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Grippe aviaire : test grandeur nature dans les Yvelines
La grippe aviaire dans les Yvelines ! Vendredi, un exercice de simulation dans un élevage de faisans du sud du département s’est déroulé pour tester la réaction des pouvoirs publics. Police, gendarmerie, pompiers, protection civile et services vétérinaires ont joué le jeu. Espérons qu’on en restera là.
Le Courrier de Mantes
Publié le:  08 mars 2006
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Au premier plan, des agents des services vétérinaires examine le rotoluve.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, deux cents faisans reproducteurs ont été retrouvés morts dans un élevage du sud du département. Très vite des prélèvements sont effectués sur cinq faisans euthanasiés. Vendredi le résultat tombe comme un couperet. Le virus H5N1 se trouve dans les Yvelines.

« La direction départementale des services vétérinaires a donné l’alerte et j’ai décidé de déclencher à 8 heures du matin le plan Épizooties majeures », explique le préfet Bernard Niquet, qui raconte ce qui pourrait se passer si tout ceci était réel.

« Épizooties majeures »

Car vendredi matin le plan Épizooties majeures n’était qu’un exercice, une simulation pour tester la réactivité des pouvoirs publics face au danger de la grippe aviaire.

Rapidement, un poste de commandement opérationnel regroupant les services de police, de gendarmerie, des pompiers, de la protection civile et des services vétérinaires s’installe dans la salle communale de Vieille-Église-en-Yvelines, lieu de la simulation.

Une exploitation de 12 000 faisans

Un périmètre de sécurité est dressé dans un périmètre de trois kilomètres autour de l’exploitation contaminée qui rassemble 12 000 faisans. Des panneaux jaunes de la DDE « grippe aviaire » sont installés sur le bord de la route. Il manque le mot « exercice » !

« Un deuxième périmètre situé à dix kilomètres est établi », explique le directeur des services vétérinaires, Jean-Yves Martin, dont chaque agent a revêtu une combinaison blanche et un masque respiratoire. À ses côtés, le préfet ajoute : « Il nous a fallu une heure et quart pour boucler la zone et mettre en place le dispositif des rotoluves. »

La rotoluve à revoir

Deux rotoluves sont en effet disposées à l’entrée et à la sortie de la zone contaminée. « Ce sont des bacs contenant de la paille, de l’eau mélangée à des paillettes de soude destinées à désinfecter les roues des véhicules », explique le lieutenant-colonel des pompiers Hervé Billiet. En moins d’une heure ce sont une centaine d’hommes, dont une cinquantaine de gendarmes, des policiers ainsi qu’une autre cinquantaine d’agents de la DDE, des services vétérinaires et de la préfecture qui sont réquisitionnés pour l’exercice.

L’exploitant joue le jeu

« Dans la mise en place des rotoluves on a constaté des difficultés », observent rapidement le préfet et les pompiers sous l’œil de deux observateurs des services vétérinaires des Hauts-de-Seine qui ont revêtu pour l’occasion des combinaisons bleues. L’eau déversée dans les rotoluves pousse en effet la paille et les bords de la cuvette se déchirent avec la pression du liquide. Bref, la rotoluve, ça ne marche pas ! Il faudra quelques minutes pour remettre le dispositif en état.

Ensuite tout le monde se rend à quelques kilomètres de là dans l’exploitation de faisans contaminés.

Alain Thémé, le responsable de l’élevage des oiseaux reproducteurs destinés au repeuplement, explique avec la tête de circonstance : « Si la grippe aviaire avait été réellement détectée, les conséquences seraient catastrophiques. Il faudrait effectuer un abattage systématique des oiseaux qui appartiennent à l’Office de la chasse. Vous imaginez ! les euthanasier tous ! Ce serait une catastrophe pour un élevage comme le nôtre, lâche-t-il. On perdrait une saison. »

Ensuite retour au bercail pour les nombreux journalistes qui ont fait le déplacement, un peu déçus de ne pas avoir pu approcher les faisans.

Dernier mot du préfet à la maison communale : « Au bout de trente jours après l’alerte, le dispositif serait levé si plus aucune trace de H5N1 n’était trouvée », conclut-il, espérant sans le dire que cet exercice en reste au stade de la simulation.




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