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La station de Mézières dispose des installations pour traiter les eaux usées des communes du SIVOM et du SIAR. |
Le SIVOM de la région d’Arnouville a lancé une étude d’impact d’une station d’épuration des eaux usées. Dans les cartons depuis 1974, le dossier de l’assainissement n’en finit pas de nourrir la polémique dans le bassin versant du ru de Senneville.
Le dossier de l’éolien àpeine évacué, voila que les collectivités du bassin versant du ru de Senneville doivent s’atteler à un autre sujet tout aussi épineux : l’assainissement.
Contraintes de réaliser des schémas directeurs d’assainissement pour être en conformité avec la loi, les communes membres du SIVOM (Arnouville, Jumeauville, Hargeville, Boinville et Goussonville) et celles du SIAR (Thoiry, Andelu et Marcq), doivent rapidement se positionner pour régler le problème des inondations décennales et le traitement des eaux usées, actuellement rejetées en Seine.
Plusieurs choix se présentent dont la création d’une station d’épuration sur le territoire du SIVOM et le raccordement au réseau de la CAMY, avec une pompe de relevage à Guerville.
Le dossier de l’assainissement des collectivités du bassin versant du ru de Senneville est dans les cartons depuis…. trente ans. En 1974, une étude conclut que la solution du raccordement au réseau du District urbain de Mantes (DUM devenu CAMY) est la plus économique. Une convention est même passée entre le DUM et le syndicat intercommunal.
Litige avec la CAMY
Mais plusieurs litiges opposent les deux parties, notamment sur la réduction du volume des eaux parasites, (celles qui favorisent les inondations), la station de Rosny ne pouvant pas le faire. Le SIVOM s’y engage, mais ne le fait pas.
Aucune suite n’est donnée au projet jusqu’en 2002 où les communes de Jumeauville, Goussonville, Guerville, et Arnouville confient à la SETEGUE une étude sur la lutte contre les inondations (lire plus bas). Rejailli alors la question de l’assainissement.
L’étude révèle qu’en cas de raccordement à la CAMY, la redevance d’assainissement du SIVOM et du SIAR, serait de 0,20 € puis de 0,52 €/m3 vers 2010, alors qu’elle serait de 0,90 €/m3 si les deux syndicats construisaient leur propre station.
Reste que 30 ans après les premières démarches, les eaux d’assainissement ne sont toujours pas traitées et qu’aucune pompe de relevage n’a été mise en place ni n’est prévue. Un statu quo qui provoque l’incompréhension des élus et des quelque 3000 habitants concernés.
Lors d’une réunion du comité du SIVOM en novembre 2004, les délégués des communes de Jumeauville, Goussonville et Boinville se sont prononcés pour le principe de création d’une unité de traitement dans la vallée du ru de Senneville. L’emplacement reste à déterminer, mais Boinville dispose d’un terrain vacant.
Hargeville et Arnouville se distinguent
Hargeville, considérant que le traitement des eaux par la CAMY est la solution la plus économique et la meilleure sur le plan technique, a voté pour le raccordement à la station de Rosny, tandis qu’Arnouville s’est abstenu.
Pour répondre aux exigences des financeurs, le SIVOM a lancé une étude d’impact d’une station d’épuration, condition sine qua non à l’octroi de subventions pour les travaux liés à la lutte contre les inondations.
« Ceux que nous voulons, c’est la méthode la plus rationnelle pour traiter nos eaux et régler le problème des inondations le plus vite possible. Si on se raccorde à Rosny, nous allons devoir supporter les frais de remise aux normes. Quitte à payer, n’a-t-on pas intérêt à faire notre propre équipement ?», s’interroge Lucie Heurtaut, maire de Goussonville.
Pour l’association SAUVER, il est encore trop tôt pour privilégier une solution plutôt qu’une autre. « Il faut réussir à démontrer qu’un petit syndicat comme le SIVOM d’Arnouville dispose des moyens pour traiter les boues de façon économique ».
