Le moins que l’on puisse dire c’est qu’il en impose, Derka. Physique de boxeur et look de rappeur. Mais ce rappeur-là aime la littérature, la danse des mots. Il aime la variété française et ne se prend pas la tête. Son clip diffusé sur Dailymotion en atteste : Intitulé « Demain j’arrête », il s’agit d’une moquerie sur la cigarette : « A 15 ans, je sortais déjà la fumée de mon nez / Une boulette / je crois que je viens de faire une boulette / j’ai pas pensé à ma santé / je n’arrête pas de m’endetter / mais j’vous assure, demain j’arrête. »
Quand on l’écoute, on ne peut s’empêcher de penser à Kamini et à son célèbre « Marly-Gomont ». Derka est l’un de ces rappeurs qui ne se prennent pas au sérieux : « Je n’aime pas le communautarisme musical. Pourquoi un rappeur devrait parler des banlieues ? Moi, j’écris sur la vie quotidienne, les tracas du citoyen lambda, les relations amoureuses. » C’est à l’âge de 13 ans qu’il s’intéresse au rap par le biais de la poésie. Poésie qu’il met peu à peu en rythme.
Merci Dailymotion
Il met son clip sur Dailymotion, de 3 000 connexions il passe à plus de 130 000 et EMI l’appelle. Le bout du tunnel n’est pas loin. Le single sortira à la fin du mois. Sa carrière est lancée. Reste à convaincre l’auditeur. Il travaille dur pour ça et a déjà la connaissance de la scène et des concerts en première partie de Tété et Bob Sinclar à l’Olympia et à l’Élysée Montmartre, un concert en hommage à Ingrid Betancourt il y a quelques mois. Il ne se prend pas la tête, Derka : « De toute façon, si ça ne marche pas, je continuerai quand même à faire de la musique », sourit-il. Il cherche à toucher tout le monde. De la musique, du rap pour tous. Loin du rappeur bling-bling, il préfère jouer sur l’humour, la légèreté, la dérision. Divertir le public tout en faisant passer des messages. Sur la vie, le quotidien, la clope. Demain j’arrête ? Lui, commence…
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