos magasins, l’hiver, cet endroit ressemble à un véritable coupe-gorge » continue la gérante de la parfumerie. La police, les commerçants ne la veulent pas « pour écoper de contraventions, mais pour se sentir plus en sécurité. La municipalité a su mettre de l’argent dans la médiathèque, elle n’en aurait pas pour la protection de ses citoyens ? », précisent les commerçants de concert. Et de poursuivre : « On ne demande pas que des flics soient postés à tous les coins de rue, mais que des îlotiers soient au moins présents pour faire de la prévention ».
Reçus en mairie par Jacques Saint-Amaux, le premier magistrat de la ville a promis qu’un rendez-vous serait pris avec la sous-préfecture et la commissaire de Mantes-la-Jolie.
En attendant, ce sont 1 600 euros de frais qu’ont investis les Millet pour sécuriser un peu plus celle qui, il y a quelques jours s’est retrouvée avec un revolver braqué sur la tempe. « Nous faisons installer un système proche de celui que l’on retrouve dans les banques. C’est moi désormais qui commanderai l’ouverture de la porte » confie Jocelyne Millet