Pierre Seige, président du SIVOM et maire de Jumeauville, évoque quant à lui les contraintes techniques inhérentes à la création d’une station. « Il faut qu’il y ait un cours d’eau à proximité qui accepte les effluents de la station d’épuration. Je ne suis pas persuadé que l’écoulement du ru de Senneville soit suffisant. Faire une station sur le territoire du bassin versant me paraît utopique !»
Mézières est prête
Comme certaines voix, le président du SIVOM serait partisan d’une troisième alternative : le raccordement à la station intercommunale de Mézières, qui sera inaugurée fin février.
Pierre Blévin, maire de Mézière, et Claude Bonnet, président du syndicat d’assainissement de la région d’Epône et de Mézières, auraient déjà donné leur accord pour ouvrir cette nouvelle unité aux huit communes.
« Il y a la possibilité de créer des modules supplémentaires pour traiter un volume plus important. Cette station est plus proche que Rosny et elle est en avance de 10 ans par rapport aux normes », poursuit Pierre Seige, répondant ainsi aux réticences de SAUVER quant à la capacité technique de la station méziéroise.
Ne disposant d’aucunes informations précises sur le coût réel de l’opération, élus et associations sont encore incapables de se positionner.
Le compte à rebours a pourtant commencé pour les communes du bassin versant du ru de Senneville. Elles n’ont plus que quelques mois pour se mettre aux normes en matière d’assainissement.
Les communes unies contre les inondations
Les inondations de mars 2001 ont amené la commune de Jumeauville, régulièrement inondée, a lancé un plan de lutte contre les inondations exceptionnelles. Goussonville, également touchée, a intégré le groupe de travail, bientôt suivi d’Arnouville et de Guerville.
Le bureau d’étude SETEGUE a été retenu pour proposer des ouvrages régulant les crues et respectant le milieu naturel. Ces aménagements visent à maîtriser le ruissellement à sa source (limitant les coulées de boues) et à favoriser l’infiltration.
Après l’étude, les quatre communes ont souhaité associer à leur projet les autres collectivités du bassin versant. Cela s’est traduit par l’intégration au SIVOM d’Arnouville d’une nouvelle compétence : la lutte contre les inondations « exceptionnelles », complémentaire à l’assainissement.
Hargeville a refusé d’adhérer à ce programme « inondations » alors que Mézières et Guerville s’y sont associés.
Une station à l’échelle du SIVOM
Partisane d’un raccordement à la station de Mézières, Lucie Heurtaut, maire de Goussonville, n’est pas opposée à la création d’une station d’épuration propre au SIVOM.
A l’origine, l’unité devait être installée sur sa commune, au hameau Canada. « Je ne pense pas que ce soit le site idéal car c’est une zone inondable. Le terrain situé en bordure de Boinville semble plus approprié. Il n’est pas question de botter en touche mais nous faisons partie d’un groupe et nous devons donc raisonner de façon collective ».
Pour Lucie Heurtaut, la solution idéale serait de construire une petite station à Guerville, en bord de Seine. « Elle serait dimensionnée à l’échelle de nos communes. Ce serait la solution la moins dérangeante compte tenu de la localisation. Mais, il nous faudrait l’accord de la CAMY ».
Pour l’élue, la présence d’une usine de traitement des eaux usées en milieu rural n’est pas contradictoire avec la défense de l’environnement : « Il n’est pas question de replanter la station de Rosny au bout de la vallée ! J’ai eu l’occasion de visiter des stations implantées dans des petites communes, il n’y a pas d’odeurs, les volumes de boues traitées sont limités. Le problème principal est le traitement des boues qui coûtent cher à éliminer ».
Soucieuse de travailler avec les associations écolos, Lucie Heurtaut prévoit de se rendre sur un site de traitement cet été pour constater les nuisances liées au traitement des eaux usées. « Plus on est transparent, mieux c’est !».




