Les facteurs sont en colère. C’est l’annonce du lancement de procédures de licenciements à l’encontre de trois facteurs appartenant au centre de Limay qui a mis le feu aux poudres.
Mercredi dernier, l’union locale de la CGT a tenu le siège et manifesté son mécontentement devant l’entrée du bureau de poste de la commune.
« Depuis les restructurations du mois de juin, les tournées ont été recalculées, mais tout un tas de paramètres n’ont pas été pris en compte, explique l’un des facteurs manifestants. Du coup, certains facteurs travaillent 40 heures et ne sont payés que 38 heures quand d’autres travaillent 35 heures en étant payé 38. » En guise de protestation, et après avoir longtemps cumulé des heures supplémentaires non payées sans jamais rien réclamer, trois facteurs ont décidé de ne pas travailler « plus pour gagner moins ». « En guise de protestation, nous avons décidé de ne pas dépasser le temps de tournée. Alors, forcément, comme le temps n’est pas bien calculé, nous ramenions régulièrement des colis qui n’avaient pas été distribués. explique Aurélien Lecat, un des facteurs. Je me suis donc vu attribuer des blâmes, jusqu’à ce que la procédure de licenciement soit lancée. »
Résultat : sur les trois procédures en cours, une a déjà vu le licenciement de Mustafa Oubthi. Pour Aurélien Lecat, l’entretien préalable au licenciement a eu lieu jeudi dernier. Un entretien qui « s’est bien passé. La direction m’a surtout reproché de ne pas terminer ma tournée et de prendre du retard dans la distribution du courrier ».
Soutien
Mercredi matin, l’union locale de la CGT a montré tout son soutien aux postiers menacés de perdre leur emploi. « Ces licenciements sont sans aucun fondement » a pesté Christian Canoville, le secrétaire adjoint de l’union mantaise. Sur place, la cinquantaine de syndiqués présents a attiré l’attention des clients de La Poste en leur soumettant une pétition qu’ils ont souvent signée bien volontiers. Les employés de La Poste peuvent également compter sur le soutien de Jacques Saint-Amaux, le maire, qui s’est déjà battu pour ce bureau de poste.
« Pendant un temps, on voulait nous rattacher à Mantes, explique le premier magistrat de la ville. J’ai fait en sorte que nous conservions une poste de plein exercice. Un tel service est un plus non négligeable, notamment pour les entreprises qui veulent s’installer. Je suis allé soutenir les grévistes dès 7 h 30, et je compte bien m’adresser à la direction départementale pour essayer de faire avancer les choses », a confié Jacques Saint-Amaux.
Il n’empêche que, pour l’heure, la situation semble stagner. Après le premier licenciement effectif de Mustafa Oubthi, ceux des deux autres facteurs pourraient bien intervenir dans les jours prochains.
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