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Quatre tamarins pinchés volés au zoo
Le 26 janvier quatre tamarins pinchés ont été dérobés dans leur enclos. La rareté de ce petit singe de Colombie fait dire au comte de La Panouse, propriétaire du zoo, que ce genre de vol alimente le trafic. L’un des quatre a été retrouvé mort une semaine plus tard dans le jardin d’un particulier.
Le Courrier de Mantes
Publié le:  07 février 2007
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Le tamarin est un animal extrêmement fragile, qui demande des soins particuliers.

Les soigneurs du parc de Thoiry se sont aperçus de la disparition lors de leur visite quotidienne et matinale. Jeudi 26 janvier, quatre petits singes ont été volés dans leur enclos dont la porte a été forcée. Il s’agit de tamarins pinchés, une espèce originaire du nord de la Colombie, protégée par l’annexe 1 de la convention de Washington.

« C’est une espèce très rare, souligne le comte Paul de La Panouse. Ce sont quatre années de mises en l’air. Nous avions réussi la délicate opération de reconstituer un groupe familial de cinq individus. Séparés, ils vont certainement mourir. D’autant plus qu’ils sont d’une fragilité extrême, tant dans leur alimentation que dans leur cadre de vie ou les soins médicaux. »

Les grands trafics suspectés

Pour le propriétaire de la réserve, la colère se mêle à l’indignation. « Personne n’a le droit d’avoir ces petits singes chez soi. Ne pas le dénoncer revient à une non-assistance à espèce en danger. » Le comte de la Panouse ne croit pas si bien dire : le 1er février un habitant de Saint-Germain-de-la-Grange (près de Beynes) a alerté les gendarmes : il venait de découvrir l’un des tamarins mort dans son jardin.

Pour l’heure, les gendarmes semblent disposer de peu d’éléments pour retrouver le ou les auteurs de ce vol. Qui plus est, la disparition pourrait prendre une tout autre dimension, comme le précise le comte. « C’est un petit ruisseau qui rejoint les grandes rivières des trafics de grande envergure. Ceux des animaleries qui vendent sous le manteau des espèces rares, ceux des gens qui se fichent du mal qu’ils font. » Ce n’est pas la première fois que la réserve africaine de Thoiry est victime de vols de ce type. En juin 2004, trois ouistitis pygmées avaient été kidnappés. Deux mois plus tard, ce sont deux autres ouistitis qui avaient disparu de leur local de transit. Ces animaux rares se monnaient à prix d’or sur les marchés parallèles. Dans le cas des quatre tamarins pinchés, leur valeur peut atteindre jusqu’à 4 000 euros.

F.D.

Le vicomte de La Panouse : « Il faut que les particuliers cessent d’en acheter »

Le vicomte Edmond de La Panouse tient à préciser un message essentiel concernant la disparition, ou plutôt le vol des quatre singes du zoo. « Tant que les gens seront prêts à en acheter, les trafiquants continueront d’en voler et de les revendre », martèle le jeune vicomte. En effet, il semblerait que la piste des trafiquants soit privilégiée. « Ils connaissent bien les zoos, continue-t-il. Ils savent comment ça se passe. Ils viennent repérer les lieux. Et puis, ils reviennent kidnapper les animaux ». Edmond de La Panouse se plaint des « nombreux sites Internet sur lequel on peut acheter ces animaux. Si vous tapez « vente d’animaux rares ou exotiques » sur un moteur de recherche, vous verrez apparaître de nombreux sites qui vous les proposent très chers ».

Ces singes ne peuvent survivre sans soins attentionnés donnés par les soigneurs et les vétérinaires. Vouloir les nourrir ou les élever soi-même, c’est les condamner à mort. Selon le jeune vicomte, c’est « toute la chaîne biologique qui s’en trouve atteinte ».

A. H.


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