Jouer “Out of Africa” près de Paris, et pour tous, il fallait oser le faire. C’est le nouveau projet d’extension du parc de Thoiry, lequel n’avait pas connu pareil bouleversement depuis trente-huit ans.
La réserve transformée
Paul de la Panouse, le fondateur du groupe Thoiry, qui compte deux zoos (un dans le Mantois et l’autre à Pau), veut réaliser un hôtel quatre étoiles au milieu des animaux à quarante kilomètres de Paris. L’hôtel de 120 chambres, avec restauration classique et piscine, devrait ouvrir en 2015. Cela représente un investissement de 10 à 15 millions d’euros pour le groupe.
Chose plutôt inattendue, ce sont les travaux du tunnel de la A86 qui vont permettre de réaménager la grande réserve africaine pour accueillir ce complexe. Actuellement plusieurs centaines de mètres cubes arrivent du chantier de Jouy-en-Josas et permettent de créer des remblais qui façonnent plusieurs collines.
Elles formeront autant d’observatoires privilégiés pour contempler la faune africaine, girafes et antilopes d’un côté, et la faune nord-américaine de l’autre, ours, bisons et cervidés.
L’entreprise de travaux publics qui travaille sur le chantier de la A86 fait cadeau de ces 600 000 m3 de terre à Thoiry. « Cela évitera à la société de BTP de payer pour mettre cette terre en décharge. Du côté du parc zoologique, nous réalisons une économie de deux millions d’euros», confie Paul de la Panouse.
« L’intérêt de ces collines est qu’elles permettent de complexifier le territoire, et le rendent moins ennuyeux pour les antilopes», poursuit-il.
Chaque vallon sera recouvert de prairie et d’arbres fruitiers. Entre les cirques de collines, le projet va permettre de réaliser de nouveaux couloirs de circulation pour les animaux.
Ce terrain de jeu de 8 hectares supplémentaires pour les espèces africaines et les ours portera la réserve à 50 hectares dans un premier temps (au total la direction du parc prévoit un agrandissement de 15 hectares). « Nous allons gagner de l’espace pour accueillir d’autres espèces. Nous avons aussi beaucoup de naissances », complète le patron du parc.
Un long chemin perché à quatre mètres de haut permettra aux hôtes du lodge africain de se rendre à pied vers les jardins du château d’un côté, et vers les antilopes et le parc aux ours de l’autre.
Animer la ceinture verte
« Je voulais partager avec nos visiteurs le plaisir que j’ai le soir de me promener au milieu des animaux », ajoute encore Paul de la Panouse. À plusieurs endroits, des points d’eau, où les animaux viennent couramment s’abreuver, seront éclairés. Un environnement certes artificiel, mais confortable pour entendre barrir les éléphants au coucher du soleil. Avec déjà 18 millions de visiteurs, Thoiry confirme cette année sa position de troisième visite payante de l’Ile-de-France hors les murs de Paris.
Aussi ce projet ambitieux d’hôtel-lodge, correspond-il à une volonté du groupe Thoiry de renforcer ce pôle touristique francilien au cœur d’une région qui cherche à développer son tourisme vert. Selon la direction du parc zoologique, de tels investissements sont nécessaires pour « animer la ceinture verte d’Ile-de-France ».
Thoiry est davantage tourné vers le Mantois et le Vexin que vers Rambouillet, « cette région mérite de renforcer ses attraits », estime Paul de la Panouse. « On se protégera des éoliennes et de l’urbanisation en créant des hébergements, des gîtes ruraux dans nos campagnes», insiste ce dernier. Il compte aussi sur une « vision moins versaillaise des choses» à la tête du département, pour renforcer les atouts touristiques de la partie rurale des Yvelines.
Le groupe Thoiry crée sa fondation
L’actualité du groupe Thoiry, c’est aussi la création d’une fondation d’utilité publique. Cette semaine, le vicomte de la Panouse révèle qu’une demande de création de fondation “ Thoiry ” vient d’être accordée par le ministère de l’Intérieur et doit être validée par le conseil d’Etat. Cela fait quarante ans que le vicomte de la Panouse y pensait…
« L’objet de la fondation est de préserver les deux châteaux et les jardins», explique-t-il. « Nous souhaitons promouvoir ce lieu comme théâtre d’histoire et comme théâtre de la nature», poursuit le patron de Thoiry, ou plus prosaïquement « il s’agit d’aider les visiteurs à transformer les instants de bonheur d’une promenade familiale et amoureuse en moment d’éternité». Voilà ce qu’est l’esprit “ Thoiry ”. C’est tellement bien dit, et ça donne pour le coup envie d’aller faire un tour au zoo.




