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L’inquiétude des riverains se déverse sur les terres du projet hôtelier de la réserve animalière
Voici plusieurs mois, le parc de Thoiry a lancé un vaste projet de construction hôtelière. Aujourd’hui, certains habitants de la commune voisine s’inquiètent du déversement de plusieurs milliers de tonnes de terre.
Le Courrier de Mantes
Publié le:  24 janvier 2007
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Chaque jour, ce sont près de 400 camions qui se rendent sur le site.

Un hôtel au milieu de la savane, sur des collines artificielles. C’est l’idée qui a poussé Paul de La Panouse à exploiter des terrains lui appartenant, à cheval sur Thoiry et Villiers-le-Mahieu. Pour cela, il profite du creusement du tunnel de l’A86 pour récupérer de la terre et créer dans le paysage des collines. Quotidiennement, des centaines de camions font le va-et-vient entre le chantier et le parc pour y déverser des tonnes de remblai. Ce manège inquiète une poignée d’habitants de Villiers qui lance l’association de défense de l’environnement Mahiotain.

“Oubli” de demandes ?

« En novembre, lors d’une réunion, nous avons découvert qu’aucune demande de travaux n’avait été faite », souligne son président et adjoint au maire de Villiers, Jean-Claude Liscoët. Un fait avéré puisque le sous-préfet André Klein a adressé un courrier au comte, rappelant certaines règles d’urbanisme. « Il conviendrait que vous transmettiez au maire, dans les meilleurs délais, une demande d’autorisation d’installations et travaux divers. (…) Il me paraît en outre très opportun que vous adressiez parallèlement, pour avis, un dossier à la DDE, qui sollicitera le cas échéant les autres services concernés de l’État. »

Pour l’association, le chantier est donc illégal, d’autant plus qu’il se trouve « sur une zone non constructible. » Du côté de Thoiry tout semble en règle, comme le détaille la mairie : « Les arrivées de terre étaient destinées à la modification de l’organisation du parc zoologique et de son exploitation. Ces travaux ne nécessitent aucune autorisation préalable dès lors qu’ils sont conformes au POS (Plan d’occupation des sols). » Une demande a tout de même été déposée par le parc, deux jours après l’intervention du sous-préfet.

Pour autant, l’association décide de ne pas en rester là. Le 11 décembre, une plainte pour infraction au code de l’urbanisme est déposée en gendarmerie.

De la plainte à l’arrêté

Le 14 décembre, la ville de Villiers prend un arrêté : « Monsieur Paul de La Panouse (…) est mis en demeure d’interrompre immédiatement les travaux, jusqu’à décision du tribunal correctionnel saisi de l’affaire ou l’obtention des autorisations nécessaires. »

Côté Mahiotain, tout est donc stoppé. Mais l’association veut toujours obtenir des réponses et le soutien massif des habitants. « Où va ce projet ? Comment cela va se faire ? Quelle ampleur cela va prendre ? Combien de temps cela va durer ? On est train de nous mettre devant le fait accompli », martèle Jean-Claude Liscoët. De son côté, Paul de La Panouse tient à rassurer les habitants : « Thoiry nous a donné son accord. Du côté de Villiers, il n’y aura que peu de constructions. Ce seront 9 hectares de forêt, 10 avec les animaux et 2 pour créer des étangs de lagunage. Quant à la hauteur des collines, elle n’excédera pas 15 mètres. Elles seront donc sous le niveau de la cime des arbres. »

« Pas des terrils »

Et le comte de poursuivre : « Je transforme des champs en parcs et jardins. Je ne vais pas faire des terrils ! Le chantier est impressionnant et certes dérangeant, mais c’est provisoire. Jusqu’à l’été. » Quant aux demandes de travaux, il concède qu’il s’est « mis en position de devoir régulariser, ce qui se fait actuellement. Il fallait saisir l’opportunité de récupérer la terre. » Et face à l’inquiétude, il se dit prêt à participer à des réunions publiques d’informations. « À chaque fois que cela sera nécessaire, pour que ce projet hôtelier se fasse sereinement. »

F.D.


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