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Liliane Debauge, bell-fille de Thérèse et Henri Debauge, a reçu la médaille des mains d’un représentant de l’ambassade d’Israël. |
Maire emblématique de Brueil-en-Vexin, Henri Debauge est aujourd’hui un Juste des Nations. Vingt-quatre ans après sa mort, celui qui dirigea la commune de 1937 à 1977, vient élargir le cercle de ces personnes non juives qui, au péril de leur vie, ont sauvé des Juifs sous l’occupation nazie.
Dimanche matin, une cérémonie était organisée dans l’ancienne école pour honorer la mémoire d’Henri Debauge et de son épouse, Thérèse. Oren Bar-El, conseiller à l’ambassade d’Israël en France, a remis à Liliane Debauge, leur belle-fille et ayant-droit, la médaille des Justes parmi les Nations qui leur a été décernée par le comité Yad Vashem. « Le peuple juif n’oublie pas : ni le mal qu’on lui a fait, ni le bien. Ces personnes généreuses qui ont aidé des Juifs au péril de leur vie méritent d’être honorées de la plus haute distinction de mon pays. Grâce à toutes ces personnes, l’humanité a été sauvée », a commenté le représentant de l’ambassade.
Durant l’Occupation, Marguerite Tyger et sa mère vivent à Paris. Pour échapper aux rafles, elles ont pris l’habitude de monter dormir au 6e étage de l’immeuble dans une petite chambre de service appartenant à une amie. Là le chauffage est impossible. L’enfant contracte une bronchite. Le 5 février 1944, à 6 heures du matin, elles entendent la Gestapo frapper en dessous de chez elles. Elles vont rester trois semaines sans oser sortir, ravitaillées par des voisines. Pour ne rien arranger, un appartement voisin – vide à la suite de la déportation de ses occupants – a été transformé en maison close et se trouve très fréquenté la nuit par des soldats allemands.
Grâce à l’aide de voisins et d’une cousine catholique, Marguerite et sa mère parviennent finalement à quitter l’immeuble « sur la pointe des pieds » et sont convoyées jusqu’à Brueil-en-Vexin chez Henri et Thérèse Debauge, amis du directeur de l’entreprise où travaille la mère de Marguerite.
Exemple à suivre
Sans rien demander financièrement, le couple va les cacher jusqu’à la Libération, en septembre 1944. Durant sept mois, Marguerite vivra aux côtés des enfants d’Henri et Thérèse, dans un climat quasi fraternel.
Présente lors de la cérémonie, Marguerite Tyger a témoigné de sa reconnaissance envers cette famille à qui elle doit la vie. Elle est restée très liée avec ses sauveteurs jusqu’à leurs décès. « J’avais 14 ans quand je suis arrivée ici. Jamais je n’oublierai ces personnes qui nous ont accueillies sans rien en retour. On avait tout ce qu’il nous fallait et on était en sécurité. Nous faisions partie de la famille. J’espère que cela servira d’exemple aux jeunes générations, pour qu’elles continuent à se donner la main. »
Un message d’espoir repris par Jean-Louis Debauge, fils d’Henri et Thérèse. « Avec cette distinction, nos parents sont inscrits dans l’histoire. Ils resteront à jamais des Justes parce qu’ils n’ont pas hésité à pratiquer cette main tendue à l’autre. C’est ce message d’amour qu’ils ont souhaité nous laisser et c’est notre devoir de le transmettre. »




