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Villepin s’invite au village des sports
Le Premier ministre à Mantes-la-Jolie vendredi
Le Courrier de Mantes
Publié le:  27 juillet 2005

Dominique de Villepin : “En France, un enfant sur trois ne part pas en vacances. Notre devoir est de leur donner des activités, une chance de loisirs supplémentaires.”

En déplacement au Village des sports, près du stade nautique, vendredi matin, le Premier ministre est allé à la rencontre des enfants bénéficiant du dispositif «Ville, vie, vacances». Aux représentants des associations et à la ville qui se mobilisent pendant cette période, il a promis de faciliter les démarches administratives. Ambiance.

Chemise bleu ciel, cravate et veste tenue d’un doigt sur l’épaule, il est 11 heures lorsque Dominique de Villepin arrive à pied au village des sports.

Installé chaque année à quelques centaines de mètres du Val-Fourré, devant le stade nautique, cet espace sportif et ludique réunit plusieurs centaines de jeunes Mantais. Ça tombe bien, le Premier ministre est venu constater le plaisir que leur procurent ces animations «Ville, vie, vacances» et dire tout le bien qu’il en pense.

« En France, un enfant sur trois ne part pas en vacances. C’est difficilement acceptable, estime-t-il. Notre devoir est de leur donner des activités, une chance de loisirs supplémentaires ».

C’est parti pour la grande visite, accompagnée par Michel Vialay, le maire de Mantes, par Pierre Bédier et tous les officiels, guidés par Hakim Bouhsane, coordinateur des centres de loisirs de la ville, et Robert Mendy coordinateur de l’opération «Ville, vie, vacances». Toutes les associations s’inscrivent dans l’ensemble des animations.

« Ce que vous arrivez à faire pendant les vacances vous sert le reste de l’année ? Sentez-vous un intérêt supplémentaire à la pratique sportive ?», interroge le ministre. Réponse affirmative des guides.

Deux mois de Village en 2006 ?

Après quelques mots de bienvenue au micro, Dominique de Villepin fait la découverte des ateliers boxe, ping-pong, beach-volley et passe un long moment au football féminin et se félicite au passage de la «mixité». Devant celui des vélos, il s’étonne de voir deux fillettes sans casque sur la tête. « C’est pour la photo », le rassure-t-on. Devant les caméras et les appareils photos, les enfants s’en donnent à cœur joie.

« C’est le président de la République ?», demande au passage un gamin.

« Révéler ses qualités »

La palette d’activités réjouit Dominique de Villepin qui rappelle l’adage : « L’oisiveté est mère de tous les vices ». Mais il aimerait quand même bien la voir étendue à toute la période estivale : « Le souci, c’est d’être toujours mieux à même de répondre à la demande des plus jeunes. Il y a ici un village de sport qui s’organise pendant un mois. Il faudrait qu’on se mette autour d’une table pour réfléchir et voir comment il pourrait passer d’un mois à deux mois ». La question du financement, et de la participation de l’Etat en particulier sur cette opération (lire l'article), sera posée au préfet des Yvelines, Bernard Niquet, un peu plus tard. Le dossier devrait être étudié pour 2006.

L’ancien ministre des Affaires étrangères qu’il est écoute puis dresse aussitôt un premier bilan de sa visite. Il se dit frappé par « la mobilisation de toutes les associations et des collectivités qui veulent avancer et qui donnent la possibilité à ces enfants, pendant le temps de vacances, de se retrouver pour faire du sport, en l’occurrence. Cela leur permet de se développer, d’avoir un temps d’épanouissement, de se découvrir des qualités, des talents, des goûts et de les approfondir. C’est un moment où chacun peut avoir la chance de révéler ses qualités ».

Son attention particulière sur la mixité ? « C’est une préoccupation dans la République : faire en sorte que les garçons et les filles puissent avoir les mêmes chances et que les filles ne soient pas laissées de côté. C’est un principe qu’il faut faire vivre au quotidien ».

Dominique de Villepin rejoint la table ronde. Il en sortira une heure pour plus tard, la veste sur les épaules cette fois, pour un rapide point presse autour de questions d’actualité. Le temps d’avaler un sandwich merguez et il s’engouffre dans sa voiture vers Paris. Il est 13 heures.

