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François Garay et Philippe Tautou. |
Une fois de plus dans ce dossier, le diktat de l’État a primé sur la concertation. C’est en tout cas l’avis de François Garay et de Philippe Tautou, maires des Mureaux et de Verneuil-sur-Seine, qui travaillent depuis plus d’un an à reprendre dans de bonnes conditions l’aérodrome de 100 ha dont les terrains sont situés sur les deux communes (60 ha aux Mureaux, 40 ha à Verneuil).
Début 2006, les deux villes ont fait valoir en conseil municipal leur volonté d’en acquérir conjointement la propriété, l’aménagement, l’entretien et la gestion, depuis que l’État a décidé de transférer aux collectivités locales la majeure partie de ses aérodromes civils (loi sur les libertés et responsabilités locales du 13 août 2004).
Des problèmes de sécurité…
Seulement voilà, après plusieurs réunions et un inventaire des bâtiments, les deux villes pointent du doigt plusieurs problèmes. « Depuis quelques années, l’État n’a réalisé qu’une petite maintenance sur l’aérodrome, dénonce François Garay. Il y a des problèmes de sécurité, de produits chimiques… Bref, des choses à remettre en état voire aux normes. » En ligne de mire, des charpentes métalliques qui doivent être traitées, des parties de bâtiments à restaurer, des installations électriques et un dispositif anti-incendie à remettre aux normes.
Tous ces points ont été portés à la connaissance des services de l’État et de la DGAC (Direction générale de l’aviation civile)… en vain. « Nous avons posé des questions précises pendant un an et elles sont toujours sans réponse, regrette Philippe Tautou. Nous avons l’impression que l’État, pressé de réaliser le transfert, s’est contenté de jouer la montre. » Au point d’imposer finalement Les Mureaux au détriment de Verneuil-sur-Seine. De son côté, la DGAC a fixé le 1er mars comme nouvelle date butoir aux deux villes pour l’éventuelle création de leur syndicat intercommunal.
et de financements
On ne se dirige toutefois pas vers ce “happy end”. Outre les questions de sécurité, François Garay et Philippe Tautou estiment que la dotation financière proposée (98 312 euros) n’est pas à la hauteur des frais que supportera à terme le syndicat. Les deux maires réclament 176 312 euros au regard notamment du coût des assurances, des impôts et de l’entretien de la piste.
« Il y a beaucoup de mépris dans tout cela, lâche François Garay. Tondre la plus longue piste en herbe, entretenir les balises, gérer les 20 000 flux par an… Tout cela a un coût. Philippe et moi ne serons pas dans la tour de contrôle. L’État est un peu cavalier sur cette cession. »
Pour se faire épauler financièrement, François Garay espère le ralliement au syndicat d’une autre collectivité territoriale, assurant que « le tour de table n’est pas fermé ». Un appel du pied à la région Ile-de-France, toujours muette malgré une lettre envoyée par le maire en janvier 2006.
Les maires vont contre-attaquer
Inflexibles, les deux maires qui souhaitent créer ce syndicat mixte vont demander un rendez-vous avec le préfet de région pour clarifier la situation. « Nous ne souhaitons pas un conflit mais je pense que la décision du préfet n’est pas inattaquable », déclare Philippe Tautou, bientôt rejoint par François Garay : « Et si nous n’obtenons pas satisfaction auprès du préfet, nous taperons plus haut. »
Gaël Nivollet




