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Pluie acide : EDF fait son mea culpa
Les riverains de la centrale attendent leur indemnisation
Le Courrier de Mantes
Publié le:  20 octobre 2004

Bernard Lacombe, riverains de la centrale, craint que son toit en zinc finisse par rouiller.

Pour la première fois, la direction de la centrale EDF a présenté ses excuses aux riverains victimes de retombées de fumerons. Elle reconnaît ses torts et assure que des mesures vont être prises pour juguler ce phénomène lié au redémarrage des tranches fuel de la centrale.

« Cela fait des années que ça dure et rien n’est entrepris pour éviter ce phénomène. Si ça continue, le zinc va finir par céder à cause de la rouille ! ». Perché sur le toit de sa maison, Bernard Lacombe examine avec attention les petites traces oranges qui constellent la tôle. Mêmes empreintes ocres sur la terrasse du jardin et sur le capot de sa voiture stationnée dans l’allée.

« On en a partout. Les traces qui souillent les habitations s’estompent avec la pluie mais cette fois-ci, elles sont plus nombreuses. Ça devient intolérable d’autant que le phénomène s’est multiplié ces derniers jours ».

Les retombées de fumerons, qui sont des particules de fuel imbrûlé, surviennent lors de la mise à l’arrêt ou au redémarrage des tranches de l’usine, lorsque les conditions de combustion ne sont pas optimales.

Autant dire que depuis que la centrale a changé son mode de fonctionnement, en discontinu, le phénomène est de plus en plus fréquent.

Entre le 24 septembre et le 28 septembre derniers, cette «pluie acide» a été encore plus forte que d’habitude, provoquant le ras-le-bol des riverains.

Amplification du phénomène

Pleinement consciente de cette situation, la direction d’EDF a fait son mea culpa. Dans une lettre envoyée aux « sinistrés », elle explique l’origine de ces émissions et assure que les mesures vont être renforcées pour réguler ce désagrément.

« C’est un problème tenace qui touche les tranches fuel de la centrale depuis sa construction. Il s’est même amplifié depuis 2003. Pour répondre aux besoins des clients lors des pics de consommation, le réseau national d’électricité fait plus fréquemment appel aux centrales thermiques fonctionnant au fuel. En deux ans, les unités de production comme les nôtres ont été trois fois plus sollicitées que durant ces quinze dernières années », explique Stéphane Rivas, chef de la mission Production à la centrale de Porcheville.

L’importance des émissions survenues à la fin du mois de septembre, est dû au redémarrage de la tranche 3 et 4, après respectivement 20 semaines et 6 semaines d’arrêt.

« Ces rejets de fumerons ne sont pas maîtrisables scientifiquement. Notre objectif est d’améliorer la combustion pour limiter le risque d’émissions. Mais le problème est très difficile à juguler », poursuit Stéphane Rivas.

Quelques jours après cet énième incident, un ingénieur de la DRIRE est venu sur le site pour constater l’ampleur des sinistres chez les riverains. Il a ensuite rencontré le directeur de la centrale au sujet des actions à mettre en œuvre pour réguler l’émission de fumerons.

Interventions sur l’installation

Dans le cadre de sa démarche de certification environnementale ISO 14001, la centrale a déjà engagé une série de mesures pour prévenir le phénomène.

« En 2003 et début 2004, on a réussi à réguler la propagation dans l’air. Nous allons revenir à un mode de fonctionnement où l’on maîtrisera ce phénomène. Nous avons déjà profité de l’été pour réaliser des interventions techniques comme l’amélioration des dispositifs d’allumage, l’optimisation des réglages de la combustion, le lessivage de la chaudière et des gaines. Il existe également des dépoussiéreurs chargés de capter les rejets de poussières. Nous avons aussi sollicité des experts nationaux sur le sujet ».

Trois semaines après ce nouvel incident, l’heure est aux constats et aux indemnisations. Pour les riverains, pas question d’en rester là. « C’est un scandale, à l’heure actuelle, d’avoir des émissions de tel produit polluant, dangereux pour l’environnement et terriblement inesthétique. On nous fournit des détergents pour nettoyer les voitures, dans certains cas, EDF paye un dédommagement. Mais en attendant, le phénomène persiste. Ce que nous exigeons, c’est simplement de pouvoir vivre dans un environnement sain ».

La direction de la centrale, qui va devoir mettre la main à la poche, a proposé d’organiser une séance d’information sur site, histoire de « présenter la centrale sous de meilleurs auspices ».


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