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Débat à la librairie La Réserve : 50 ans de Planning familial, le beau combat des femmes
Onze ans de lutte du Planning familial et des féministes pour obtenir le droit à la contraception, près de vingt ans pour le droit à l’avortement. Contre les violences faites aux femmes, pour la reconnaissance de l’égalité, pour l’éducation des jeunes : le combat n’est pas fini. C’était le thème de la soirée organisée vendredi à la librairie de Mantes-la-Ville.
Publié le:  15 mars 2006
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Le débat a réuni une trentaine de femmes… et trois hommes.

En 2006, le Planning familial soufflera ses cinquante bougies. Cinquante ans de lutte pour le droit à la contraception et à l’avortement, pour la liberté et l’égalité dans la sexualité. Un combat que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, comme dit la chanson… dont elles n’imaginent même pas la violence parfois. N’oublions pas qu’il a commencé à une époque où toute diffusion ou propagande pour les moyens de contraceptifs était un délit passible de six mois à deux ans de prison.

En 1967 le sénateur Henriet, de triste mémoire, ne déclarait-il pas à propos de la pilule : « C’est une inhibition complète du cycle féminin. C’est une dénaturation de la femme […] La nature se vengera. En effet, pas de cycle, pas de femmes, pas de libido. Finies ces fantaisies, ces chatteries qui font le charme féminin. » On pourrait sourire aujourd’hui, mais à l’époque les militantes du MFPF ne souriaient pas du tout, d’autant qu’elles avaient contre elles une écrasante majorité de l’Église catholique et de la droite française. Sans compter qu’au Parti communiste, en position de force à l’époque, on estimait que la priorité était la lutte prolétarienne et que le problème des femmes serait réglé dans la foulée de la victoire du prolétariat.

Le Planning à Mantes

C’est cette lutte que la journaliste Isabelle Friedmann, auteur du livre-témoignage « Liberté, sexualité, féminisme, 50 ans de combat du Planning pour les droits des femmes », est venue raconter vendredi soir à la librairie La Réserve de Mantes-la-Ville. À ses côtés, il y avait trois militantes qui viennent de relancer l’association dans les Yvelines et Josette Julliot (maire adjointe PS de 1977 à 1995), l’une des fondatrices du Planning familial de Mantes, en 1969. Cette dernière fut aussi l’une des dirigeantes nationales du mouvement à la grande époque de la lutte pour l’avortement.

Après trente-deux ans de service, le Planning familial de Mantes-la-Jolie a fermé ses portes en 2001, faute de subventions. Un épisode que Josette Julliot et Mike Bernard ont évoqué devant un auditoire d’une trentaine de femmes… et trois messieurs.

« Maternité heureuse »

Retour à l’histoire générale du mouvement après cet aparté local. Alors que les États-Unis sont à l’époque en avance avec les cliniques du Birth control, la France des années cinquante stagne dans une situation désastreuse. Des milliers d’avortements sont pratiqués clandestinement. Les femmes vivent dans la hantise d’une nouvelle grossesse. En 1956, un groupe de femmes et de médecins crée Maternité heureuse. « Le terme avait été choisi pour ne pas effrayer les gens. Les fondatrices avaient la volonté d’offrir aux femmes la possibilité d’avoir le nombre d’enfants qu’elles voulaient quand elles voulaient », rappelle Isabelle Friedmann.

Dès les premières permanences, elles découvrent l’ampleur du malaise et de la douleur. En 1967, c’est le député gaulliste Lucien Neuwirth qui convainc de Gaulle de libéraliser la pilule.

Mais la lutte est loin d’être finie. En 1973, le Planning familial se politise et entame un autre combat, celui pour le droit à l’avortement. Des militantes annoncent qu’elles pratiqueront des avortements dans leurs permanences. En 1975, la loi présentée par Simone Veil est adoptée grâce aux voix de gauche.

« C’est au contact des femmes et des réalités qu’elles vivaient que le mouvement s’est féminisé », note Isabelle Friedmann. Après la loi sur l’avortement, le mouvement a inscrit, en 1983, le terme “féministe” dans ses statuts, non sans de longs débats.

Le Planning évolue

Au fil des décennies, le Planning familial a évolué pour s’intéresser à l’égalité entre hommes et femmes dans tous les domaines, aux problèmes des violences conjugales, à la prévention du sida, au sexisme. Les conseillères conjugales qui suivent une formation très complète interviennent dans les établissements scolaires, dans les centres de santé pour aborder tous les sujets qui touchent à la sexualité.

A l’heure où l’État du Dakota du Sud vient d’interdire l’avortement, où, plus près de nous, des Philippe de Villiers n’hésitent à dire à propos de la nouvelle loi sur la contraception et l’avortement que cela introduit « l’eugénisme d’État, le droit à l’euthanasie prénatale », les femmes et le Planning familial peuvent être sûrs que rien n’est jamais définitivement acquis et le combat est loin d’être achevé.


Chiffes clés

En France

– 3 500 femmes par an contraintes pour des raisons diverses d’aller à l’étranger pour une IVG (interruption volontaire de grossesse)

– 70 000 femmes en situation de mariage forcé

– 80 % des femmes victimes de viols le sont dans leur propre famille ou par des proches de la famille.

Dans le monde

– 120 millions de couples sans moyens de contraception dans les pays en voie de développement

– 19 millions d’avortement dans de mauvaises conditions d’hygiène avec 68 000 décès par an


Des permanences pour les femmes dans le Mantois

Le Planning familial ne tient plus de permanences dans le Mantois. En revanche, le mouvement vient de relancer une association dans les Yvelines qui est joignable au 01 76 99 06 52. Courriel : mfpf78@aliceadsl.fr.

Le Planning assure par ailleurs une permanence téléphonique régionale qui permet d’orienter les femmes sur le centre le plus proche de leur lieu de résidence. Tél. 01 47 00 18 66 tous les jours de 12 heures à 19 heures, sauf le week-end.

Les services sociaux de la DASS-Yvelines proposent des permanences avec des conseillères conjugales et familiales accompagnées par un médecin gynécologue :

À Mantes-la-Jolie : « Adospace » et PMI, 8, rue Mozart. Tél. 01 30 33 94 17.

PMI : 1, rue Savorgnan-Brazza. Tél. 01 30 94 02 64.

PMI : 111, bd du Mal-Juin. Tél. 01 34 76 98 78.

PMI de Mantes-la-Ville : 125, route de Houdan. Tél. 01 34 97 98 83.

– Centre de planification à l’hôpital François-Quesnay à Mantes-la-Jolie.




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