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Jacques Hébert : « J’ai des ambitions commerciales mais pas politiques. » |
Fermé sans préavis en octobre 2006, le complexe sportif privé est resté depuis cette date à l’abandon, en quête d’un repreneur.
Jacques Hébert, 53 ans, patron d’une dizaine de sociétés de la région, dont Fermatic à Guitrancourt, a visité les locaux de l’avenue de l’Europe au printemps.
« D’après ce qu’on m’avait dit, l’endroit avait connu plusieurs échecs commerciaux, mais j’ai pensé “il y a quelque chose à faire”. Mon premier regard a été positif. J’ai été impressionné par l’immensité des surfaces intérieures et surpris par l’état d’abandon de l’extérieur. »
Imbroglio
Le propriétaire des lieux et son acquéreur potentiel décident de se revoir, « mais j’ai demandé à ce que le site soit sorti de l’imbroglio juridique dans lequel il était, avec ses baux croisés à deux ou trois sociétés. »
C’est chose faite en juillet dernier. Jacques Hébert signe le compromis de vente qui doit se concrétiser par une vente ferme en décembre. La transaction avoisine les 2 millions d’euros. Dans la foulée, il fait assurer les Mongazons contre l’incendie et entame des travaux de ménage de première urgence.
Son projet ? Un salon d’exposition permanente sur 5 000 m2, destiné aux entreprises. « Ce concept peut être intéressant pour des petites sociétés installées dans des zones franches, enfermées dans des locaux et qui ne disposent pas de vitrines de leurs produits. Je pense à des baux de location de huit jours à un an maximum. La hauteur importante du bâtiment permet d’exposer de grands véhicules comme les tracteurs, mais aussi, pourquoi pas, des maisons. »
Une chaîne nationale de restauration pourrait s’adjoindreau projet et offrir ses services aux clients des espaces de séminaires envisagés en rez-de-chaussée ou dans les salles du premier étage.
Par ailleurs, Jacques Hébert songe aussi à une activité bien-être inspirée d’un concept espagnol : « Il s’agit d’un parcours individuel de jets d’eau, de massage notamment qui se termine par une séance de spa. »
Enfin, l’acquéreur projette de créer une salle polyvalente équipée d’une tribune qui pourrait aussi bien être utilisée comme salle de spectacle ou pour du football en salle.
Ambitions
Voilà pour les grandes lignes de cette reconversion de l’équipement sportif dont les investissements se monteraient à 4 millions d’euros selon les estimations du chef d’entreprise.
Des premières déconvenues sont apparues peu après la signature du compromis de vente, l’été dernier.
« Le bâtiment a connu une succession de vols par effraction, raconte-t-il. Ce sont surtout les matériaux de cuivre. Les câbles électriques ont carrément été arrachés des murs. Un groupe électrogène a aussi disparu. Il y a pour environ 500 000 euros de dégâts. »
Dernier agacement en date : le certificat d’urbanisme, nécessaire à la signature de l’acte de vente, initialement prévu en décembre, qui n’arrive pas.
« Le propriétaire en a demandé un il y a six mois. Je me suis moi-même adressé à la mairie qui m’a demandé de me tourner vers la communauté d’agglomération où on m’a dit que je devais me tourner vers la DDE. Entre-temps, j’ai appris que les Mongazons sont situés dans le périmètre de l’opération d’intérêt national. Je suis sans nouvelle du maire de Magnanville à qui j’ai écrit au mois d’août, ni du président de la Camy. Je ne suis pas paranoïaque, mais j’ai l’impression de déranger. J’ai des ambitions commerciales, sportives, mais pas politiques », précise-t-il.
Joint par téléphone lundi, André Sylvestre juge intéressante la reprise du site, « à partir du moment où il est remis en valeur ». Les élus entendent bien rencontrer Jacques Hébert, confirme le maire de Magnanville.
L’État n’interviendra pas
Selon l’établissement public d’aménagement (Epamsa), le site des Mongazons, s’il se trouve bien dans le périmètre juridique de l’opération d’intérêt national, n’est « a priori pas » dans une zone d’intervention. En clair, l’État ne devrait pas trouver à redire sur cette transaction privée.
Le certificat d’urbanisme doit bien être délivré par la DDE, dit-on encore rue de Champagne, à Mantes-la-Jolie.






