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A quand la fin de la "colline poubelle" ?
Le Courrier de Mantes
Publié le:  19 octobre 2005

La prolongation de l’enfouissement des déchets va entraîner un réhaussement de la butte de 3 m.

Il devait fermer en décembre 2005. Le centre de stockage de déchets ultimes exploité par la SITA Ile-de-France sur le plateau d’Arnouville pourrait bien en reprendre pour une année de plus et accueillir 120 000 tonnes de déchets supplémentaires. Stupéfaction de l’association SAUVER qui s’élève contre la transformation du site en «colline poubelle».

Stupéfaction et inquiétude. Voilà les sentiments qui dominent dans les rangs de l’association SAUVER depuis l’annonce du projet de prolongement de l’activité de la décharge d’Arnouville pour le premier semestre 2006. « L’arrêt de l’enfouissement des déchets était programmé pour décembre 2005. Le report de la fermeture du site va conduire à dépasser les capacités contractuelles de stockage et à rehausser le dôme de la colline poubelle ». Marie-Christine Piot, présidente de l’association SAUVER, ne cache pas son indignation face à la demande déposée par SITA Ile-de-France qui exploite le site de Saint-Léonard depuis 1996. L’association de sauvegarde de l’environnement qui pensait pouvoir définitivement enterrer le dossier des déchets, devra maintenir sa vigilance encore quelques mois.

Brueil attend

L’exploitation du site d’Arnouville devrait en effet être prolongée jusqu’à la fin 2006. La raison de cette prorogation de l’activité ? l’absence d’une solution alternative pour stocker les déchets industriels banaux de classe 2. Le centre de Brueil-en-Vexin devait prendre le relais de celui d’Arnouville début 2006, mais des problèmes d’accès au nouveau site ont ajourné sa mise en exploitation (voir encadré). Devant les incertitudes sur la réalisation d’une voie d’accès, SITA a demandé le prolongement de l’exploitation de la décharge d’Arnouville pour absorber 120 000 tonnes supplémentaires. Un surplus qui devrait entraîner un rehaussement de la butte de 3 à 5 m. Un préjudice visuel dénoncé par l’association SAUVER et de nombreux riverains du hameau de Saint-Léonard. « La cote altimétrique maximale est déjà atteinte. Il ne s’agit plus d’enfouissement mais de déversement sur la pente du talus. On assiste à une transformation du profil de cette colline, qui, par réhaussement incontrôlé, deviendra bientôt un plateau couronnant le village », tempête la présidente de SAUVER.

Mesures compensatoires

La direction régionale de l’industrie, de la recherche et de l’environnement (DRIRE) a effectué une inspection des installations. Celle-ci n’a révélé aucun manquement à la législation. Des mesures concernant le talutage, la cote altimétrique et les odeurs sont déjà prises par l’exploitant pour limiter les nuisances. « Elles seront renforcées si nécessaire, explique Florence Bruyat-Korda, directrice d’agences stockage. Notre préoccupation est d’éviter tout impact pour les riverains. Il n’y a pas d’envol de déchets au-delà de la limite du site. Pour ce qui est du préjudice visuel, il sera limité. L’effet de la butte va se réduire. Avec le temps, elle peut se tasser de 5 m. Cette zone sera ensuite réaménagée et reboisée, conformément au plan paysager ».

Après avis consultatif du conseil départemental d’hygiène, attendu le 14 novembre prochain, la préfecture prendra un arrêté autorisant SITA, à exploiter ou pas, le site d’Arnouville pour une durée d’un an maximum.

La fin du co-compostage ?

Seule note positive dans ce dossier, les riverains pourraient être débarrassés de l’unité de co-compostage plus tôt que prévu. En effet, si la prolongation d’activité durait plus de six mois et au-delà de 60 000 tonnes supplémentaires, l’industriel pourrait être contraint d’enlever la plateforme de traitement des boues pour y entasser des déchets. L’activité de co-compostage, génératrice de nuisances sonores et olfactives, serait ainsi arrêtée 5 ans avant la date légale de fermeture du site, prévue en 2011.

LE SITE D'ARNOUVEILLE EN CHIFFRES

- Le site de Saint-Léonard est constitué par une ancienne carrière de sablon exploitée sur une trentaine de mètres de hauteur.

- Le centre de stockage de déchets ultimes a été ouvert à l’enfouissement, de manière incontrôlée, en 1975.

- Superficie totale : environ 11 hectares. La zone d’exploitation initiale non protégée par un liner (mis en place en 1997) est de 7 ha.

- Hauteur des déchets enfouis : : environ 40 m.

- Volume annuel stocké : 120 000 tonnes, constitué en majeure partie de déchets industriels banaux depuis juillet 2002.

- Volume global stocké à terme : 3 à 3,5 millions de tonnes enfouies.

- Le trafic routier généré par l’activité du site est de 4800 camions de 25 tonnes par an, auxquels s’ajoutent les camions de boues alimentant l’unité de co-compostage.

- Equivalence en production homme/an (production 450 kg/personne) : 6 millions.

- Production journalière de gaz (essentiellement méthane) générée par l’enfouissement des déchets : 500 m3.

- Production journalière de lixiviats (résidus liquides de fermentation) : 12 m3. Plus de 900 m3 de jus ont été évacués en 2004 par camions et traités à la station de Valenton, dans le Val de Marne.


La voie de contournement se fait attendre

L’annonce de la reprise d’exploitation par SITA du centre de stockage de déchets sur la commune de Brueil-en-Vexin a suscité une vive inquiétude au sein de la municipalité de Gargenville. Et pour cause, c’étaient pas moins de 150 poids lourds qui allaient ainsi emprunter quotidiennement la RD 130 pour rejoindre le site industriel et décharger les déchets. Pour éviter ce flux de camions, la maire Nicole Delpeuch a exigé, dès décembre 2004, qu’une solution soit trouvée afin d’éviter la traversée de sa commune. « L’intérêt général est d’assurer la sécurité des riverains. La RD 130 est empruntée par des scolaires, des personnes âgées et des sportifs qui se rendent au gymnase. Il faut trouver des solutions pour stocker les déchets que l’on génère. Le vrai problème porte sur l’accès à ces sites », explique l’élue.

SITA et CALCIA ont rapidement trouvé un accord concernant la réalisation d’une route d’accès par les carrières CALCIA, évitant ainsi toute la partie urbanisée de Gargenville. Une convention de mise à disposition des terrains a été passée entre les deux industriels en mars dernier. Le démarrage des travaux est aujourd’hui bloqué par un litige avec un privé, propriétaire d’une parcelle de 800 m2 bordant la RD 190.

Après quelques centaines de mètres sur la RD 130, cette route privée rejoindra la carrière par un chemin forestier qui sera élargi, au sud du hameau de la Chartre. Le carrefour est déjà presque entièrement aménagé. La voie cheminera ensuite sur le plateau et les engins sortiront par l’entrée du site EMTA, à la hauteur de la commune d’Issou sur la RD 190.

Ce nouveau trajet préserve de la circulation des poids lourds toute la partie urbanisée de Gargenville, la Chartre et Brueil-en-Vexin.


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