Courrier de Mantes
La Une du Courrier par e-mail
RSS
Les jeux-concours, ça peut rapporter gros
Frédéric Magusto, 40 ans, a fait de sa passion son métier. En vendant à ses abonnés les réponses à près de 100 jeux concours chaque semaine, il fait bien sûr pas mal d’heureux… y compris chez les organisateurs. Entretien.
Le Courrier de Mantes
Publié le:  03 janvier 2007
Page 29 

Frédéric Magusto  : « Pour créer une entreprise comme la mienne, il faut vraiment être passionné. »

Quel est votre plus gros lot jamais gagné ?

Une voiture MG TF, d’une valeur de 25 000 euros, gagnée dans un concours de L’Express il y a bientôt trois ans. Elle m’a coûté 45 centimes… pour le timbre de la réponse.

Comment vous êtes-vous piqué au jeu ?

J’avais 20 ans. Je suivais une formation pour travailler dans un cabinet d’assurances. J’avais remporté une gourmette en argent qui coûtait 300 à 400 F. J’ai pensé qu’il y avait beaucoup à gagner. C’est devenu un loisir pendant dix ans.

Un loisir autour duquel vous avez créé un réseau…

J’ai voulu partager cette passion avec d’autres. J’ai créé un site Internet qui a intéressé une centaine de personnes. La bulle Internet a d’ailleurs été intéressante début 2000, on était peu nombreux à jouer. Aujourd’hui, pour un concours, il y a 100 000 participants. J’ai donc décidé de me concentrer sur les jeux par courrier, téléphone et SMS.

C’était une passion, c’est aujourd’hui une activité lucrative !

J’ai quitté mon emploi dans les assurances, il fallait bien trouver quelque chose pour manger. J’ai donc créé mon entreprise. J’ai commencé avec dix ou vingt abonnés à 75 euros par an…

Pas de quoi en vivre…

Non. J’ai ensuite racheté une petite société à un confrère et le nom infosconcours pour environ 45 000 euros. J’ai aussi créé un journal hebdomadaire qui référence les concours du moment. En cette dernière semaine de l’année, il y en a environ 100. Nous les transmettons aux abonnés avec les réponses.

Prête-nom

Et ça rapporte ?

Je travaille beaucoup, disons environ 70 heures par semaine. Et pour répondre à votre question, je suis au SMIC horaire. Mais il y a beaucoup de plaisir aussi dans tout cela.

Où est le plaisir ?

Quand le facteur vient chaque jour avec des colis ou un recommandé. C’est la surprise. D’ailleurs, bien souvent, je ne me souviens même pas du concours.

A combien de concours participez-vous régulièrement ?

Faute de temps, je n’en fais que cinquante par semaine. J’utilise des prête-noms : ce sont des personnes au nom desquelles je joue. Lorsque plusieurs lots identiques arrivent, j’en redonne. Ou lorsque j’en revends un sur Internet, je reverse 10 % à la personne. C’est une affaire de confiance réciproque.

Vous proposez un appel vers numéro surtaxé sur votre site pour accéder aux informations. Une autre source de revenus…

Elle est assez faible. Pour le site, il y a une formule d’abonnement avec plusieurs services autour. Les personnes qui ne souhaitent pas s’abonner et obtenir les éléments d’un concours de façon ponctuelle utilisent ce système d’Allo pass. Certains concours sont difficiles et nous sommes plusieurs à chercher les réponses pendant plusieurs jours parfois.

Finalement, vous avez créé une forme d’économie !

C’est une niche.

Qu’en pensent les organisateurs ?

Il y a ceux qui s’en moquent, d’autres qui râlent, mais ils comprennent vite leur intérêt : plus il y a de participants, plus leur marque est vue. Et d’autres encore qui me donnent tout : le règlement, les questions, etc. Certains m’appellent même pour affiner les règlements.

Vous craignez la concurrence ?

Non, parce que pour faire ce que je fais, il faut vraiment être passionné. Je ne connais pas beaucoup de personnes qui seraient prêtes à quitter leur emploi pour cela.

Vous participez aux jeux d’appels à la télévision ?

La call TV, je n’y joue pas. Pas de jeu d’argent.

Qu’est-ce qui vous manque aujourd’hui ?

Rien. Je m’amuse en travaillant. Je souhaite que ça continue.


RECHERCHER SUR LE WEB
Google

Tous droits de reproduction réservés. Passez votre annonce sur le net 24h/24h.


Webmaster