Courrier de Mantes
La Une du Courrier par e-mail
RSS
Les éoliennes battent en retraite
Total et la Compagnie du vent se retirent du plateau agricole du Mantois
Le Courrier de Mantes
Publié le:  24 novembre 2004

Les projets prévoyaient d’implanter des éoliennes de 130 mètres de hauteur.

Pas suffisamment de vent, des frais de raccordement trop onéreux : la société Total et la Compagnie du vent ont mis fin à leur projet éolien sur le plateau agricole au sud de Mantes. Les associations qui s’étaient mobilisées ne font pas de triomphalisme.

Dévoilés l’an dernier quasiment jour pour jour, les projets d’implantation de deux champs d’éoliennes de 130 mètres de hauteur avaient soulevé une tempête de protestations, mobilisant deux associations de défense de l’environnement «Sauver» à Septeuil et «Pas comme à vent» créée par trois élus d’Andelu.

Si elles avaient abouti, les deux opérations auraient conduit à l’installation d’une trentaine d’éoliennes sur deux lignes distinctes : l’une partant au sud de Guerville pour rejoindre Hargeville, en passant par Boinville et Arnouville ; l’autre suivant la ligne EDF haute tension, de la limite de Thoiry à Goussonville, en passant par Andelu et Jumeauville.

Mais simultanément, la Compagnie du vent, une société originaire de la région de Montpellier, et Total ont retiré leur projet. Chacune avance des raisons différentes.

Total qui avait eu l’autorisation de poser un mât sur la commune d’Hargeville vient de recevoir les résultats de la campagne de mesures qui a duré un an. Ils ne sont pas bons : « Le vent est insuffisant. C’est l’unique raison qui nous a conduits à abandonner », affirme le service communication du département «énergie renouvelable» de Total.

La Compagnie du vent donne une autre explication à son retrait : « Les éoliennes produisent une énergie d’une puissance de 10 à 20 mégawatts. Or, les lignes électriques toutes proches sont à très haute tension, entre 225 000 et 400 000 volts. Il aurait fallu construire un transformateur d’un coût d’environ 6 à 8 millions d’euros. Cet investissement aurait été trop lourd au regard du projet d’exploitation », explique Jean-Mathieu Kolb, ingénieur à la Compagnie du vent.

Il reconnaît qu’il y a eu beaucoup d’opposition : « Mais si les conditions avaient été bonnes, nous nous serions battus », assure-t-il.

« La victoire du bon sens »

Faut-il voir anguille sous roche dans ses explications qui n’ont rien à voir l’une avec l’autre ? Pas forcément. D’une part, Total disposait d’une possibilité de raccordement au réseau EDF, via une station de pompage, et n’aurait donc pas eu de gros frais d’installation annexe. D’autre part, La compagnie du vent n’a pas mené de campagne de mesure. Elle n’avait donc pas d’analyses précises sur la qualité des ressources éoliennes du plateau.

Le transformateur est-il le seul motif qui a conduit la société montpelliéraine a jeté l’éponge ? Jean-Philippe Gireaud, conseiller municipal d’Andelu et fondateur de l’association « Pas comme à vent » n’en est pas complètement convaincu. « La lettre annonçant le retrait de La compagnie du vent est datée du 13 octobre, mais elle n’a été postée que le 26 du mois. C’est-à-dire quatre jours après la tenue du conseil municipal d’Andelu. Or, lors de cette séance, les élus ont voté à l’unanimité deux délibérations importantes. La première retirait l’autorisation d’installer un mât de mesure sur la commune, la Compagnie du vent n’ayant pas tenu ses engagements de présenter son projet aux habitants. La seconde posait comme règle l’interdiction d’ériger des éoliennes en l’absence de concertation et d’accord avec les autres communes », explique-t-il.

Les deux délibérations ont été présentées une semaine après que l’association a déposé une demande de référendum local accompagnée de plus de 70 signatures d’électeurs, soir plus de 20 % des inscrits sur la liste électorale, comme l’exige la loi.

Après un an de bataille, l’association « Pas comme à vent » a obtenu gain de cause. Mais pas question de faire dans le triomphalisme. « Notre maire a rejoint notre point de vue. Pas une voix n’a manqué au conseil municipal. C’est la victoire du bon sens », affirme le président de « Pas comme à vent ».

La vigilance toujours de mise

Andelu pourra dormir sur ses deux oreilles sans craindre de voir arriver d’immenses éoliennes, mais ce n’est pas pour autant que l’association « Pas comme à vent » va se mettre en sommeil. « Nous resterons en état de veille vigilante. Geneviève Tessier, notre secrétaire, est désormais vice-présidente de la fédération nationale Vent de colère », ajoute Jean-Philippe Gireaud.

Si le danger est écarté pour le sud du Mantois, il semble que d’autres projets soient à l’étude sur le plateau de Bréval et à Cravent. Affaire à suivre.


L’association Sauver peut enfin souffler

L’annonce de l’abandon des projets d’implantations d’éolienne dans le sud du Mantois constitue une victoire pour les associations de défense de l’environnement dont SAUVER, particulièrement active sur le dossier. « Sauver se réjouit de ces décisions de bon sens pour lesquelles elle a mené bataille avec énergie depuis le début de l’année. Nous remercions tous ceux qui ont soutenu notre combat, les élus nationaux et régionaux et en particulier les municipalités qui se sont clairement positionnées contre ces projets. Une mobilisation associative importante peut amener à infléchir les projets nuisibles », a déclaré Marie-Christine Piot, présidente de SAUVER.

Satisfaite de l’avortement des projets par Total et la Compagnie du vent, l’association reste néanmoins vigilante pour l’avenir. « Le coût de rachat subventionné de l’électricité éolienne profite aux industriels et favorise toujours un développement anarchique des projets de ce type, au détriment d’autres formes d’énergie renouvelables moins nuisibles et plus prometteuses ».




RECHERCHER SUR LE WEB
Google

Tous droits de reproduction réservés. Passez votre annonce sur le net 24h/24h.


Webmaster