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Sanaa Alioui au tribunal, jeudi dernier. |
On se souvient de Sanaa Alioui et de son tempérament volcanique. Au printemps dernier, la présidente de Survivre, qui avait entrepris de squatter une dizaine d’appartements aux Musiciens et à la Vigne Blanche pour y loger des personnes en attente d’une attribution de HLM, avait été placée en garde à vue pour outrages à agent de police, c’était le 16 juin. Elle comparaissait jeudi dernier devant le tribunal correctionnel de Versailles.
Une quinzaine de ses soutiens occupait la salle des pas perdus, à l’heure du début des audiences. Certains d’entre eux venaient du quartier de la Vigne Blanche, notamment de l’association PLADJ (Pour l’avenir des jeunes), d’autres parmi les personnes présentes, membres du collectif contre les démolitions d’immeubles, assistaient aussi à l’audience. Le juge a qualifié les faits reprochés à Sanaa Alioui de « faits d’outrages par parole, portant atteinte à la dignité et au respect des policiers ».
Soutiens
« Vous ne ressemblez à rien dans vos déguisements stupides… Vous êtes des incompétents, des bons à rien, vous êtes payés à rien foutre, vous êtes des incapables ! » Ainsi Sanaa Alioui aurait-elle laissé aller son langage au commissariat de police des Mureaux, ce jour de juin, alors qu’elle accompagnait une des personnes relogées qui venait déposer une main courante.
C’est arrivé une dizaine de fois que la présidente d’association utilise ce subterfuge afin d’officialiser l’occupation d’un logement dont la porte avait été fracturée. Une démarche qui n’a pas vraiment été comprise par le juge, encore moins par le ministère public qui estime que la main courante « officialise plutôt la violation de domicile ».
Ce jour-là au commissariat la situation a dégénéré rapidement. Les policiers à l’accueil du commissariat ont refusé de recevoir Sanaa Alioui en même temps que la “squatteuse”. La première se serait alors imposée de force malgré le refus des policiers. À la barre, la femme en attente de logement à l’époque, habitant un appartement de l’allée Bizet aujourd’hui, a confirmé qu’elle ne voulait pas s’entretenir seule avec les policiers.
La présidente de Survivre avait ensuite tenté de déposer plainte, sans succès. Le ton et l’énervement montant de part et d’autre, elle s’était retrouvée placée en garde à vue.
Sur le procès-verbal, Sanaa Alioui a déclaré n’avoir jamais tenu de « propos outrageants », et a même ajouté : « Je fais toujours attention au langage que j’emploie ».
Jeudi dernier, tout au long de l’audience elle a nié les faits qui lui étaient reprochés. Elle a reconnu tout de même avoir qualifié le fonctionnaire de police d’« incompétent » parce qu’il ne voulait pas prendre sa plainte. « Son devoir était de prendre ma plainte », a-t-elle maintenu.
Le procureur, qui demandait une peine d’emprisonnement avec du sursis, a estimé que notre société avait « besoin de respect » mutuel, et que l’attitude de Sanaa Alioui était sanctionnable.
Le juge a finalement proposé une peine d’intérêt général à Sanaa Alioui, ce que la prévenue a refusé. Elle a donc été condamnée à payer une amende de 10 euros par jour pendant trente jours. À défaut, elle devra purger une peine de quinze jours de prison ferme. « J’ai été sanctionné pour une faute que je n’ai pas commise… Cette peine vise à entraver l’action de mon association », a-t-elle dénoncé au sortir du tribunal. La présidente de Survivre fera appel du jugement.




