|
Les propriétaires de tortues peuvent abandonner leur reptile au centre de récupération. |
Devant du nombre croissant de tortues relâchées dans la nature, le Parc de Thoiry a créé un centre de récupération de tortues de Floride. «L’île aux tortues» est une alternative pour éviter que ces reptiles colonisent les sites les plus fragiles.
Petite tortue deviendra «grande». Grande est un bien grand mot puisqu’adulte, la tortue «à tempes rouges» (appelée aussi tortue de Floride) n’atteint pas plus de 24 cm pour un poids de 1,8 kg à 2,5 kg. Des mensurations suffisantes cependant pour que leurs propriétaires, après les avoir achetées comme «jouet» d’aquarium, les abandonnent dans la nature. Et ce, sans se soucier des dégâts qu’elles peuvent occasionner sur l’écosystème.
En France, 4 200 000 de ces «petites bêtes» ont été vendues entre 1988 et 1997. A cette date, des mesures ont été prises pour interdire l’importation des tortues de Floride en France mais pas la vente ! Aux Etats-Unis, c’est l’inverse : la vente est interdite mais pas l’exportation ! Allez comprendre !
Pour éviter que ces tortues colonisent les sites les plus fragiles, des organismes de gestion de l’environnement ont pris les choses en main. En particulier, en s’engageant vers une récupération active des tortues déjà présentes dans les milieux naturels et en les déposant ensuite dans des centres de récupération, comme celui du Parc de Thoiry.
Créé en 2004, il a été officiellement inauguré le 5 juillet dernier, en présence du propriétaire du château, le vicomte de la Panouse et de Maurice Lobry, Président de la Commission Environnement du Conseil Régional d’Ile-de-France.
Pour le Vicomte de La Panouse, Thoiry se devait « de faire quelque chose » et particulièrement son château, qualifié de « théâtre de la nature », en accueillant ce centre de récupération, baptisé «l’île aux tortues».
Dans son centre, les tortues pourront continuer paisiblement leur existence jusqu’à son terme, elles ne seront ni euthanasiées, ni congelées, mais « il n’est pas question qu’elles se reproduisent » a-t-il précisé.
Un programme de sensibilisation
Ce projet, baptisé «L’Ile aux tortues» n’aurait sans doute pas vu le jour sans l’action de deux chercheurs de l’Université d’Orsay, Antoine Cadi et Anne-Caroline Prévot-Julliard. Véritable «garderie» pour tortues, ce centre sert aussi de site pilote pour un programme d’étude scientifique. A grand renfort d’affiches, court-métrage et exposition, ce programme vise à sensibiliser les propriétaires de tortue à ne pas relâcher leur animal dans la nature. Il faut savoir qu’introduire un animal dans un milieu où il n’était pas présent à l’origine, va créer une «pollution vivante» qui peut vite devenir incontrôlable.
Eté critique
Un an après son ouverture, le centre de récupération du Parc de Thoiry accueille déjà 335 reptiles. Les quatorze premières avaient été déposées par la base de loisirs de Saint-Quentin-en-Yvelines, un endroit particulièrement menacé par l’invasion des tortues d’eau.
L’arrivée des beaux jours risque fort de grossir les rangs des pensionnaires du centre. C’est en effet en juillet et août que le nombre d’abandons d’animaux est le plus élevé. Les tortues n’échappent pas à ce triste phénomène…
J.-M.G.
Vous pouvez, sans rendez-vous, venir déposer votre tortue au zoo de Thoiry, tous les jours et gratuitement. Renseignements : 01 34 87 52 25.




