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La nouvelle voie de la Mauldre verra-t-elle le jour ?
L’association pour la protection des sites de Maule et de la vallée de la Mauldre, associée à Jade (Jonction des associations de défense de l’environnement), organisait une réunion d’information à la salle des fêtes des deux scènes, vendredi dernier, à trois jours de l’ouverture d’une enquête publique déterminante pour l’avenir de la vallée de la Mauldre.
Le Courrier de Mantes
Publié le:  17 octobre 2007
Page 36 

Beaucoup de monde à la salle des Deux-Scènes, vendredi soir.

Depuis maintenant deux ans, les associations de défense de l’environnement des Yvelines et les agriculteurs se battent contre le projet de Voie nouvelle de la Mauldre rebaptisé « Liaison Saint-Quentin Seine-Aval ». Ils ne veulent pas d’une route qui « détruirait des espaces naturels » et qui « aurait vocation à canaliser un trafic international du nord au sud de l’Ile-de-France ». Ils dénoncent la méthode du « saucissonnage » de projets routiers dans l’Ouest des Yvelines, qui, mis bout à bout, constituent, selon eux, la quatrième rocade d’Ile-de-France. En revanche, ils défendent le projet de déviations locales visant à délester le trafic sur la D191. Ces déviations sont inscrites au nouveau Schéma directeur de la région Ile-de-France, mais le nouveau Sdrif n’est pas encore validé. L’enquête publique est ouverte depuis le 15 octobre.

« L’État est contre… »

« L’État est contre, le conseil général des Yvelines et le conseil général des Hauts-de-Seine sont contre, il va falloir défendre ce schéma directeur ! », lançait Marc Raymond, l’autre soir, au public attentif.

La voie nouvelle de la vallée de la Mauldre a été relancée en 2005 puis inscrite au schéma de déplacement des Yvelines. Mais selon les associations de défense de l’environnement des Yvelines, ce projet est bien plus ancien.

En effet, on parle de cette voie rapide traversant la vallée de la Mauldre depuis 1976. Il y a trente ans, cette liaison routière inscrite au Sdaurif (actuel schéma directeur de la région Ile-de-France), on la nommait A88. Ce projet a été annulé en 1983, puis réinscrit au Sdrif de 1994, lequel fait foi tant que le nouveau Sdrif n’a pas été adopté.

« Renseignements pris, il semble que les études de la direction des routes des Yvelines sont déjà très avancées (le conseil général qui mise sur le rejet du Sdrif, pourrait financer la totalité de la liaison Saint-Quentin Seine-Aval, soit débourser 360 millions d’euros, NDLR). Nous avons vu les documents, la route passerait au-dessus de Nézel par un viaduc de 380 mètres de haut, et un autre de 760 mètres de haut au niveau de Beynes », révélait aussi Marc Raymond.

Soulignons que depuis la déclaration de l’opération d’intérêt national Mantois (OIN) Seine-Aval, le projet routier a pris une dimension stratégique. En effet, le schéma de déplacement des Yvelines de 2007 précise que la réalisation de la liaison Seine-Aval Saint-Quentin-en-Yvelines entre l’A13 et la N12 est « une condition essentielle » de la réussite de l’OIN. Une précision au détour d’un rapport qui fait bondir Jade et ses partenaires : « Si l’OIN se casse la figure, ça sera donc de notre faute ! » Les associations vont même jusqu’à démontrer que le projet véritable serait de relier les deux OIN des Yvelines (une deuxième OIN est prévue à Saclay). On serait alors en effet loin de se préoccuper des seuls intérêts des habitants de la vallée de la Mauldre subissant un trafic de 10 000 véhicules par jour, en créant une liaison rapide allant de Mantes à Palaiseau. La circulation sera alors multipliée par cinq, arrivée du côté de la Mauldre !

L’enquête publique sur le Sdrif, où sont inscrites les déviations locales de la D191, débute. Les Yvelinois sont invités à donner leur avis. Le rejet du nouveau schéma directeur entraînerait probablement le retour de la route à quatre voies… ce vieux serpent de mer.

Repères

• 1976 : Le projet de route est prévu sous forme d’une quatre voies au départ de l’A 13 jusqu’à l’A 12 après avoir coupé la RN 12 aux alentours de Jouars-Pontchartrain. On parlait déjà du prolongement de l’A 12 et du renforcement de l’A 11.

• 1983 : Le projet renaît sous une autre forme, la « voie Nord-Sud » (forme autoroutière) s’arrête à la N 12. Le projet est abandonné ensuite.

• 1994 : Le projet de voie nouvelle est présenté comme une déviation locale à partir de 1993 pour améliorer la circulation sur la D 191 entre Epône et la N 12. Le projet prévoit le passage de la route sur le plateau jusqu’à Jouars-Pontchartrain et les Essarts.


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