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L’atelier ne reçoit que cinq élèves à la fois, plus un élève en stage la plupart du temps. |
Après les « classes relais » (le département en compte neuf ) qui accueillent les élèves exclus de leur classe par décision d’une commission disciplinaire, l’« atelier-relais » est l’étape supérieure. Cette fois l’élève qui a été exclu plusieurs fois pour manquements graves à la discipline est sorti de l’établissement classique. Tout se passe désormais à l’extérieur de l’école, avec des enseignants détachés et des éducateurs.
« Classe de la dernière chance », c’est en effet le dernier dispositif susceptible de remettre les élèves sur le chemin d’une vie de classe normale.
« Après, c’est la rue... »
Aux Mureaux, l’« atelier-relais » a été ouvert dans un appartement réhabilité par les habitants, par les chantiers collectifs intitulés par la ville « Des murs aux toits ».
Pierre Lambert, le sous-préfet de la circonscription, qui participait à l’inauguration de ces locaux, souligne que Les Mureaux font encore une fois figure de « terrain d’innovation ». Ici, le dispositif associe de multiples partenaires (Éducation nationale, Etat, collectivités).
« Les élèves qui arrivent dans cette classe ont une grosse pression sur les épaules. Il faut qu’ils comprennent qu’ici se joue définitivement leur avenir scolaire. Après, c’est la rue », déclare Olivier Chabeauti le coordonnateur de l’atelier-relais. « Quand l’élève se fait exclure de cette structure-là, même temporairement, c’est généralement très difficile à vivre pour lui... Ici, c’est sa dernière chance d’insertion sociale », insiste l’ancien professeur des écoles.
Cependant le « sas de réapprentissage » à la vie sociale ne peut durer que quelques semaines, un défi qui s’impose autant aux élèves qu’à leurs enseignants.
L’atelier ne reçoit que cinq élèves à la fois, plus un élève en stage la plupart du temps. Les élèves vont en cours et suivent leur programme tout à fait normalement avec des professeurs chargés des matières d’enseignement classique (histoire-géographie, sciences et vie de la terre, EPS, vie sociale et professionnelle…).
« Nous recevons à l’atelier-relais des enfants de tous les milieux et de tous les secteurs », affirme pour sa part Chantal Deroëck la principale du collège Jean-Vilar qui est un peu à l’initiative de ce projet. Cette dernière a travaillé en partenariat avec les chefs d’établissements du secteur, et en étroite collaboration avec la Protection judiciaire de la jeunesse.
C’est assez nouveau que la PJJ s’associe aux établissements scolaires pour suivre des parcours d’élèves très difficiles. « Dans les faits, rien d’étonnant puisque l’Éducation nationale et les éducateurs de la protection judiciaire de la jeunesse sont amenés à s’occuper d’un même public», témoigne Jérôme Lecerf éducateur de la PJJ attaché à l’atelier-relais. Au Centre d’action éducative des Mureaux, Jérôme Lecerf s’occupait déjà de jeunes en grande difficulté scolaire et sociale. Il a d’ailleurs déjà croisé certains élèves de l’atelier-relais au CAE des Mureaux…




