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Outre le renforcement des liaisons de pôle à pôle (ici l'express A14-la Défense), le département veut aussi créer une ligne Mantes-Versailles. |
Les élus du conseil général ont adopté vendredi le schéma des déplacements des Yvelines (SDY). On y trouve l’ensemble des projets que le département soutient ou aimerait mettre en route pour améliorer la circulation dans les Yvelines, sur la route et sur les rails. Dans le meilleur des mondes, tous les projets doivent aboutir d’ici 2020. Mais le département est bien sûr dépendant de la volonté de ses partenaires financeurs, l’État et la région notamment, dans la plupart des dossiers.
Le SDY est donc, pour résumer, une contre-proposition au SDRIF (schéma des déplacements de la région Ile-de-France) et au projet de contrat de projets Etat-région qui, selon le département, ne répondent pas « aux besoins exprimés par les Yvelinois » et où « les projets routiers sont très souvent écartés, voire refusés, au bénéfice de projets de transports en commun dont les financements ne pourront pas pour autant être assurés dans la période d’application du SDRIF. » Le département se dit prêt à mettre l’argent nécessaire à la réalisation du SDY mais il a besoin que ses partenaires le suivent.
Les routes
Dans un territoire marqué par une forte mobilité (3,65 déplacements par jour et par personne contre 3,5 pour l’Ile-de-France), qui évolue vers plus de déplacements internes et où l’on trouve de plus en plus de voitures, le conseil général entend « renforcer le maillage régional par le bouclage des grandes infrastructures routières dans l’ouest de l’Ile-de-France ; renforcer les transports en communs routiers, notamment pour améliorer les échanges entre les grands pôles économiques et urbains ; améliorer l’offre et la qualité de service sur l’ensemble des lignes du réseau ferré francilien ; développer l’éco-mobilité. »
Pour atteindre ces objectifs, le président du conseil général a avancé un argument de poids qui a peut-être permis de convaincre les sceptiques : « Vouloir construire 7 000 logements par an d’ici 2008, alors qu’on est actuellement à moins de 4000, nécessite de se préoccuper des déplacements des habitants. Nous avons besoin d’infrastructures pour améliorer les déplacements et elles ne pourront pas toutes être ferroviaires. Si nous n’avançons pas, il faudra ralentir la construction de logements. Ce n’est pas du chantage, mais on n’y arrivera pas autrement. »
Le SDY est donc un document qui va permettre de négocier avec la région et l’État le financement de 39 opérations pour améliorer le réseau des autoroutes et des routes nationales et les infrastructures qui vont avec (voir encadré).
Les trains
Toujours en se basant sur le résultat du forum de consultation réalisé sur Internet en janvier, et qui concernait le SDADEY (schéma départemental d’aménagement pour un développement équilibré des Yvelines), le conseil général veut répondre aux attentes des Yvelinois en matière de transports ferroviaires : plus d’amplitude et de fréquences, plus de trains directs, plus de qualité et de confort. Le département veut surtout que la région, principal décisionnaire dans ce domaine, revoit sa position actuelle qui « privilégie la desserte de la proche Couronne au détriment de la Grande Couronne. » « Réorganiser les liaisons radiales RER et Transilien » et « créer des liaisons de rocade », de banlieue à banlieue sont les priorités du conseil général qui fait, là encore, la liste des projets en cours ou à l’étude (voir encadré).
Des bus
entre Mantes
et Versailles
« Là où les trains ne sont pas, il faut développer des bus. Là où les bus ne peuvent pas aller, il faut développer des transports en commun à la demande. » C’est la solution préconisée pour développer le réseau de transports en communs routiers. Le département entend surtout améliorer les liaisons entre les quartiers résidentiels et les pôles d’emplois, d’équipements et de services (Saint-Quentin, Versailles, Vélizy, Poissy, Conflans, Mantes, Les Mureaux, Saint-Germain, Sartrouville, La Défense, Cergy) en renforçant le réseau Mobilien et en créant les lignes Mantes-Versailles et Conflans-Versailles. « C’est une base pour négocier avec le STIF. Nous sommes prêts à mettre 15 M € pour que ce projet aboutisse », a précisé Pierre Bédier.
« Devenir un éco-département exemplaire » est le dernier point de ce rapport – « de la dentelle » dixit Christine Boutin - sur les déplacements. Le département veut, entre autres, encourager l’éco-mobilité, financer l’aménagement de circulations douces, favoriser l’acquisition de véhicules propres par les communes et tester et lancer le covoiturage (pour les agents départementaux dans un premier temps).
Mis au débat, le rapport et les solutions préconisées ont suscité quelques inquiétudes dans les rangs du groupe communiste, qui s’est abstenu, et qui craint que l’État « n’apporte pas la contribution nécessaire » - et du groupe socialiste, qui a voté pour, mais aimerait éviter un « décalage considérable » entre le développement du transport ferroviaire et la route. « Le train est le seul moyen d’avoir un jour une véritable alternative à la voiture », a déclaré Alain Esnol, le maire de Conflans. Au passage, ce dernier a demandé la position du conseil général sur le bouclage de la Francilienne, toujours sujet à débat entre les politiques. « Nous sommes prêts à vous accompagner financièrement pour réduire les nuisances », a répondu Pierre Bédier.
Dans la majorité, les élus ont défendu leur territoire, à l’image de Christine Boutin (Rambouillet) qui a jugé insuffisante l’offre de transports en commun proposée sur Rambouillet, Ablis et Houdan, un territoire où les enjeux économiques sont moins importants qu’à Mantes ou Saint-Quentin.
Les projets routiers
Pour le Mantois, les projets routiers concernent la liaison entre l’A13 et la RN 12, pour mettre en relation le territoire de l’opération d’intérêt national Seine-Aval et l’agglomération de Saint-Quentin.
Ce projet de déviation de la Vallée de la Mauldre suscite l’inquiétude de la vice-présidente du conseil général, Christine Boutin (UMP), qui s’est abstenue lors du vote. Pierre Bédier lui a répondu qu’il n’était « pas possible de la faire passer ailleurs que sur le plateau » et qu’il était « convaincu » qu’une 2x2 voies était nécessaire mais « prêt à imaginer une 2x1 voie avec les réserves foncières nécessaires pour la faire évoluer ensuite. » Quoiqu’il en soit, le rapport précise qu’il ne s’agit « en aucun cas » d’une « 4e rocade de l’agglomération parisienne. »
En même temps que la liaison avec le sud, le Mantois aura aussi droit à une liaison avec le nord et l’agglomération de Cergy-Pontoise et, au-delà, l’aéroport de Roissy. Le C13-F13 doit permettre de détourner le trafic, surtout les poids lourds, de la RD190, de la RD922 et de la RD28.
Transports ferroviaires
Poursuivre et renforcer l’amélioration de la liaison rapide Normandie-Vallée de la Seine (nouveau cadencement et plus de capacité.
Un plan d’urgence pour moderniser l’ensemble des liaisons SNCF pour améliorer la régularité et la ponctualité des trains.
Prolonger la tangentielle ouest à Saint-Germain RER et à Saint-Cyr RER en n’obérant pas la possibilité du prolongement vers Cergy, au nord, et St-Quentin-Versailles, au sud.
Réaliser la tangentielle nord de Sartrouville à Noisy-le-Sec et la tangentielle sud de Versailles à Évry.




