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Le chantier du Monoprix a mis au jour un cimetière médiéval et les vestiges du prieuré Sainte-Marie Madeleine.
Le chantier du Monoprix a mis au jour un cimetière médiéval et les vestiges du prieuré Sainte-Marie Madeleine.
« On connaissait son existence par les textes mais on ne savait pas exactement à quel endroit il se situait », explique l’archéologue Jean-Claude Durand, de l’Institut national de recherche archéologique préventive (Inrap). En octobre dernier, un diagnostic avait été réalisé sur la demande de Pierre-Jean Trombetta, du ministère de la culture et également archéologue et élu de Meulan.
Dépéchée dans le cadre des fouilles préventives avant que ne démarrent les travaux du futur supermarché Monoprix, l’équipe réunie a donc découvert les restes de ce qui constituait le prieuré Sainte-Marie Madeleine.
« Le chantier se situant dans la partie médiévale de Mantes, nous étions alors à peu près certains de déceler quelque chose. D’autant que dans les années quarante, d’autres sépultures avaient déjà été dénichées. Nous pensons avoir retrouvé le mur de l’église et, peut-être, la croisée du transept avec un contrefort ».
Une majorité de femmes
Autour, le cimetière, composé d’un trentaine de sépultures en cours de dégagement, et des poteries datées du XIIIe-XIVe siècle ont également été révélés.
« Les poteries servaient d’encensoirs, précise Alain Visbecq, de l’Inrap, et étaient placées au-dessus des sarcophages. »
Quant au contenant de ces derniers, « notre anthropologue Isabelle Abadie doit d’abord étudier les squelettes plus précisément pour voir quel type de population était enterré ici, si c’étaient des moines ou bien des gens du bourg », reprend Jean-Claude Durand.
Une majorité de femmes composant les squelettes, on pencherait plutôt vers la seconde hypothèse
Plus intrigant, les scientifiques ont aussi déduit qu’une phase de démolition, de récupération des pierres, de reconstruction et de comblement des murs avait été réalisée au XVIe siècle.
« On ne voit pas à quoi elle correspond. On sait simplement qu’un couvent de soeurs bénédictines s’est installé peu après, au XVIIe et ont aménagé l’endroit en jardins notamment, ce qui voudrait dire que l’église n’était plus accessible à cette époque ».
Malgré la quantité des découvertes, le report des travaux n’est pour l’heure pas encore envisagé : « Nous avons prévu de creuser jusqu’au 15 septembre, sachant qu’on a aussi encore toute une partie à décaper derrière. On va devoir faire revenir un engin et on sait pas trop ce qu’on va trouver car on n’a pas pu la sonder auparavant ».
Le chercheur tient d’ailleurs à rappeler que le but de ces fouilles préventives est bien de ne pas retarder les travaux mais aussi de faire en sorte « qu’on ne loupe pas de découvertes futures par les terrassements qui vont se produire et de devoir revenir en catastrophe ».
Mur pas encore mûr
Cependant, du fait de la profondeur du chantier, d’autres trouvailles devraient être réalisées : « Les constructions se superposant dans les villes, on n’a souvent pas l’occasion de descendre aussi bas », précise Jean-Claude Durand.
Pour avoir confirmation des espoirs naissants, il suffit d’observer le grand mur de quatre mètres de haut « que nous ne pouvons identifier jusqu’à présent et qui a dévoilé une entrée voûtée et une galerie qui part dans le sous-sol. Mais un effondrement a bouché le chemin au bout de cinq mètres et l’on ne saurait dire ce qu’il renferme derrière, salles souterraines ou caves, et on va donc devoir refaire un terrassement général mécanisé assez important ».
Cette galerie creusée résidant dans les alluvions de la Seine, « on peut espérer que, étant donné sa situation, personne n’a pu récupérer les pierres de taille. Alors, si l’on met en évidence des salles ou des caves, elles devraient selon toute vraisemblance être conservés en bon état ».
Les chercheurs pourront de surcroît coupler les informations scientifiques tirées du chantier avec celles du prieuré Saint-Martin, déterré dans les années 80 et qui a existé a peu près à la même époque. « L’objet de l’archéologie est d’ailleurs de rattacher les parties à un ensemble. Si ce que nous avons sorti de terre possède une valeur historique pour nous, c’est plus par rapport à une comparaison avec d’autres sites ».
L’équipe a en tous cas récolté beaucoup de demandes de visites, qu’elle n’a pu contenter.
Une petite exposition a été mise en place dans l’école Marie Curie jouxtant le chantier.
Les enfants qui l’ont parcourue ont pu admirer « des épingles de linceul, des boucles de chaussures et quelques pièces de monnaie de toutes époques, commente Alain Visbecq. Cela va du napoléon trois au médiéval mais il demeure difficile pour nous de dater ces monnaies car il faut savoir que chaque ville frappait son propre argent ».
Cette même école Curie pourrait d’ailleurs payer le prix des poteries cassées. Le respect des délais pour la réouverture de l’école, prévue en 2009, selon la mairie, n'est pas remis en cause. Elle tient à faire savoir qu'elle informe d'ailleurs régulièrement les familles sur l'avancée des fouilles. Après l’épineux problème de sa fermeture provisoire, l'hôtel de ville ne souhaite pas voir l'établissement Curie refaire parler de lui.




