|
Stéphane Bastien-Miche, président d’Agir, a exigé une prise en compte globale de la sécurisation de la départementale. |
« Non aux camions, oui aux piétons ! » Juchés sur des pneus de tracteurs déchargés sur la chaussée, des dizaines d’enfants scandent des slogans sous l’œil amusé et complice de leurs parents.
A l’appel de l’association Agir sur la D983, près de 150 villageois se sont rassemblés vendredi en fin d’après-midi pour bloquer la route dans le centre de Vert. Objectifs : obtenir la prise en compte de la sécurisation de la traversée du village et exiger la réalisation de la déviation de la Vallée de la Mauldre. « Nous ne lèverons pas le camp tant que le dossier de l’élargissement des trottoirs dans le centre ne sera pas rouvert », avait prévenu Stéphane Bastien-Michel, le président d’Agir sur la D983. La situation des riverains de la départementale est devenue intolérable. On ne peut plus rester sans réponse. »
Un pique-nique sur la route !
Pendant près de 6 heures les riverains ont occupé la chaussée avec poussettes, vélos et rollers. L’espace d’une soirée, ils ont pu savourer le bonheur de vivre dans un petit village, sortant même tables et chaises pour un pique-nique improvisé sur la route !
Le barrage a finalement été levé vers 23 h 45, après la visite sur place de Gilles Forray, vice-président du conseil général, délégué à la programmation routière. « Il a reconnu que notre demande n’était pas extravagante et il a pris l’engagement de revenir cette semaine avec des techniciens de la DDE », se félicite Stéphane Bastien-Michel.
Le coup de force d’Agir sur la D983 s’est donc révélé payant. Jusqu’ici, les opérations coup de poing menées par ses membres n’avaient abouti qu’à la mise en place d’aménagements ponctuels, ne réglant en rien la problématique de la sécurité sur cet axe emprunté quotidiennement par 7 000 véhicules, dont un millier de camions. Cette fois, l’association semble avoir marqué des points. « On commence à être entendus sur le besoin de réexaminer un certain nombre de petits aménagements qui peuvent considérablement améliorer la vie des riverains. C’est déjà une avancée », poursuit le président.
Pour l’association la seule solution à la fin de leur calvaire reste cependant la réalisation de la déviation de la vallée de la Mauldre. « Il y a une volonté politique de la part du conseil général, mais nous attendons maintenant un soutien sans faille du préfet. Nous demandons un calendrier, des tracés et la mise en place d’une concertation avec les opposants à ce projet. Il est temps de prendre en compte l’impérieuse nécessité de réaliser cet axe. »
Les élus se déplacent
Pour la première fois, des élus se sont déplacés pour apporter leur soutien aux riverains de la D983. Parmi eux, Philippe Gilles, le maire de Vert, mais aussi Gilbert Lair, celiui de Nézel, et Daniel Demaison, maire de Maule et conseiller général. Pierre Blévin a rappelé le bien-fondé du projet de déviation de la vallée de la Mauldre. « Il est clair qu’il faut absolument une voie nouvelle pour désengorger l‘axe nord-sud. Et le projet présenté par les “anti-déviation” (de la vallée de la Mauldre, NDLR) est totalement farfelu », explique le maire de Mézières. Daniel Demaison argumentait, lui, sur le caractère minoritaire des opposants. « Dix communes de la vallée de la Mauldre sont favorables à la déviation, ce qui représente 30 000 habitants. Seules trois communes, Marcq, Andelu et Montainville, sont contre, soit un total de 2 000 habitants. Il faut savoir privilégier l’intérêt collectif face à l’intérêt individuel. »




