C’est Michel Mallet, le président du Collectif circulation en Val de Seine, qui a lancé le débat. À la fin d’un déjeuner réunissant élus, chefs d’entreprises, représentants des collèges, de l’hôpital et des espaces territoriaux, il interpellait Pierre Bédier : « On sait que la liaison C13-F13, prévue pour désengorger la circulation entre la rive droite et Les Mureaux n’est pas près d’être réalisée... Vous avez défendu l’opération d’intérêt national auprès du gouvernement, quelles infrastructures de développement sont prévues ? » Autrement dit, la question posée était : les habitants de la rive droite seront-ils un jour débarrassés des camions qui empruntent la départementale 190 ?
Trois mois, après l’annonce du lancement de l’opération relative au développement du Val de Seine de Conflans à Bonnières, le président du conseil général a défini à nouveau ses grands principes : permettre la stabilisation des industries présentes sur le territoire, développer les activités tertiaires et augmenter l’offre de logements. Vouloir le développement économique de la vallée de la Seine ne peut aller sans développer les communications Nord-Sud, là où elles manquent cruellement. Aussi, du point de vue des objectifs de l’OIN, s’est-il montré rassurant : « Le bouclage du C13-F13 est un de ses objectifs ». L’autre grand projet est de faire déboucher le RER en vallée de Seine tout en renforçant la ligne Mantes-Paris Saint-Lazare. Pierre Bédier annonce « le prolongement d’Eole jusqu’à Versailles et Mantes » dans les dix ans à venir…
Par un déploiement, voulu ambitieux, de nouvelles infrastructures routières et ferroviaires, l’opération d’intérêt national doit permettre l’impulsion d’une dynamique inédite. Mais on devrait en constater les effets sur un temps très long, pour mémoire il aura fallu 38 ans à la ville nouvelle de Saint-Quentin-en-Yvelines pour achever son programme de développement. Elle ne serait aussi qu’un “ levier” mais « pas un remède à elle seule ». « L’OIN va créer un entraînement mais ce n’est pas une réponse en soi au développement de la Seine Aval », insiste le président du Département.
Ce dernier qui rêve de faire de la Vallée de la Seine « l’épicentre d’un pôle de compétitivité du secteur de l’automobile de Rouen à Saint-Quentin-en-Yvelines » croit en le commencement d’un nouveau cycle de trente ans de croissance pour la région. Il compte doter rapidement le territoire de moyens nouveaux, comme cette idée d’agence de développement de la vallée de la Seine qui marcherait main dans la main avec l’établissement public du Mantois Seine-Aval (EPAMSA).
« Symboliquement, nous l’installerons aux Mureaux », annonce Pierre Bédier, parce qu’il ne souhaite pas qu’un élu du Mantois prenne les commandes. Une surprise pour le maire des Mureaux, qui n’en attendait pas tant ce jour-là.




