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André Cassagne : « L'État n'incite pas les petites communes à construire des logements »
La ville d’Hardricourt va réaliser 74 logements sociaux. Il lui en aura coûté 700 000 euros pour préempter terrains et bâtiments. Un effort important pour cette commune de moins de 2 000 habitants qui peine, comme d’autres de ses voisines, à s’approcher des 20 % imposés par la loi SRU.
Le Courrier de Mantes
Publié le:  17 mai 2006
Page 36 

André Cassagne attend un coup de pouce de l’Etat.

Le problème de la commune d’Hardricourt, comme celui d’autres communes de la rive droite, est bien la question du déficit de logements sociaux. Malgré les difficultés liées à l’absence de terrains constructibles, c’est d’ailleurs général sur la rive droite, la commune aura pourtant bientôt réalisé 150 logements sociaux et tend à s’approcher des 20 % imposés par la loi SRU. Et comme d’autres communes qui font l’effort de construire sans toutefois atteindre leur quota, Hardricourt doit s’acquitter de la taxe. « La loi apparaît de fait inadaptée aux petites communes », fulmine le conseiller général, qui présente une note de 30 000 euros cette année, c’est le montant de la facture SRU depuis 2001.

André Cassagne, que nous avons rencontré cette semaine, reproche notamment à la loi SRU « ses contradictions », car parallèlement à l’obligation de réaliser des logements sociaux, le texte préconise « un développement limité des communes », poursuit-il.

En 2002, la Ville avait prévu de réaliser un programme de 48 logements dénommé Le champ du Gibet, avec 40 lots accessibles, des habitations à loyer modéré et des logements sociaux supérieurs. Mais ce projet a avorté en raison, justement, de l’application de la loi SRU et de la révision du plan local d’urbanisme consécutive.

« Les terrains à construire sont passés en terrains à vocation paysagère ou agricole. Aujourd’hui, je n’ai plus de terrain pour faire du logement et je suis obligé de me débrouiller autrement », explique André Cassagne. « Dès qu’une vente d’immeuble se présente, je préempte. J’ai ainsi proposé deux opérations à l’Opievoy » (NDLR, bailleur social).

Sous la forme d’un bail emphytéotique de 50 ans, le bâtiment est laissé au bailleur qui aménage les logements sociaux. Et à terme, la commune redevient propriétaire de l’immeuble.

74 nouveaux logements sociaux

Au 31, boulevard Carnot, six logements seront aménagés de la sorte dans un immeuble racheté le 2 janvier dernier.

Un autre projet est prévu aux 19 et 19 bis rue des Petites-Fontaines. Les deux maisons seront rasées et l’Opievoy construira six logements neufs à la place. Enfin, un troisième projet est envisagé à côté de l’Église, rue Emile-Drouville : dans une maison de 313 m2 deux logements pourraient être créés.

À ce stade, si l’on ajoute à ces quinze logements la transformation de Cacao Barry en immeuble d’habitat avec 58 logements conventionnés, la ville aura construit 74 logements sociaux en quelques années… et il n’en manquera plus que 25 pour être en conformité avec la loi SRU.

Mais il en aura coûté à la collectivité la bagatelle de 700 000 euros en achats immobiliers. Une charge importante pour cette commune de moins de 2 000 habitants. « Les communes qui ont des moyens financiers peuvent s’aligner… l’État, de son côté, ne fait pas assez d’efforts pour encourager les petites communes à créer des logements », déplore aussi le maire d’Hardricourt.

Dans le département des Yvelines, la création prochaine d’une Agence foncière devrait donner un coup de pouces aux communes qui souhaitent acheter des terrains pour construire des logements neufs, ou du bâti ancien, pour le réhabiliter.


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