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Le bar-brasserie « Le Brazza ». |
Même si aux Mureaux les chiffres de la délinquance sont stables, depuis deux semaines une dizaine de vols avec violences ont été commis dans les commerces de centre ville et dans les quartiers. La gérante du bar-brasserie Le Brazza aux Bougimonts est la dernière victime en date. Le malaise s’amplifie chez les commerçants à la veille des fêtes de Noël. Une pétition de soutien circule et une réunion commerçants-élus-police doit avoir lieu cette semaine.
« Le boucher venait de me livrer la viande. Il était aux alentours de 19 h 30 ou 20 heures, je disais au revoir à un client et je fermais la boutique. Quatre hommes me sont tombés dessus et m’ont projetée à terre. Le boucher est redescendu de son camion pour intervenir. Les quatre agresseurs avaient dû se cacher derrière. Ils nous ont aspergés de gaz lacrymogène tous les deux. J’ai été rouée de coups de pied au ventre et au visage », raconte Chantal Colin la gérante du bar-brasserie «Le Brazza».
Un des auteurs du braquage arrêté
« Ils voulaient m’arracher la sacoche qui contenait la recette de la journée. Comme je la tenais fermement, ils m’ont traînée sur une quinzaine de mètres devant les commerces ». Un des auteurs du vol, un mineur, a été arrêté quelques minutes plus tard par une brigade anti-criminalité, qui effectuait une ronde dans le quartier de l’Ile-de-France. C’est dans cette direction que les quatre braqueurs avaient pris la fuite à pied avec les mille euros de la recette.
« Le complice de cette agression s’était soustrait à un contrôle judiciaire. Il a été déféré le lendemain de son arrestation et écroué », informe le commissariat de police.
De son côté, Chantal est restée en observation à l’hôpital tard dans la soirée, et en est sortie avec un gros hématome au front et des blessures sur la poitrine et la hanche.
« Nous sommes présents dans le quartier depuis vingt ans », explique-t-elle. « J’ai toujours dit haut et fort qu’il n’y avait aucune raison d’avoir peur... Ces actes répétés créent un grave préjudice à l’activité du commerce local ».
Comme d’autres commerçants du quartier, Michel Moulin, le gérant de la pharmacie des Bougimonts est venu la réconforter. Lui craint que la situation ne dérape. « Nous sommes tous à cran... Ce qui me fait rester ici, c’est la convivialité qu’il y a entre les commerçants. Et puis tout cela n’est, bien sûr, que le fait d’une minorité agissante ».
Pétition de cinq cents signatures
Action pour Tous, l’association du quartier de Bècheville continue de faire circuler sa pétition de soutien aux commerçants. Elle a déjà réuni cinq cents signatures qui seront envoyées à la préfecture et au ministère de l’Intérieur. Parmi les signataires figurent le tabac de Bècheville, le tabac des Bougimonts, la pharmacie des Bougimonts, les deux boulangeries de Bècheville et du centre ville qui ont été récemment victimes de braquages, le restaurant la Chaumière, et enfin le bar le Brazza.
Dans ce contexte particulier, la présidente de l’association des commerçants Marie-Claude Redolfi a souhaité provoquer cette semaine une réunion extraordinaire avec l’ensemble des commerçants, la police et la ville.
François Garay et Henri Cuq veulent appliquer aux Mureaux les recettes mantaises
Venu inaugurer le magasin Les Halles d’Auchan, nouvelle enseigne du centre commercial Espace, le ministre Henri Cuq, ancien député de la 9e circonscription, a apporté son soutien à François Garay. « La volonté des services de l’Etat de remplir sa mission est claire. Nous disposons d’outils. Il faut établir une synergie entre la police nationale, la police municipale et l’ensemble des acteurs locaux. Je vois les résultats très positifs à Mantes. C’est le même dispositif qui est en train de se mettre en place aux Mureaux », a-t-il souligné.
Mais le retard va être difficile à rattraper. Le commissariat des Mureaux compte, en effet, aujourd’hui 120 hommes pour tout le district de police et la police municipale 40 personnes. L’ouverture dans le courant du premier semestre 2005 du poste de police nationale, juste en face du centre commercial des Bougimonts, devrait permettre d’améliorer la situation dans le quartier.
Plus que les moyens, ce sont les méthodes que François Garay met en question. « Ce que je demande, c’est une police visible qui patrouille à pied, que les habitants et les jeunes connaissent », martèle le maire des Mureaux. Police de proximité, îlotage : peu importe les termes.
« Nous n’avons pas attendu les récents événements pour réagir. Les actions ont commencé à se mettre en place fin juin sur un modèle bien précis qui prend en compte l’ensemble des aspects, la prévention, la dissuasion, la répression, la sanction, et le suivi de la sanction », poursuit-il.
Tombé en sommeil faute de représentant de la justice, le groupement de traitement local de prévention de la délinquance (GLTD) a été réactivé récemment. Un substitut du procureur de la République a été spécialement nommé pour les Mureaux. Maillon opérationnel de la chaîne, le GLTD qui rassemble la mairie, la police, la justice, se réunit toutes les trois semaines et étudie cas par cas les actes de violence urbaine, les dossiers des jeunes délinquants.
Chaque mois, le préfet, l’inspecteur d’académie, le directeur départemental de la police et le maire examine à la loupe la situation de la ville et suivent les actions engagées par le groupe de traitement de la délinquance.
Pour François Garay, la réponse passe aussi par l’éducation et l’économie : « Nous sommes en train de passer des accords avec l’inspecteur d’académie pour développer l’école ouverte durant les congés scolaires. Un travail sur l’absentéisme scolaire est engagé ».
Côté formation : la mairie va présenter un plan 2005 pour l’apprentissage qui prévoit notamment de multiplier les chantiers d’insertion.
F.C.