Des vacances en vue cet été ? Le premier ministre en prendra, dira-t-il, mais « quelques jours » seulement.


«Simplifier» la vie des associations

La table ronde qui a suivi la visite du ministre a réuni un bon nombre d’associations et d’élus locaux. Au programme : leur vie quotidienne, les freins aux actions et les innovations. Pour l’association Oxygène, Mounir Nait Outaleb livre son diagnostique. Il existe bien sûr des actions, « mais la vie n’est pas facile pour tout le monde », rappelle-t-il. Et d’égrener les difficultés : « Précarité, démission des parents, problèmes de drogue, d’exclusion, problème du fondamentalisme religieux qui représente la voie d’un “futur meilleur”… » Les associations restent mobilisées mais déplorent par ailleurs le manque de souplesse des contraintes réglementaires auxquelles elles sont soumises. Exemple : le cadre relatif aux centres de loisirs, obligatoire pour l’accueil des enfants, y compris sur de brèves périodes. Le poids des charges salariales en est un autre. « Notre club omnisports, qui réunit trente-cinq sections, a les mêmes charges qu’une PME », regrette le président de l’AS Mantaise, Francis Dumont.

Réponses du Premier ministre : « Pour ce qui concerne les procédures administratives, nous aurons rapidement une simplification importante pour tous les centres qui accueillent des jeunes. C’est l’objectif du texte que prépare Jean-François Lamour (ministre de la Jeunesse et des sports). Les délais seront réduits, vous n’aurez pas à attendre l’autorisation du préfet pour commencer. Cela devrait vous faciliter la vie. Sur les procédures financières, là aussi, la systématisation des conventions pluriannuelles, devrait apporter des réponses.Vous aurez la garantie, sur plusieurs années, d’une action et de son financement ».

Premier arrêt au bassin autour de l’activité kayak, sous des myriades d’objectifs. Dominique de Villepin saute sur le ponton, échange quelques mots avec les animateurs, retient au passage un enfant qui manque de tomber à l’eau en grimpant dans son kayak et remonte sur la berge, direction le village des sports.


Questions d’actualité

Interrogé après la seconde vague d’attentats survenue la veille à Londres, Dominique de Villepin a déclaré : « Compte tenu des informations dont nous disposons à ce stade, il n’est pas question de faire un commentaire. Nous disons toute notre solidarité avec nos amis britanniques et la grande mobilisation, sur tout le territoire. Nous sommes en système Vigipirate rouge, donc mobilisation totale, et nous avons pris toutes les dispositions nécessaires pour assurer la sécurité de nos concitoyens. Nous prévoyons de renforcer un certain nombre de dispositifs en place : c’est vrai dans le domaine de la téléphonie mobile, dans la vidéosurveillance ».

Sur le chômage, « il faut un dispositif d’urgence pour l’emploi. Il faut le faire à travers des contrats mieux adaptés, et notamment des contrats aidés. C’est que nous avons fait avec le contrat nouvelle embauche, et en simplifiant les dispositifs du plan de cohésion sociale, nous avons des outils opérationnels. Toutes les associations ne sont pas au fait des dernières dispositions ».

Sur le retour à l’emploi, « il y a une exigence de responsabilités, a déclaré le Premier ministre. Elle vaut pour tous. L’Etat est mobilisé. Il est normal que ce partenariat aille dans les deux sens. Nous faisons beaucoup à travers un rapprochement de l’Unedic et l’ANPE en faisant en sorte que chaque demandeur d’emploi ait un dossier informatique unique et qu’il puisse s’adresser à un guichet unique. La contrepartie de cette action, c’est la mobilisation du demandeur d’emploi qui doit parquer son engagement à retrouver un emploi. Notre optique n’est pas celle d’une sanction - sanction, oui, pour les abus - mais pour le demandeur d’emploi, c’est bien celle d’un accompagnement ». Et Dominique de Villepin d’ajouter : « Alors le demandeur d’emploi n’a qu’un entretien tous les six mois avec son agence, je souhaite qu’il puisse bénéficier d’entretiens plus fréquents. Un entretien mensuel dans un premier temps, puis bimensuel. C’est la seule façon de permettre l’adéquation entre offre et la demande ».


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