Courrier de Mantes
La Une du Courrier par e-mail
RSS
Le résistant Auguste Brunet décède
Il venait de publier ses mémoires « Si c’était à refaire »
Le Courrier de Mantes
Publié le:  25 août 2004

Auguste Brunet a renoncé à ses responsabilités électorales pour se consacrer à ses mémoires.

Membre actif de la Résistance vendéenne, puis du comité central du parti communiste, conseiller régional dans le Lot-et-Garonne jusqu’en 1998, Auguste Brunet s’était installé à Mantes il y a six ans, où il a entrepris d’écrire ses mémoires. Il s’est éteint vendredi 13 juillet, à l’âge de 83 ans.

Auguste Brunet a passé les dernières années de sa vie à écrire ses mémoires, « Si c’était à refaire », publiées en avril 2004 (éditions le Temps des Cerises). Installé en 1998 à Mantes, rue de Chanzy, pour se rapprocher de son fils Claude qui vit dans la région, il a travaillé cinq ans sur son ouvrage, effectuant des recherches sur la résistance vendéenne et ceux qu’il appelait « les oubliés de l’histoire » : 282 élus communistes et responsables CGT, internés sur l’île d’Yeu par le gouvernement Dalladier en 1939.

Né en 1921 à Saint-Michel-en-l’Herm (Vendée), de parents fermiers, Auguste Brunet s’engage dès quinze ans dans les Jeunesses Communistes avant de rejoindre le PCF clandestin, en 1941. La même année, ce jeune ouvrier maçon co fonde les Francs Tireurs et Partisans de Vendée.

Recherché, il doit prendre le maquis. « Il circulait de nuit sur son vélo, raconte Robert Gauvreau, responsable de l’Institut CGT d’Histoire Sociale de Mantes, lui aussi originaire de Vendée. Il allait de planque en planque, essayant de former des groupes FTP. Au cas où on l’aurait arrêté, il s’était fait faire une fausse carte d’identité au nom d’André Roger Baritaud, instituteur ».

Membre du comité de libération de la Vendée, Auguste Brunet devient premier secrétaire de la fédération départementale du PCF après guerre.

Carrière politique

Il s’oriente alors vers une carrière politique, et prend les fonctions de maire adjoint dans la commune de la Roche-sur-Yon, de 1955 à 1959, avant de gagner le Lot-et-Garonne. Il y occupera le siège de député suppléant d’Hubert Ruffe, de 1973 à 1981, ainsi que celui de conseiller général du canton d’Houillès, de 1972 à 1998. Parallèlement, ses responsabilités au sein du PCF s’étoffent : membre du comité central de 1956 à 1985, il est élu à la tête de la fédération du Lot-et-Garonne, de 1971 à 1982.

Décoré de la croix du combattant de la guerre de 1939-1945 avec barrette, et de la croix de combattant volontaire de la Résistance, Auguste Brunet s’est vu décerner la Légion d’honneur, en 1999, des mains du ministre Jean-Claude Gayssot.

Cet engagement politique et ces honneurs n’ont pas altéré le sens du devoir de l’ancien résistant. « J’ai de la chance d’être encore de ce monde, je suis un rescapé, confiait-il en avril dernier lors de la présentation de son livre. Mais je ne suis ni écrivain, ni historien. À chaque fois qu’un de mes amis partait, c’était difficile à vivre. Ils me considéraient comme étant le seul à être en mesure de pouvoir dire ce que fut vraiment la seconde guerre mondiale et la résistance. En voyant leurs larmes avant de mourir, j’ai finalement craqué : en 1998 j’ai renoncé à mes responsabilités électorales pour écrire ce livre ». Un devoir de mémoire qu’Auguste Brunet aura accompli juste avant de disparaître. En effet, si l’Histoire retient les résistants internés au camp d’Aincourt - dont on commémore l’ouverture chaque automne - elle a oublié ceux de l’île d’Yeu, élus communistes et responsables CGT, « parmi lesquels figuraient quelques habitants de Vernouillet et des Mureaux », précise Robert Gauvreau.

Cérémonie à Mantes

Les obsèques d’Auguste Brunet se sont déroulées samedi après-midi, en Vendée, au cimetière de Maillezais. Ses amis de la région mantaise, les maires de Magnanville et Limay ont rendu un dernier hommage au « grand gaillard aux yeux bleus malicieux » vendredi, à Mantes.

Itinéraire d’un homme engagé

- 1921 : naissance à Saint-Michel-en-l’Herm (Vendée)

- 1926 : Auguste Brunet entre aux Jeunesses Communistes

- 1941 : il rejoint le PCF clandestin et co fonde les FTP de Vendée

- 1955 à 1959 : maire adjoint dans la commune de la Roche-sur-Yon

- 1973 à 1981 : député suppléant d’Hubert Ruffe (Lot-et-Garonne)

- 1972 à 1998 : conseiller général du canton d’Houillès (Lot et Garonne)

- 1956 à 1985 : membre du comité central du PCF

- 1971 à 1982 : élu à la tête de la fédération du PCF du Lot-et-Garonne

- 1998 : arrivée à Mantes

- 1999 : décoré de la légion d’honneur

- 2004 : publication de ses mémoires « Si c’était à refaire » en avril avant son décès le 13 août




RECHERCHER SUR LE WEB
Google

Tous droits de reproduction réservés. Passez votre annonce sur le net 24h/24h.


Webmaster